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moderne Rossinante, il frappe en chevauchant tout ce qu'il croit pouvoir l'embarrasser sur son pussuge, Ses dernières victimes sont M, le. Correspondant qui tombe en compagnie de quelques amis, Le triomphe de M, l'abbé est tel que lui-même n'ose y croire,
À propos de Quintilien, nous admettons de suite et sans dificulté aucune que sa pensée a été fort outrée dans la citation telle que faite par M. le Correspondant, Mais suit-il de là que cet auteur a été cité à faux en faveur de la réforme que nous sollicitons ? Personne, nous croyons, n'oserait le soutenir, pas même M, l'abbé qui a bien su constater les différences qui existent entre le texte de Quintilien et la version de M. le Correspondant, mais qui a jugé à propos, et pour de bonnes raisons, de ne pas aller plus loin. En résumé, que veut done Quintilien ? Il veut, comme dit RoLLIN, qu'on fasse un choix non seulement des auteurs, mais encore des endroits qu'on peut lire dans ceux qu’on aura choisis ; il veut qu'on interdise aux enfants la lecture des poésies érotiques, et il déclare qu’il y a des pièces dans Horace qu'il serait bien fâché d'expliquer aux jeunes gens. Voilà ce que dit Quintilien à propos de la simple lecture des poëtes, Si un païen exige qu'on use de si grandes précautions à l'égard des livres que nous mêmes nous mettons entre les mains des enfants, jusqu'où, nous chrétiens, éclairés des lumières de la foi, ne devrions nous pas porter le scrupule ? C’est bien ici le lieu de nous écrier avec le célèbre Gerson : “ Oh ! Dieu ! quelles sont les mœurs du temps présent ! Un païen, un incrédule condamne les livres païens qui provoquent à des amours coupables, et ces même livres trouvent des admirateurs et des défenseurs parmi les chrétiens ! ! ”
Quintilien dit beaucoup assurément ; cepandant nous pouvons être plus sévères que lui sans tomber dans le rigorisme, C’est même un devoir pour nous de l'être davantage. De ce que Quintilien dit que c'est fort sagement qu'on peut commencer la lecture par Homère et par Virgile, faudra-t-il en conclure que la lecture de ces deux poëtes n'offre pas de dangers, et agir en conséquence ? Ce serait être, pour le moins, téméraire. Ce qu’un
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païen condamne comme immoral, l’est assurément ; mais ce qu'il regarde comme honnête ne l'est pas toujours. L’Ænéide, par exemple, que Quintilien recommande comme un bon livre, est jugé tout autrement par un homme qui s’y entendait en lubricité. Au jugement de cet homme, l'épopée du chaste Virgile est, en plusieurs endroits, tellement lascive, tellement dangereuse qu'on ne peut conseiller à celles qui veulent être séduites une lecture plus propre à allumer dans le cœur le feu de l’amour deshonnôte : ect homme est Ovide. L’Enéïde cependant est le plus châtié de tous les ouvrages de Virgile. Ajoutons que ses œuvres complètes sont entre les mains de tous les écoliers, et que souvent même ils en ont la traduction française.
Quant à Homère, on sait, qu’il professe une morale plus que relichée. Sénéque, que Bossuet appele un bon épicurien, dit que les œuvres d'Homère enflamment la cupidité et poussent au libertinage.
Si, au dire de Quintilien, Homère et Virgile sont des auteurs moraux, que valent donc ceux qu’il stigmatise ? M, l'abbé voudratil bien nous dire quelles sont ses idées là-dessus.
Remarquons encore que Quintilien ne s’attaque qu'aux obscénités qu'on rencontre dans les poëtes; mais un livre ne peut-il pas être très-dangereux, très-mauvais même et renfermer tout autre chose que des obscénités ? Les idées fausses sur les vertus, les vices, l’ordre religieux, l’ordre social qui pulullent dans les livres païens méritent bien, à notre avis, de fixer un peu l’attention. Quoique Quintilien n'ait rien à dire là-dessus, nous avons à en parler, nous autres chrétiens ; la morale de l'Evangile est avant tout la règle de notre conduite. Qu'on le retienne bien, ce que la foi, ce que la morale chrétienne condamne ne sera jamais étudié qu'avec grand préjudice, surtout par des jeunes gens.
