‹ La question des classiques en prsence des rectifications et des critiques de M. l'abb Chandonnet, par un "Chrtien"Chapitre 2 sur 7 · FALSIFIÉE · texte numérisé non relu

FALSIFIÉE

Ceci étant, voyons si la première falsification que signale M. l'abbé Chandonnet est aussi réelle qu'il le donne à entendre. Cette falsification porterait sur un passage de l'Encyclique Intermultiplices que voici, tel que donné par M. l'abbé.

" Et avant tout, sachant, comme vos lumières et votre cxpé- " rience nous l'ont appris parfaitement, jusqu'à quel point la

bonne éducation du clergé surtout intéresse la prospérité de la " reli2;ion et de la société, ne cessez pas, dans une parfaite union " d'esprit, de porter sur une affaire de cette importance vos soins " et vos réflexions. Continuez, comme vous le faites, de ne rien " épargner pour que les jeunes clercs soient instruits de bonne " heure dans vos séminaires à toute vertu, à la piété, à l'esprit

ecclésiastique, pour qu'ils grandissent dans l'humilité, sans "laquelle nous ne pouvons jamais plaire à Dieu; pour qu'ils " soient si profondément instruits et avec tant de vigilance des " lettres humaines et des sciences plus graves, surtout des " sciences sacrées ; qu'ils puissent, sans être exposés à aucun péril " d'erreur, non seulement apprendre l'art de parler avec éloquence, " d'écrire élégamment, en étudiant soit les ouvrages si sages des " SS. Pères, soit les écrits des écrivains païens les plus célèbres " expurgés de toute tache, mais encore acquérir surtout la science

parfaite et solide des doctrines théologiques, de l'histoire ecclé- " siastique et des sacrés canons, puisée dans les auteurs ap-

prouvés par le St. Siège."

La citation faite par M. le Correspondant est ainsi conçue : Pie IX prescrivit d'introduire largement l'élément chrétien dans l'enseignement littéraire au moyen des auteurs chrétiens qu'on devrait mettre entre les mains des enfants, " afin que, dit-il, dans les œuvres les plus sages des SS. Pères, et dans les auteurs païens les plus célèbres, complètement expurgés, ils pussent apprendre l'art de parler et d'écrire élégamment et avec éloquence."

Nous voyons bien en efi'et, comme M. l'abbé, que le Correspondant, en citant l'Encyclique, a supprimé les mots jeunes clercs et qu'il les a remplacés par le mot enfants ; nous voyons bien encore qu'il a supprimé la partie qui fait mention de la théologie, de l'histoire ecclésiastique et des sacrés canons ; mais nous ne voyons pas que ces suppressions fassent dire à l'Encyclique une chose qu'elle ne dit pas. Grande doit être la surprise de M. l'abbé en nous entendant parler ainsi. Quant à nous, nous sommes presque honteux de le surprendre si peu familier avec les documents pontificaux. A son insu, hélas ! M. l'abbé prouve que l'étude presque exclusive des auteurs païens laisse ignorer bien des choses qu'il importe beaucoup de connaître. Une expression l'a complètement désorienté ; c'est adolescentes clerici, les jeunes clercs. Il entend par là les élèves de grands séminaires. Il dit en effet : " On aurait bien pu soupçonner (en citant le texte en entier) que le pape pouvait bien ne pas parler précisément d'enfants ou de jeunes gens." Mais cette interprétation est

magnifique ! trois fois magnifique ! ! Que M. l'abbé l'apprenne donc aujourd'hui et qu'il le retienne toute sa vie, l'expression adolescentes clerici ne signifie pas élèves de grands séminaires, mais bien jeunes gens qui se' destinent au sacerdoce, c'est à-dirc, élèves des grands et des petits séminaires.

Pie IX, en cet endroit de l'Encyclique, embrasse tout l'ensemble des études préparatoires au , sacerdoce, tant celles qui doivent occuper les enfants que celles qui doivent occuper ceux qui ont terminé leurs cours classique. Il recommande d'abord aux jeunes élèves des petits séminaires, l'étude des ouvrages si sages des SS. Pères et des écrivains païens les plus célèbres, purifiés de toute souillure, pour qu'ils puissent se former à l'art de parler avec éloquence et d'écrire élégamment ; il fait ensuite un devoir aux élèves des grands séminaires d'étudier la théologie, l'histoire ecclésiastique et les sacrés canons dans des ouvrages, qu'on le remarque en passant, approuvés par le Saint-Siège.

