INTRODUCTION
Le 14 mars 1904, le parlement votait une loi sur les bureaux de placement qui porte le titre de : « Loi relative au placement des employés des deux sexes et de toutes professions ». Cette loi abrogeait tacitement le décret du 25 mars 1852, permettait à l’administration de supprimer, moyennant une juste indemnité, les bureaux payants, et encourageait par des mesures multiples les œuvres de placement gratuit.
Ainsi que nous aurons l’occasion de le signaler au cours de notre étude, la loi du 14 mars 1904 avait été motivée par les abus trop réels que l’on était en droit de reprocher aux placeurs. De l'avis de tous, le régime institué par le décret de 1852 devait céder la place à un régime plus soucieux des droits de l'ouvrier, plus en harmonie avec les idées de justice et de fraternité, plus respectueux aussi de la dignité humaine. L'objet de notre étude sera l'examen! de l'œuvre du parlement et des résultats auxquels elle a abouti.
La loi du 14 mars 1904, soulevait des questions so-
Lavieuville. 1
Fe ne ciales de la plus haute importance, mettait aux prises le capital et le travail, cherchait à rapprocher les salariés et les patrons. C'élaient autant de raisons pour qu'elle ne laissât pas indifférente l'opinion publique. Elle eut pour destin de ne satisfaire personne. Les ouvriers lui reprochèrent d’avoir laissé subsister les bureaux payants qu'il aurait fallu impitoyablement sacrifier, les employeurs l’accusèrent d'être un instrument de haine entre les classes et une manifestation nouvelle du socialisme d'Etat. Sa longue élaboration avait mécontenté les travailleurs ; ne répondant pas aux espérances qu'elle avait fait naître, elle exaspéra les passions et provoqua de sanglantes émeutes.
Une telle loi devait donner lieu à de nombreux commentaires. Elle a été, en effet, étudiée et analysée avec beaucoup de som et de détails dans les diverses revues d'économie politique ; elle fut également prise plusieurs fois comme sujet de thèse de doctorat. Toutefois, il nous a paru qu'elle pouvait comporter encore quelques développements et prêter à quelques réflexions. |
Tout d'abord, malgré le vote de cette loi et peuiêtre à cause de &e vote, la question des bureaux de placement est toujours d'actualité. Les organes des syndicats ouvriers et les Journaux socialistes, ne
cessent de partir en guerre contre les bureaux payants