‹ La question des classiques [microforme]Chapitre 14 sur 14 · UN · texte numérisé non relu

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Dans son discours synodal du 25 Juin 1858, Mgr. de Salinis, expliquant les derniers actes du concile d'Amiens, s'exprime en ces termes :

‘Je me suis occupé aussi de développer l'élément chrétien dans “ l'enseignement des lettres, et j'ai cru que cette amélioration, ‘6 gi importante sous d’autres rapports, ne pouvait être que favo- ‘ rable aux études profanes ellesmêmes. L'expérience faite à ‘ Saint-Riquier est bien significative. Ceux de nos élèves, et ce “ne sont pas les plus distingués, qui se sont présentés pour le “ baccaiaureat ont été reçus dans une proportion plus forte que “ quil. yu’on observe dans d’autres colléges. Ce résultat ne m’a “pa :.onné. Le commerce journalier avec les autenrs chrétiens 4 fortifie la raison des élèves, parce qu’il la nourrit de notions “ plus saines, et aussi parceque ces notions touchent à toutes les 4 réalités de la société au milieu de laquelle ils doivent vivre, “ tandis qu'ils rencontrent dans les auteurs païens une foule de ‘ choses qui ne sont pour eux que des abstractions stériles, des “ idées mortes, tout-à-fait étrangères au monde social créé par le & christianisme. Leur esprit acquiert plus de sève, parce qu’il “ plonge ses racines dans un sol plus fécond, et il s'opère en eux, “ sous ce rapport, une plus grande végétation intellectuelle, qui se fait sentir à toutes les branches de leurs études.”

Voilà des faits, et M. l'abbé aura beau raisonner, argumenter, il ne pourra absolument rien contre eux ; ils resteront toujours là pour protester de la vérité de la cause que nous défendons.

Toutefois, nous le savons, tant de preuves accumulées ne produiront pas une grand effet sur l'esprit rétif de M. l'abbé, non plus que sur celui d’un certain nombre d’autres à parti pris, comme lui. Ils veulent avoir raison envers et contre tous, et fallut-il pour cela organiser de nouvelles persécutions, ils ne reculeront pas; ils sacrifieront talents et vertus. Mais les jours mauvais passeront; l’avenir en ramènera de plus sereins. Que diront ceux d'alors ? Pourront-il croire qu'il s’est rencontré des hommes, des chrétiens assez singulièrement bâtis, assez peu raisonnables pour déclarer une guerre à outrance aux défenseurs

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d’une méthode qui ne tend qu’à la plus grande gloire de Dieu, au salut des âmes. Ah! c’est bien ici le lieu de répéter ce que disait un orateur célèbre :

“ La postérité ne s’expliquera pas que des ecclésiastiques haut ‘€ placés, n’opposant que le scandale du silence et de l'indifférence “ aux ravages de l’incrédulité, n'aient élevé la voix de leur zèle “ que pour défendre l’idée païenne contre l’idée chrétienne ; “ qu’ils n’aient lancé des censures et des anathêmes que contre de ‘“ courageux catholiques, et qu'ils aient persécuté comme des “ Luther et des Calvin, des hommes qui ont voulu restaurer une ‘ méthode patronée par les plus grands personnages de l'Eglise. “ La postérité ne s’expliquera pas enfin que des chrétiens se “ soient acharnés avec tant de fureur contre des chrétiens, pour “les punir d'avoir voulu christianiser l’enseignement social, et “ qu'ils aient en particulier voulu écraser c'est le mot, l’un des ‘ saints ct des plus savants prêtres de son époque (Mgr. Gaume), ‘ pour avoir osé dire dans un temps d’apostasie universelle, qu’on “me peut avoir une société chrétienne à moins d'élever chrétienne- “ ment la jeunesse, et qu’ils aient voulu traîner aux gémonies cet

homme vénérable, auquel, dans l'intérêt de la morale publique, “ Platon, Cicéron et Quintilien auraient décerné des autels.”

Que M. l'abbé Chandonnet réfléchisse sur ces graves paroles en attendant que nous ayons occasion de le revoir.

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