Cette distinction entre les élèves des grands et petits séminaires était si clairement établie dans l'Encyclique par la nature même des études mentionnées, qu'on ne sait pas comment il se fait que M. l'abbé ne l'ait pas remarqué. Est-il donc surprenant que M. le Correspondant, n'ayant à parler que des études classiques, n'ait cité que la partie de l'Encyclique qui y a trait et qu'il ait négligé le reste ? Qu'en pense M. l'abbé Chandonnet ? N'avouera-t-il point que le premier de ses coups porte à faux et qu'il n'aurait pas dû accuser aussi à la légère ?

LA SEPTIÈME RÈGLE DE L'INDEX n'A PAS ÉTÉ FALSIFIÉE.

La septième règle de l'Index, si l'on en croit encore le savant abbé, a été citée et traduite de manière à présenter un sens toutà-fait faux. Si cette seconde falsification est de la même nature que la précédente, il n'y a pas lieu de trop s'effrayer.

La septième règle de l'Index, en son entier, est telle que l'a citée M. l'abbé Chandonnet ; elle est ainsi conçue :

" Libri, qui res lascivas, seu obscenas ex professo tractant, " narrant, aut docent, cum non solum fidei, sed et morum, qui " hujusmodi librorum lectione facile corrumpi soient, ratio habenda " sit, omnino prohibentur ; et qui eos babuerint, severè ab episco- " pis punientur.

" Antiqui vero ab Ethnicis conscripti, propter sermonis " elegantiam et proprietatem permittuntur ; nulla tamen ratione " pueris prselegenti erunt."

M. le Correspondant n'a cité que la dernière partie de la règle en supprimant le mot antiqui. De là, les plus vives réclamations de la part de M. l'abbé Chandonnet. Il affirme que la suppression de la première phrase de cette règle, de même que celle du mot antiqui, fait subir au sens du texte une profonde altération. Pour nous convaincre qu'il n'émet rien que de très-fondé en raison, il nous convie à un petit exercice de syntaxe et voici comment il arrange les choses.

" Le sujet de la seconde phrase, dit-il, est sous-entendu ; c'est le sujet complexe de la première ; libri qui res lascivas, seu " obscenas ex> professa tractant, narrant aut docent ; les livres qui " ex professo traitent, racontent ou enseignent les choses lascives ou " obscènes. De là il résulte que la version authentique ne défend " de lire ou expliquer aux enfants que ceux des livres anciens, écrits " par les païens, qui traitent ex professo, racontent ou enseignent " des choses lascives ou obscènes ; votre version à vous, telle que vous l'expliquez vous même, défend absolument, et pour quelque " motif que ce soit, de lire ou expliquer aux enfants un seul " auteur païen, bon ou mauvais, même expurgé. Voyez dont où " vous mène la manie de tronquer les textes."

Cette explication, quoiqu'assez ingénieuse, manque d'une qualité essentielle : elle n'est pas solide. D'abord, au point de vue de la syntaxe. Le sujet de la première phrase, comme celui de la seconde, est, d'après une syntaxe qui jouit d'une aussi

grande autorité que celle de M. l'abbé Chandonnet, le seul mot lihri. Dans la première phrase, ce sujet a pour qualificatif qui res lascivas, seu ohscenas ex professa tractant, 7iarrant aut doccnt ; dans la seconde, il a pour qualificatif les mots : antiqui ah ethnicis conscripti : de sorte que le sens véritable de cette seconde phrase est celui-ci : " Les livres anciens, écrits par les païens, sont permis à raison de l'élégance et de la propriété du langage ; pour aucune raison cependant, on ne pourra les lire aux enfants."

