SIXIÈME TABLEAU
Mouvement des placements à demeure effectués de 4905 à 1907.
re a io) :
Namb Placements | Placements| Progression | Diminution
Professions or en 1905 en 1907 pour 100 pour 100
Employés de marchands de comestibles.
Domestiques .
Total
L'augmentation a été surtout sensible pour 3 associations de domestiques et une association de coiffeurs. Par contre, une association de limonadiers, garcons marchands de vins et une de domestiques ont vu fléchir le nombre de leurs opérations.
On peut conclure des quelques chiffres que nous avons indiqués que, depuis la promulgation de la loi, il y a eu une progression incontestable, mais cette progression ne s’est pas produite de la même façon dans toutes les professions. Dans certaines, elle a été très rapide, s’affirmant d’une façon très nette dans l'année même qui a suivi la promulgation de la loi;
dans la plupart cependant elle a été plus lente.
SECTION II. — Résultats de l'enquête par profession.
$ 4. — Professions dans lesquelles les bureaux autorisés ont été supprimés.
Bouckhers.
Avant la loi du 14 mars 1904, il y avait 8 bureaux de placement fonctionnant, Ils avaient effectué une moyenne annuelle de 20.098 placements à demeure et de 4.656 ‘en extra, au tarif de 5 à 20 francs.
Ni les patrons ni les ouvriers bouchers ne semblent avoir eu recours aux bureaux municipaux de placement, mais 1ls s’adressaient volontiers à certains offi-
ces de placement gratuits, tels que ceux de la cham-
bre syndicale ouvrière de la boucherie de Paris et de la société de prévoyance et de secours mutuels de la boucherie de Paris Les vrais Amis.
Le placement se faisait par camaraderie à la chambre syndicale ouvrière de la boucherie de demi-gros. Quant au syndicat patronal, il ne s’occupait pas de placement.
Il existait antérieurement à la loi 1 syndicat patronal et mixte ; il ne s’en est pas créé de nouveau ; 2 syndicats ouvriers, il s’en est créé 3 nouveaux ; 1 société de secours mutuels, aucune nouvelle ne s’est fondée. Enfin, 1l s’est formé 3 associations diverses.
Nous trouvons dans ces différents syndicats ou associations, à côté d’un droit d'admission, une cotisahon mensuelle qui varie de 0 fr. 75 à 2 francs, et qui est habituellement de 1 franc.
Il faut noter que le syndicat patronal de la boucherie de Paris et du département de la Seine, qui ne faisait pas du placement avant la loi de 1904, a maintenant un bureau de placement admirablement organisé pour lequel il dépense environ 23.000 francs par an.
La société « Les vrais Amis » assure aussi beaucoup de placements.
En 1906, seule la chambre syndicale ouvrière de la boucherie avait reçu une subvention municipale en vue du placement de 1.680 francs.
Il est intéressant de noter que toutes les associa-
tions qui ont fourni des renseignements à l'enquêteur, ont déclaré que, pour assurer un bon service de placement, il ne fallait pas se contenter de tenir compte du rang d'inscription des ouvriers chômeurs, mais qu'il était nécessaire aussi de faire un choix.
Le syndicat patronal de la boucherie de Paris et du département de la Seine, les syndicats ouvriers, les sociétés de secours mutuels sont unanimes à constater les bons effets de la loi, grâce à laquelle plusieurs centaines de mille francs ont été économisés aux ouvriers. Ils se plaignent, toutefois, que, sous le couvert de diverses associations, des placeurs continuent à exercer leur industrie en prenant pour clientèle des ouvriers tarés ou dépourvus de références que les syndicats se refusent à placer.
Boulangers.
Il y avait à Paris, avant le fonctionnement de la loi, 9 bureaux de placement gratuits. De 1893 à 1897, ils avaient effectué une moyenne annuelle de 11.765 placements à demeure et de 21.537 placements en extra.
Les patrons et les ouvriers n'avaient pas recours dans cette profession non plus aux bureaux municipaux.
La suppression des bureaux payants a naturellement favorisé les syndicats et associations diverses. Parmi les syndicats, c'est de beaucoup le syndicat pa-
PTE
tronal de la boulangerie de Paris qui assure le plus de placements ; en 1905, 3.602 à demeure et 9.329 en extra ; en 1906, 4.096 à demeure et 9.031 en extra (Jusqu'à fin octobre). Puis vient le syndicat patronal de la boulangerie du département de la Seine et régions limitrophes, avec les chiffres suivants : en 1905, 254 à demeure et 4:828 en extra ; en 1906, 215 à demeure et 2.085 en extra jusqu à fin novembre.
Parmi les associations diverses, il faut citer « les
Compagnons du nouveau siècle », « la Parisienne Amicale », « l'Union, travail et solidarité », « les Amis de la gerbe », « le Cri-cri » comme rendant
certains services aux patrons et ouvriers au point de vue du placement, mais leurs résultats ne sont pas comparables à beaucoup près à ceux des syndicats patronaux et ouvriers.
Les membres des syndicats et associations versent un droit d'admission et une cotisation mensuelle très variable.
L'ordre de placement est généralement déterminé par l'inscription des ouvriers sur un registre par lettre alphabétique et numéro d'ordre. Toutefois, dans certaines associations on tient compte de la capacité du sociétaire. C'est ainsi que l’article 3 du règlement intérieur de la « Parisienne amicale » porte : « Il n'y - aura pas de lour de rôle ; selon la capacité du sociétaire à remplir le poste dont 1l s’est fait inscrire (sic),
il sera envoyé au travail ; à ce sujet, le préposé a tous les droite possibles vis-à-vis des intérêts de la société.
Nous retrouvons la même idée dans l’article 2 du règlement intérieur des « Amis de la Gerbe» : « Les ouvriers sont envoyés au travail selon leurs capacités et non selon un tour de rôle rigoureux. Le délégué liendra compte également, dans la mesure du possible, de la tenue et du caractère des ouvriers, pour envoyer celui qui lui paraîtra devoir satisfaire aux désirs et aux exigences du patren. »
Signalons aussi comme très intéressant l'article 6 de celte même association : « Les chômeurs ne devront pas chercher à faire des travaux au-dessus de leurs forces et de leurs capacités. Le secrétairedélégué se rendra compte, par ses visites aux patrons chez qui les sociétaires auront travaillé, de ce que chacun peut faire, et établira ainsi un classement qui servira de base à son choix pour envoyer chacun au travail. »
Les appréciations sur les eflets de la loi sont, dans cette profession, très variables.
Le syndicat de la boulangerie de Paris (patronal et mixte), estime que la loi de 1904 n’a pas constitué un progrès parce que les placeurs étaient mieux placés que quiconque pour connaître les aptitudes