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néral d'informations et de secours dont les points principaux étaient les suivants : il devait y avoir dans chaque ville un bureau de secours et de travail contenant les noms de tous les ouvriers sans ressources et sans occupation ; ces bureaux, à leur tour, se groupaient autour d’un bureau dit de répartition dans chaque capitale de province ; enfin, pour couronner l'édifice, on créerait à Paris un bureau général concentrant les renseignements.
Ce projet qui, semble-t-il, aurait été de nature à rendre service aux ouvriers fut repoussé néanmoins par la Constituante qui crut y voir une atteinte directe à la liberté individuelle, qui apparaissait à cette époque comme devant exclure toute espèce d’association. L'article 2, du décret des 14-17 juin 1791, relatif aux assemblées d'ouvriers et artisans de même état, vint prohiber jusqu'à l'apparence d'association : « Les citoyens d’un même état et profession, y est-il dit, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte, les ouvriers ou compagnons d'art quelconque, ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, ne nommer ni président, ni secrétaire, ni syndic, ni tenir registres, prendre délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs » (1).
(1) Non seulement la Révolution n'a rien fait pour favoriser la classe ouvrière, mais on peut même dire que, pendant toute cette
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Il est inutile de faire ressortir combien cette conception étroite de la liberté individuelle était nettement contraire à l'intérêt de l’ouvrier, surtout à une époque où les petits ateliers disparaissent pour faire place à la grande industrie.
Dans aucune période de notre histoire, les ouvriers n'ont été plus exposés au chômage, n’ont plus souffert de leur isolement.
Le gouvernement se rendit bien compte de cette situation lorsqu'il fit voter la loi de germinal an XI, qui confia aux chambres consultatives des manufactures, fabriques, arts et métiers, la mission de rechercher les améliorations à apporter dans l’organisation industrielle. Malheureusement, ces corps, composés exclusivement d'industriels et de négociants, ne se soucièrent pas d'apporter aux ouvriers des armes qui auraient pu se retourner contre eux.
Un nouvel effort fut tenté dans l'ordonnance du
période, les travailleurs ont été avant tout l’objet de la défiance des pouvoirs publics. Nous en avons la preuve dans ce passage d’une circulaire du ministre de l’intérieur datée du troisième jour complémentaire de l'an III : « Les ouvriers, y est-il dit, forment une classe d'hommes qui par leur obscurité, leur peu de moyens pécuniaires, par la facilité qu'ils ont de passer rapidement avec tout leur bagage d'un lieu à un autre, échappent souvent à la vigilance du magistrat. Tout ce qui tend à éclairer la police sur leur conduite, sur leurs démarches, à lui donner plus de prise et d’action sur eux, offre des avantages pour le maintien de la sûreté et de la tranquillité publique ».
20 pluviôse an XII, qui décidait qu’il serait établi à Paris des bureaux de placement pour les classes d’ouvriers à l'égard desquels ils seraient jugés nécessaires. On créa, la première année, dix-sept bureaux de placement, sous la surveillance d’un inspecteur général, soumis au régime de l'autorisation avec investiture et privilège du préposé par l'administration préfectorale. Ces bureaux qui, en 1810, n'étaient encore qu'au nombre de vingt, furent mal vus des ouvriers. Dans ces conditions, l'institution de ces bureaux ne devait pas tarder à tomber en discrédit.
La Restauration fut plus libérale, dans ce sens qu'elle rendit le placement libre. Une ordonnance du préfet de police, du 6 février 1823, décida que les agences de placement seraient libres et qu'il n'y avait pas lieu de nommer de nouveaux préposés. Cette décision était applicable à tous les corps de métier, à l'exception de la boulangerie qui était placée sous un régime spécial et pour laquelle les bureaux de placement ne furent rendus libres que le 18 septembre
On pouvait espérer que cette réforme aurait pour résultat de favoriser la classe ouvrière en facilitant le placement des travailleurs. En réalité, il n’en fut rien. Des abus ayant le caractère de véritables escroqueries se produisirent de la part des placeurs au dé-
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triment de ces derniers, au point que le préfet de police, M. de Bellesme, fut obligé, en 1828, d'appeler l'attention des commissaires de police sur cette situation.
Avant que la Constitution de 1848 eût, dans son préambule, pris l'engagement de protéger le citoyen dans sa personne et son travail et d'assurer l'existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail, soit en leur donnant des secours, le gouvernement provisoire issu de la Révolution de février avait, devant les plaintes nombreuses émanant des ouvriers, pris les mesures suivantes à la date du 8 mars.
1° Il est établi dans chaque mairie de Paris un bureau gratuit de renseignements.
2° Ces bureaux sont tenus de dresser des tableaux statistiques de l'offre et de la demande du travail et d’avoir, à cet eflet, des registres qui devaient être communiqués à chaque citoyen qui en ferait la demande.
Quelques jours plus tard, le 28 mars, le préfet de police, Caussidière, prit un arrêté supprimant, à Paris, les bureaux libres, maïs les tenanciers des bureaux supprimés en ayant appelé aux tribunaux, ceux-ci, au nom de la liberté du commerce et de l’industrie, jugèrent que cet acte éfait entaché d’excès de pouvoir et l’annulèrent,
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Il est impossible de dire ce qu’aurait donné le régime du placement municipal inauguré par la deuxième République, ce régime n'ayant fonctionné que très peu de temps, à un moment où les circonstances économiques n'étaient pas favorables à une expérience de ce genre.