M. l'abbé Chandonnet nous renvoie à la théologie de Scavini, t. 3, p. 292, et il nous dit que là nous verrons que cet auteur interprète comme lui la septième règle de l'Index. Examinons un peu et voyons si cette affirmation peut se soutenir. A cette page de la théologie de Scavini, nous lisons ; Libri tamen antiqui, qui res lascivas continent, ab ethnicis conscripti, oh elegantiam indiscriminatim permittuntur, pueris tamen exceptis. Or, voici déjà une indifi'érence notable entre l'interprétation de M. l'abbé, Chandonnet et celle de Scavini. Ce dernier interprète la septième règle de l'Index dans un sens beaucoup plus rigoureux que M. l'abbé ; car il interdit aux enfants les livres païens qui contiennent des choses lascives, tandis qne M. l'abbé ne leur défend que ceux qui traitent, racontent ou enseignent ex professo des choses lascives ou obscènes. Un homme, comme M. l'abbé Chandonnet, qui vient rétablir jusqu'aux points et aux virgules, omis dans les textes cités, devrait prêcher d'exemple lorsque lui-même invoque l'autorité d'un auteur.

Chose bien singulière encore ! Dans l'appendice II du même volume de sa théologie, Scavini, donnant en français les règles de l'Index, traduit absolument comme nous. M. l'abbé s'est il donné la peine de jeter un coup-d'œil sur cette appendice ?

Voici enfin la traduction donnée par Rohrbacher, au tome vingt-quatrième de son histoire de l'Eglise, p. 417, édit. Gaume frères, 1846 :

" Quant aux livres qui traitent, racontent ou enseignent expro- " fesso les choses lascives ou obscènes ; comme il faut veiller non- " seulement à «la foi, mais encore aux mœurs, qui se corrompent fa-

cilement par de semblables lectures, on les défend absolument ; ^' et ceux qui auront de ces livres seront sévèrement punis par les *' évêques.

Pour les anciens ouvrages, écrits par les païens, on les per- *' mettra, en considération de l'élégance et de la propriété des termes ; mais jamais on n'en fera de leçon aux enfants."

Nous pourrions nous borner à ces seules considérations ; elles prouvent surabondamment que la septième règle de l'Index n'a pas été falsifiée. Toutefois, il nous semble un peu mesquin de n'invoquer que la seule autorité de la grammaire dans l'interprétation d'un document de cette importance. Ce sont les faits qui doivent ici rendre témoignage ; leur autorité, sans doute, vaut bien celle de la syntaxe.

Ces faits, aussi nombreux qu'on peut le désirer comme nous le verrons plus tard, lorsqu'il s'agira de donner à M. l'abbé Chandonnet la leçon d'histoire dont il a si grand besoin, établissent la proposition suivante: Jusqu^à la Renaissance, V Eglise a toujours étéopi^sée à V étude presque exclusive des au teurs païen s, tellement qu'elle la regardait comme condamnable, même dans ceux qui étaient parvenus à Vâge de maturité. C'est, entr'autres documents, ce que prouve un curieux passage d'un auteur tristement célèbre, Boccace, qui, ou XIYe siècle, se croyait obligé d'écrire dans son traité de Genealogia deorum, deux chapitres pour démontrer, contrairement à l'opinion de l'Europe chrétienne de son temps, que ce n'était pas un péché mortel de lire les livres des poètes païens : non esse exitiale crimen libros légère poetarum. Non indecens esse quosdam christianos tractare gentilia.

A l'époque du concile Trente, l'Eglise voyait toujours d'un très-mauvais œil l'engouement des lettrés pour les classiques païens, mais elle fut obligée de céder au torrent pour prévenir un plus grand mal. Elle permit donc l'usage des auteurs païens aux hommes d'un âge mûr et l'interdit aux enfants. Voilà pourquoi St. Charles Borommée, et plusieurs autres très -saints évêques qui avaient assisté au concile de Trente, de retour dans leurs diocèses, ont banni complètement les auteurs païens de leurs sémi-

naires. Ces évêques assurément, et St. Charles surtout, l'un des huit cardinaux interprêtes du Concile de Trente, n'ont pas dû se méprendre grossièrement sur la portée des règlements faits par l'auguste assemblée.

