La question des écoles catholiques et françaises du Manitoba (Canada) [microforme]
Qui ne se rappelle encore la magnifique encyclique que, il y a de cela quelques mois, le Pape consacrait à la revendication des droits scolaires, arbitrairement violés des catholiques du Nord-Ouest Canadien et spécialement de la province du Manitoba ?
Nous raconterons plus tard dans ses détails l’histoire de cette iniquité révoltante ; mais, dès aujourd’hui, nous en devons les grandes lignes à nos lecteurs.
Dès les premiers temps de la colonie naissante, les catholiques français du Manitoba possédaient des écoles
officielles catholiques et françaises. En 1870, la constitution du Canada venait garantir ce droit sacré, qu’une simple loi provinciale ose ensuite fouler aux pieds dès 1890.
Les catholiques francais indignés en appellent de cette injustice au pouvoir fédéral. Le plus haut tribunal de l'empire reconnaît que leurs réclamations sont bien fondées ; mais devant l'attitude déplorable de certains hommes de parti, la haute décision reste lettre morte. — La cause est-elle perdue ? Non. Un droit comme celui-là ne peut périr, s’il est énergiquement défendu. Mais la cause mérite-t-elle tant d’efforts ? Quelle en est l'importance ? Elle est énorme : l’avenir du Canada catholique et français est en jeu. Le Manitoba et le Nord-Ouest Canadien comprennenttoutun paysnouveau, grand cinq fois comme la France, et dont le sol est une plaine d’une richesse incroyable. 200.000 âmes seulement y vivent maintenant, il ÿ en aura 30.000.00v dans cent ans, et plus tard, 100.000.000 y vivront à l’aise. Quelle langue, quelle civilisation, quelle religion aura ce peuple nombreux? Sera-ce les nôtres? Sera-ce celles de l’Anglo-Saxon ? Personne ne peut le aire maintenant. Cela dépendra de ce qui se fera d'ici à 25 ou 50 ans. Etant donné la vitalité prodigieuse de la famille canadienne française, il faut admettre que l’avenir est à elle
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