‹ La question des classiques [microforme]Chapitre 13 sur 14 · ET · texte numérisé non relu

ET

désir [se-t-

pros-

| Ce

a sur n’est- | par-

trèserdre

pour ment inconmpte,

fondé-

Nous ne pouvons pas supposer qu’il ait en tête une pareille

idée,

M. l'abbé est-il d'opinion qu'il faut distinguer entre l'instruction et l'éducation, que les classiques païens font l'une ; le catéchisme, l'autre ?

Mais un principe fort élémentaire est celui-ci : l'instruction n'est qu'un moyen de faire l'éducation. Si donc on veut que l'éducation soit chrétienne, que l'instruction le soit aussi.

M. l'abbé trouvet-il par hasard que l'élément religieux a une part assez considérable dans nos maisons d'éducation ? Croit-il

que tout va à merveille parceque les élèves font leurs prières le matin et le soir, qu’ils entendent la messe tous les jours, qu’ils assistent à un catéchisme toutes les semaines, qu’ils se présentent à la confession tous les mois, qu'ils suivent d’autres pieux exercices pendant le cours de l’année ?

Mais, M. l'abbé le sait bien, ces pratiques, qui sont imposées aux élèves par le règlement, ne rencontrent pas, chez un trop grand nombre d’entre eux, assez de sympathie dans leurs âmes, où l'instruction païenne de tous les instants en a déprécié d'avance toute l'importance et détruit tous les attraits. On ne les accomplit donc qu’à contre-cœur ; elles sont, disait Saint Bernard, ce qu'est la chaîne pour le chien. On les trouve toujours trop longues, et toujours gênantes ; on ne s’y soumet que de la plus mauvaise grâce et presque en frémissant, et on ne s’y résigne que par la pensée que cela aura un terme après lequel on soupire avec ardeur. Ne voit-on pas tous les jours les jeunes gens qui ont fait Fs leurs humanités dans les établissements chrétiens y laisser en sortant toutes ces pratiques religieuses qu'ils avaient suivies pendant huit ou neuf ans et auxquelles on pensait les avoir habités ? S'ils en conservent quelques-unes, ne sont-ce pas précisc= ment celles qui n'obligent à rien ? Si l'éducation religicuse était, dans nos maisons d'éducation, ce qu’elle doit être, obtiendrait-on de semblables résultats ?

M. l'abbé craint-il qu'en suivant la méthode chrétienne on

finisse par fatiguer, par dégoûter les enfants, par leur rendre pénible l'étude de la religion, et, conséquemment par la leur faire prendre en aversion ?

Mais si cela était, il ne faudrait donc pas faire étudier le catéchisine aux enfants de peur que la contrainte exercée sur leur volonté, les peines qu'ils ont éprouvées, la fumiliarité qui provient d'une longue habitude, ne leur fassent repousser pour toujours les enseignements de la religion comme fastidieux et pénibles. L'expérience prouve, au contraire, que c'est l'étude assidue et longtemps prolongée des auteurs profanes qui dégoûte de l'étude de la religion. Cette étude de la religion n’est pénible à la jeunesse que parceque, dans notre organisation pédagogique, elle est en dehors de son systême d'instruction littéraire, et qu'elle n'apparaît que sous forme de hors d'œuvre.

M. l'abbé prétend-il qu’en introduisant quelques catéchisme de plus dans les classes, on pourra se passer de la méthode chrétienne que nous proposons, en recueillir tous les avantages, en éviter les inconvénients ?

“ Mais, comme dit Saint Thomas, la science de la religion ne “ doit-elle pas commander à toutes les autres sciences, parce “ qu’elle est la plus élevée de toutes ? Hlle doit les faire toutes “ travailler à son service, parce qu'elle est chargée de les mettre en ‘“ œuvre, La science de la religion doit dominer toutes les autres “ sciences et mettre en œuvre tous leurs enseignements.”

De là il suit, que la religion devrait sortir naturellement de tous les livres que l’enfant étudie, comme l’arome s’exhale de la fleur. En effet, ce n’est pas seulement d’un livre, mais de tous les livres ; non pas seulement de la bouche d’un maître, mais de tous les maîtres que la religion doit sortir, tantôt pour raconter un des faits de son histoire, une vertu de ses grands hommes, une maxime de l'Evangile ; tantôt pour former le cœur de l'enfant, corriger une erreur de sa jeune intelligence, développer le germe naissant d’une noble disposition ; tantôt pour lui révéler la cause cachée d’une révolution ou d’un événement important ; e' toujours pour lui montrer qu'elle est la source unique du beau, du bien,

LeRSmeEE

Er

re

n ne arce utes e en tres

t de e la tous is de r un une fant, lerme ause jours bien,

PES Ein ennemie iatenipetenre

Hate

du vrai, l'âme, l’œil, la règle, le parfum de toutes les sciences qu’elle vivifie, qu’elle ennoblit, qu’elle co-ordonne, qu’elle explique et qu'elle conduit au but final de toutes choses : la gloire de Dieu et le salut de l’homme. Est-ce la méthode chrétienne ou la méthode païenne qui pourra faire atteindre ce but ?