Ajoutons à ces quelques réflexions qu'un des plus savants consulteurs de l'Index, le P. Cirino, qui doit probablement s'y entendre aussi bien que M. l'abbé en pareille matière, a fait parvenir à Mgr. Gaume la consultation suivante, bien propre à répandre un grand jour sur la question qui nous occupe en ce moment. " L'Eglise n'a pas imposé l'usage des classiques païens;

elle l'a toléré L'usage des classiques païens fut imposé par les

exigences du siècle, et à grand regret, adopté par les pasteurs spirituels. Que ne fit pas saint Charles pour exclure du programme d'études de son séminaire les auteurs païens ? Par une prudente condescendance, il dut cependant tolérer qu'on les y introduisit. On ne peut pas toujours faire le bien qu'on voudrait, et le temps, fortifiant toujours de plus en plus un désordre, le sanctionne, fait qu'il s'avance inaperçu, et c'est beaucoup si on parvient ensuite à diminuer le mal."

Maintenant, admettons pour un moment que la version de M. l'abbé Chandonnet soit la véritable ; qu'en résulterait-il contre la thèse que nous soutenons. Rien absolument ; tout au contraire, elle lui serait encore favorable. Pour tomber sous la défense portée par la règle de l'Index, telle que l'interprète M. l'abbé, il n'est pas nécessaire, ce nous semble, que d'un bout à l'autre le livre traite, raconte, enseigne directement des obscénités. Il suffit qu'il le fasse dans plusieurs de ses parties sous une forme ou sous une' autre. La sollicitude de l'Eglise pour la conservation de la foi et des moeurs de la jeunesse, n'autorise-t-elle pas cette interprétation ? M. l'abbé Chandonnet lui-même oserait-il refuser de la prendre pour règle de sa conduite ? A l'heure qu'il est, nous aimons à le croire, les plus intrépides ne voudraient pas qu'on se servit, dans les classes, des éditions complètes des poètes païens, et même d'un bon nombre de prosateurs. Cependant le concile n'a point fait de distinction ; il n'a point parlé d'auteurs

expurgés, puisqu'il n'y en avait point alors. Il ne prévoyait pas qu'on aurait l'idée, pour faire admirer les chefs-d'œuvre de l'antiquité, de les mutiler et d'en voiler certaines parties. Il a purement et simplement défendu de faire étudier aux enfants non pas les passages des livres, mais bien les livres qui res lascivas tractant.

M. l'abbé Cbandonnet a tressailli d'aise à l'idée des auteurs expurgés ; il s'en fait une arme contre nous pour prouver par l'absurde, que notre interprétation de la septième règle de l'Index est inadmissible. " En ce cas, dit-il, l'Eglise aurait défendu absolument de lire ou expliquer aux enfants un seul auteur païen, même expurgé. Voyez donc où vous mène la manie de tronquer les textes." Apprenez encore ceci, M. l'abbé : il n'y avait pas d'auteurs expurgés à l'époque où l'on rédigeait les règles de l'Index, par conséquent l'Eglise n'a pas eu à se prononcer sur eux.

Mais maintenant que l'expurgation des auteurs païens est un usage reçu, on devrait bien au moins tenir compte de la prescription de Pie IX, ne mettre entre les mains des enfants que des auteurs complètement expurgés, purifiés de toute souillure. Remarquons-le bien, cette expurgation complète n'aurait pas lieu lors même qu'on aurait fait disparaître d'un livre les passages plus ou moins obscènes, plus ou moins lascifs qu'il renferme. Les mauvais principes, les maximes dangereuses, les idées fausses sur les vices et les vertus, les théories funestes, s'il en contient, comme c'est le cas pour tous les livres païens, devraient aussi être biffés.

Que M. l'abbé Chandonnet nous cite donc un seul des auteurs anciens, mis entre les mains de la jeunesse étudiante de nos maisons d'éducation, qui soit tel que le veut Pie IX. Les partisans de la méthode chrétienne, et Mgr. Gaume entr'autres, n'ont jamais été opposés à l'étude des auteurs païens parfaitement expurgés ; bien au contraire, c'est ce qu'ils s'efforcent d'obtenir, pourvu toutefois que cette étude se fasse simultanément avec celle des monuments de la littérature chrétienne, comme le désire encore Pie IX.

