‹ La Question Des Bureaux De Placement: Loi De 1904, Ses RésultatsChapitre 37 sur 49 · RÉFORMES NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

RÉFORMES NÉCESSAIRES

. SE pendant les trois années qui ont suivi la promulgalon de la loi du 14 mars 1904, il y a eu recrudescence dans le nombre des placements à demeure effectués, 1l n'en est plus de même depuis 1907. On constate une diminution assez sensible dans le nombre des placements. Habituellement, on explique cette diminution par la pénurie des bonnes à tout faire, pénurie qui sévit, d'ailleurs, également, sur les bureaux autorisés, mais il semble qu’il y ait d’autres causes à cette situation.

Les préposés aux bureaux de placement municipaux sont d'accord pour reconnaître que, pour assurer le bon fonctionnement de ces bureaux et leur permettre de rendre au public les services qu'il est en droit d'en attendre, 1l serait bon que tous les bureaux fussent municipalisés, ce qui revient à la suppression des bureaux autorisés. Il serait aussi indispensable que les associations faisant du placement fussent sévèrement surveillées, ainsi que les agences dont les feuilles périodiques publient des offres d'emploi.

Il n'est pas contestable, d'autre part, que des modifications ne soient devenues indispensables dans le fonctionnement actuel des bureaux municipaux dé Paris. Tous ces bureaux devraient être ouverts aux mêmes heures. Les conditions requises pour qu'un

demandeur puisse être inscrit dans un de ces bureaux devraient être nettement déterminées et d'une manière uniforme, par exemple l'obligation d’être francais et d’habiter l'arrondissement. Il serait aussi bon que les registres pour l'inscription des offres d'emplois à demeure et professionnel fussent d'un type uniforme, ainsi que les fiches, les pancartes, les lettres d'envoi, les tables statistiques.

Enfin, et ceci est beaucoup plus important, tous les bureaux devraient être composés de trois pièces et de trois entrées distinctes, une pour les préposés et les employeurs, les deux autres pour les demandeurs de chaque sexe. Les préposés devraient être séparés du public par une cloison grillagée avec guichets. Les bureaux devraient être suffisamment chauffés, éclairés et aérés ; ils devraient être nettoyés deux fois par jour et munis du téléphone.

Indiquons pour terminer deux autres réformes dont la nécessité se fait grandement sentir.

La première consisterait dans l'obligation pour les bureaux de placement municipaux de se communiquer tous les jours les demandes et offres d'emploi qui leur seraient faites, la seconde dans la suppression des feuilles de publicité ayant spécialement pour but de faire connaître des offres d'emplois. Ces feuilles ont été l’objet de très nombreuses plaintes de la

part des personnes qui y ont eu recours dans l'espoir

de se procurer du travail et il serait à désirer qu’on en empêchât la vente dans les kiosques de la ville de Paris (1).

$ 3. — Associations faisant le placement.

En 1907, il existait 148 associations s’occupant de placement. Ce chiffre est exactement le double du chiffre antérieur à la promulgation de la loi de 1904. Ces diverses associations étaient réparties dans les catégories suivantes

Syndicats patronaux et mixtes ............. 28 NN PS OUTIe RS Me te ne vue dira ce 44 Sociétés de secours mutuels ............... A Associations divetses 11. 20n 2, cac co 55

Au total : 148.

La loi de 1904 a donc eu pour résultat d’augmenter le nombre de ces associations dans une proporton de 50 pour 100, ce qui s'explique dans une large mesure par la disparition des bureaux payants.

La progression s’est surtout fait sentir dans les associations libres (57 %) et dans les syndicats ouvriers (27 %). Elle a été bien moindre dans les syndicats patronaux et mixtes (9 %) et les sociétés de secours mutuels (7 %).

(4) Comme nous le verrons plus loin, la plupart de ces réformes sont indiquées dans la circulaire du 15 novembre 1911, du Ministre du Travail, aux Préfels sur les subventions aux bureaux municipaux de placement gratuit.

Au point de vue des professions, l'augmentation proportionnelle des associations faisant le placement a été la plus forte chez les coifleurs (600 %), mais elle a été très sensible aussi dans les professions de l’alimentalion : bouchers (350 %), cuisiniers, garçons limonadiers (207 %), boulangers (200 %), comestibles (150 %), domestiques (107 %), garçons d'hôtel (83 %).

Nous savons que, pour un grand nombre de prolessions, des associations et des bureaux autorisés foncionnent à Paris concurremment, mème depuis la promulgalion de la loi de 1904. IT est intéressant de déterminer quelle était, à la fin de cette année 1907, la situation du placement en ce qui concerne cette catégorie de professions.

Voici les renseignements qui nous sont fournis par

l'enquête ; ; Nombre Nombre de bureaux Pre fashion d'associations, en activité, Employés de commerce, de banque, d'industrie . . Ho 90 2 Employés de marchands de comestiblésiss) 50 abstrait ù 3 Domestiques en tous genres. . 29 156 Garçons épicierss + -—,.1. 3 3 GHarCONs MEUNIOLS 67 LU 0 2 il Membres de l’enseignement. . 10 9 Membresde l’enseignement (Employés-Domestiques) . . . » 13 Total 99 187

Il résulte de cette statistique que le nombre de bu-

reaux autorisés était à peu près deux fois plus élevé que celui des associations ; mais il faut observer que ce rapport est dû exclusivement aux bureaux plaçant des domestiques, le nombre de ces bureaux étant cinq fois et demi plus élevé que celui des associations. Au contraire, le nombre des associations est 25 fois plus élevé que celui des placeurs pour les employés de banque, de commerce et d'industrie. Dans les autres professions, exception faite de la catégorie mêlée de l'enseignement et des domestiques qui n’est desservie que par des bureaux, les différences sont à peu près nulles.

Il nous faut présenter maintenant quelques observations générales sur le nombre des placements effectués par les associations.

Sur 63 associations qui s’occupaient du placement avant la promulgation de la loi, il n'y en a que 30 qui ont fourni une statistique complète et, comme sur ces 30, il y en a 2 qui n'avaient pas, antérieurement à la loi, un service de placement fonctionnant depuis plus d’un an, il reste seulement 28 associations présentant des éléments complets et précis dé comparaison entre le nombre des placements effectués en 1903 et 1906 et

Les tableaux ci-dessous que nous empruntons à l'enquête de l'Office du travail nous donnent une

idée de la progression accomplie.

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