Et puis, que devient le beau prétexte d'élégance de style, ete. que nos pédants de collége mettent toujours en avant pour légitimer l'étude des auteurs païens, même dans les classes inférieures, en présence du plan d’études tracé par Quintilien luimême. Selon lui, l'étude des auteurs, au point de vue des
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beautés littéraires qu’ils renferment, ne doit-elle pas être remise à un autre temps, à cet âge où le jugement sera plus formé? M. l'abbé sait-il que nous n'avons jamais différé d'opinion avec Quintilien sur ce point, et que, pour les mêmes raisons que lui, nous demandons que l'étude des auteurs païens ne commence qu'après la quatrième, c'est-à-dire à l’époque où les élèves peuvent apprécier un peu les beautés littéraires d’un auteur ?
M. l'abbé nous a parlé de Quintilien sur un ton plaisant ou qui du moins avait la prétention de l'être; nous lui en parlerons, nous, un peu plus sérieusement. Pourquoi lui, qui d'ordinaire fait ses citations si longues, afin d'extraire un texte le plus authentique possible, a-t-il mis de côté la dernière phrase de ce long paragraphe de Quintilien qu’il a cité? Nous lui laissons le soin de répondre, cet, en attendant qu’il le fasse, nous complèterons sa citation. Quintilien ajoute donc:
‘€ IT faut convnencer par ce qui peut NOURRIR L'ESPRIT ET ‘ ÉLEVER L'AME des enfants; pour le reste, c'est-à-dire pour ce ‘ qui ne regarde que l’érudition, ils auront assez de temps devant “eux,”
Qu'avons-nous demandé autre chose pour une éducation chrétienne que ce que Quintilien demande ici pour une honnête éducation païenne ? Des extraits bibliques, de ces livres surtout que Dieu a inspirés tout spécialement pour l'instruction de la jeunesse, les vies des Saints, les actes des Martyrs, quelques extraits des passages les plus faciles des écrits des SS. Pères, voilà ce que nous avons demandé pour nourrir l'esprit et élever l'âme des enfants. Avons-nous eu tort ? Et Quintilien, s’il revenait au monde, trouverait-il nos demandes exagérées ? Ne serait-il pas plutôt surpris de voir M. l’abbé Chandonnet nous décocher de son mieux de prétendus textes authentiques pour prouver que nous outrageons la vérité et le bon sens, en publiant des écrits dans le but avoué, comme il dit, de christianiser l'éducation.
Passe pour les textes authentiques ; mais il y a plus: M. l'abbé ne nous fait pas même grâce de ses mépris. Voyez comme
il affecte de prononcer avec dédain le mot gauwmiste. Rien que D
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l'idée d’un gaumiste lui donne des nausées. Mais quel déshonneur y a-t-il donc à être gaumiste, c’est-à-dire partisan ou disciple de Mgr. Gaume ?
Mgr. Gaume n'est-il pas l'illustre auteur des Trois Rome, du Catéchisme de Persévérance, de l'Histoire de la Famille, du Manuel des Confesseurs ? M. l'abbé Chandonnet n'aurait-il pas beaucoup à apprendre en étudiant ces ouvrages ?
Mgr. Gaume n’a-t-il pas eu l'honneur de voir la plupart de ses ouvrages traduits dans presque toutes les langues de l’Europe ?
Mgr. Gaume n’a-t:il pas été honoré des plus enthousiates suffrages de Pugin, de lord Philipps, du baron Moy de Sons, de Ls. Veuillot, de Montalembert, de l’abbé Martinet, du P. Ventura, de Donoso Cortès, des hommes les plus éminents des universités d'Oxford et de Cambridge ?
Mgr. Gaume a fait adopter ses vues sur l'éducation par une grande partie de l’épiscopat européen ; M. l'abbé Chandonnet peut-il prétendre à un succès pareil en publiant ses textes authenti-
ques ?
Mer. Gaume, en combattant le paganisme dans l'éducation, a reçu des encouragements les plus flatteurs du Cardinal archevêque de Reims, Mgr. Gousset, qui lui écrit la lettre suivante :
“ N'ayant pas été tout-à-fait étranger à la publication du Ver “rongeur des sociétés modernes, je n’ai pu être insensible aux atta- ‘ ques violentes dont vous avez été l’objet à l’occasion de cet ouvra- ‘“ e. On ne peut vous accuser d’avoir émis des opinions évagérées, à
“ absurdes, irrespectueuses envers l'Eglise et capables de troubler les
“ consciences etc., sans faire retom..er une accusation aussi grave sur
‘ ceux qui en approuvant votre livre d’une manière ou d’une autre,
‘“ comme je l'ai fait moi-même, se seraient rendus solidaires des
‘erreurs qu’on vous reproche. Néanmoins, comme le procès me
‘ paraît suffisamment établi, et que vos Lettres à Monseigneur “ l’Evêque d'Orléans ne laissent rien à désirer pour le fond et pour “ Ja forme, je n’entrerai pas dans la discussion ; je préfère mettre
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“la main à l'œuvre en adoptant incessamment, pour les petits sé- ‘ minaires de mon diocèse, le plan d'éducation que vous proposez.”