ROLLIN n'a pas ÉTÉ COMPRIS PAR M. l'aBBÉ CHANDoNNET,

M. l'abbé, faisant grâce pour un moment à M. le Correspondant, engendre chicane à l'auteur d'une petite brochure intitulée : " Mgr. Gaume, sa thèse et ses défenseurs/' à l'occasion d'un texte de Kollin. L'auteur de cette brochure dit que l'Eglise, par la bouche des Pères, a formulé la thèse de Mgr. Gaume, dès les premiers siècles de sou existence. Pour prouver en peu de mots qu'il est bien vrai que les Pères sont opposés à l'étude des auteurs païens, il cite Rollin dont le témoignage ne saurait être suspect. Or, voici ce que dit Rollin : La lecture des poètes, condamnée si unanimement par les Pères et même par les païens, peut-elle donc être permise dans les écoles chrétiennes ?" Il nous semble que rien n'est plus clair ni mieux établi : Rollin reconnaît là que la lecture des poètes tombe sous la condamnation unanime des Pères de l'Eglise.

Il se pose ensuite une question : cette lecture peut-elle être permise dans les écoles chrétiennes," après une condamnation aussi imposante ? Tout ce que M. l'abbé Chandonnet cite de Rollin, en sus de ce qu'a cité l'auteur de la brochure, est la réponse à cette question. Rollin, en hon janséniste qu'il est, fait un long commentaire pour montrer que l'étude des poètes, faite d'après une certaine méthode et avec certaines précautions, ne doit point tomber sous cette condamnation. Mais quelle que soit l'extension que Rollin pense qu'il faille lui donner, en s'appuyant sur des arguments plus ou moins spécieux, il n'en est pas moins évident qu'il en reconnaît l'existence. En effet, si Rollin n'était pas persuadé que cette condamnation existe, pourquoi chercheraitil à l'interpréter ?

Soit dit en passant, il y aurait bien des idées à rectifier dans la glose de Rollin, citée par l'abbé Chandonnet ; mais il y a d'excellentes choses. Quand cet auteur juge la littérature païenne

au point de vue clirétien, il est loin de la regarder comme bien propre à former le cœur et l'esprit des jeunes élèves ; et la raison pour laquelle il croit que la divine Providence a voulu que les monuments en fussent conservés, fait peu d'honneur à ceux qui les préconisent comme des modèles qu'il faut s'efforcer d'imiter, sans espoir de ne pouvoir jamais atteindre à leur perfection. Voici ce qu'il dit :

" Peut-être aurait-il été à souhaiter que les mêmes ruines qui " ont enseveli l'idolâtrie eussent aus«i englouti et fait disparaître

pour toujours ces funestes monuments et ces restes impurs du '^paganisme, SI capables d'infester et de corrompre les

esprits. Mais la divine Providence les a sans doute laissés

survivre à l'idolâtrie pour déposer dans la suite de tous les " siècles contre les impuretés et les excès horribles que non seule, " ment la religion païenne souffrait, mais qu'elle consacrait même " par l'exemple des dieux.

Nous ne savons vraiment ce qu'aurait dit E-ollin en voyant des professeurs faire converger tous leurs efforts vers un seul but : la glorification des hommes et des choses du paganisme.

D'après ce que nous avons dit tout à l'heure, il est donc établi que Rollin n'a pas été cité à faux. Que M. l'abbé Chandonnet y prenne garde ; plus il avance, plus il semble contredire ce qu'il affirme en commençant, qu'il ne prend la plume que pour défendre la vérité^ indignement outragée par des gens qui, après avoir gobé mille billevesées, sous bénéfice d'inventaire, font métier de les propager. Il pourrait bien finir par laisser croire qu'il n'est pas en dehors de tout parti pris, quoiqu'il en dise, et qu'il veut envers et contre tous trouver mauvais tout ce qui ne donne pas dans son courant d'idées. Il ferait mieux, à notre avis d'étudier le fond de la question que de venir gloser sur des textes dont il ne saisit pas le sens, lors même qu'ils sont exprimés en français.

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