M. l'abbé est-il d'opinion qu’on trouve assez de bonnes choses

dans les auteurs païens, pour qu'on puisse négliger les auteurs chrétiens ?

S’il est de cette opinion, il est en contradiction avec saint Cyrille d'Alexandrie qui, après avoir expliqué la parabole de l'enfant prodigue, ajoute :

“ Nous pouvons aussi appliquer cette parabole aux Païens. « Elle dit en effet: Un homme avait deux fils, dont l'un était “ réglé et l’autre prodigue ; celui-ci ayant dissipé sa part de l’hé- “€ ritage qui lui était échue, puis après, pressé par la faim, se mit “ à goûter les glands dont se nourrissaient les cochons. Nous “ verrons qu’il est arrivé quelque chose de semblable à ceux qui “ se sont égarés. Le Créateur a donné également à tous comme “ une espéce de patrimoine, la faculté naturelle pour bien agir “ Mais quelques-uns conservèrent ce qui leur avait été donné, “€ obéissant aux lois divines, et poussés par leurs dispositions na- “ turelles à tout ce qui est bon. Mais les autres, destitués de la ‘ bonté céleste, de la clémence et de Îa charité, éprouvèrent la ‘ pénurie des règles qui dirigent la vie, et prirent pour nourriture “ es fables des Païens, qu’il est bien permis de comparer aux “ glands, dans lesquels on trouve quelque peu de douceur, mais “ un grand vide et une grande inanité de nourriture. A coup (6 sûr, c'était Satan qui les nourrissait des fausses doctrines des ‘ Païens, et de la vaine éloquence des principaux d’entre eux ; CAR LEURS PRÉCEPTES DE JUSTICE SONT DES FABLES ET RIEN AUTRE CHOSE QUE DE VIEILLES NIAISERIES. Car la sagesse “ du monde, à cause de l'harmonie des paroles, est un airain sonnant ‘“ et une cymbale retentissanse. (C’est pour cela qu'autrefois les

‘ hommes se nourrissaient des écrits des Païens, incapables de ‘“ prêter aucun secours pour la réforme de la vie.” (1)

Ailleurs il dit: “ Les auteurs païens brillent par la faconce et la splendeur de leur diction; mais à n'y a rien d’utile en eux. Car ils n'ont point connu celui qui est Dieu par sa nature, et créateur, et ils ont introduit dans le monde un nombre infini de dieux.” (2)

M. l'abbé prétextera-t-il enfin qu’avec la méthode chrétienne on ne saurait donner aux enfants une instruction aussi solide, aussi brillante que celle que l’on donne au moyen des auteurs païens ?

Les faits, l'expérience seule peuvent ici dirimer la question. Eh bien, interrogeons les faits; que disent-ils ? Pour ne pas être trop long, nous n’en citerons que deux.

Dans un mandement, envoyé à tous les évêques d'Italie, l'illustre évêque d’Aquila rend compte de la manière suivante de l'expérience qu’il a faite de la méthode chrétienne :

‘“ Nous ne voulons pas le dissimuler ; en inaugurant un nouveau ‘ système d’études, nous éprouvâmes un moment d’hésitation. ‘ Nous craignions que la pureté de nos vues n’eut pour résultat un “ tardif et irréparable mécompte. Mais, d’une part, soutenu par “ ]a bonté de la cause et par la haute raison des hommes illustres 4 qui la défendent, nous étions d'autre part, poussé par les motifs “ irrésistibles qui rendent nécessaire, dans les temps actuels, la ‘ réforme chrétienne de l’enseignement. Aïnsi nous attendions “ avec empressement, dans le silence des plus longues et des plus “ sérieuses réflexions, l’effet que nous devions nous en promettre.

“ Grâce à Dieu, l'expérience est faite. Nous sommes désor- “ mais en état de l'affirmer hautement: ‘ Le succès est aussi # heureux qu'il est incontestable,” et nous pouvons en toute con- “ fiance, prescrire d’une manière invariable la pratique de cette ‘ méthode d'enseignement, suivie jusqu’à ce jour à titre d'essai.”

(1) (in Lucam, p. 341.)

(2) (Fragm, centre Julien, p. 491.)

Page 1