M. l'abbé Chandonnet trouvera-t-il ce témoignagne authentique et de nature à inspirer quelque confiance ?
Mgr. Gaume compte encore parmi ses plus zélés défenseurs le Cardinal-prince Altieri, qui lui a addressé de Rome, en 1857, la lettre suivante :
‘ Monseigneur, j'ai lu avec une inexprimable satisfaction votre ‘ excellent ouvrage intitulé la Révolution. J'y ai trouvé le dé- ‘ veloppement des idées fort justes et fort sages qui, appuyées sur “ Je témoignage de faits irrécusables, jettent une immense lumière ‘“ sur une thèse jusqu'ici très-peu considérée, et dont on ne peut “ cependant contester l'évidence sans se mettre en opposition avec “€ la vérité la plus manifeste, et sans compromettre l'avenir reli- “ gieux de la société humaine.
‘ Tous ceux, qui désirent voir éloigner les effrayants dangers “ qui de toutes parts nous menacent, espèrent que vous conti- ‘ nuerez à travailler tonjours avec le même zèle pour la défense “ ei la propagation d’une réforme de l'instruction de la jeunesse, { yéforme éminemment utile à la religion et à la véritable civi- “ Jisation.”
Quelles sont les raisons que pourrait avoir M. l'abbé pour objecter à ce témoignage et en contester l'authenticité ? Voudraitil bien nous les faire connaître ?
Mgr. Gaume n'a-t-il pas vu ses idées sur l’enseignement hautement approuvées par un des membres les plus illustres du sacré- Collége, le Cardinal Antonelli ? En réponse à Mgr. Gousset qui l'avait consulté sur la question des clrssiques, le Cardinal écrivait de Rome le 30 Juillet 1852 :
‘ Eminentissime et Réverendissime Seigneur, outre le grand “ prix que j'ai coutume d’attacher aux communications de Votre ‘ Eminence, celle que vous avez adressée, sous le pli du 13 du “ courant, à propos de la fâcheuse divergence qui s'est récemment
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“ élevée en France, sur le choix des livres pour l’enseignement “€ littéraire, a une extrême importance.
“ La parfaite connaissance, que l’on a de la sagesse et du “ profond discernement qui distinguent votre Eminence, était ‘ déjà une raison plus que suffisante de compter sur la justesse et “ l'étendue de vos vues dans l'appréciation de la susdite contro- “ verse. Cette assurance, conçue d’avance, et que le Saint Père, “à bon droit, partageait avec moi, a été parfaitement confirmée.
En applaudissant hautement à l'intérêt que Votre Eminence ‘ a attaché à cette affaire, et qu’elle a fait servir avec un zèle et “ une sagesse admirable à atteindre un but pleinement conforme ‘aux vues du St. Siége, je suis heureux de vous offrir en même “ temps l'assurance du profond respect avec lequel je vous baise ‘ humblement les mains.”
M. l'abbé Chandonnet voudra-t-il bien nous dire encore s’il reconnait l'authenticité de ce document et s’il le trouve digne de fixer l'attention ?
Mgr. Gaume enfin, c’est ce prêtre vénérable qui a mérité la très-haute estime de Grégoire XVI cet de Pie IX ; de Grégoire XVI qui lui déclare, dans le Bref par lequel il le crée Chevalier de l'Ordre de !; Milice-Dorée, que ses ouvrages n’ont pas rendu un médiocre service à la religion ; de Pie IX qui l’a fait prélat romain, protonotaire apostolique, en récompense de son zèle et de ses infatigables travaux pour la réforme de l'éducation. Ainsi, M. l'abbé Chandonnct, appelez-nous Gaumistes, puisque cela vous fait plaisir, aiusi qu'à vos amis: nous n'avons pas à rougir.
Nous croyons devoir avertir ici M. l’abbé Chandonnet de ne pas se méprendre sur le sens de notre travail: nous n'avons pas donné à ses critiques et à ses reproches de falsification plus d’importance qu’ils n’en méritent, ÆEût-il démontré, comme il semble en être convaincu, que les textes, cités par M. le Correspondant et par quelques autres, ont été falsifiés, la conclusion aurait été que certains individus défendaient une bonne, une excellente cause en usant de moyens illicites; voilà tout. La thèse que nous
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