‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 11 sur 84 · CE QU'EN DIT L'ORGANE DE MR. ANGERS · texte numérisé non relu

CE QU'EN DIT L'ORGANE DE MR. ANGERS

Les conservateurs français de la province de Québec ont pour alliés les Torys de la province d'Ontario. Personne n’ignore ici que, depuis dix à douze ans, le programme du parti Tory dans Ontario a été: Guerre à l'Eglise catholique, Destruction des Ecoles séparées, Ecrasement des Canadiens-Français. Trois élections générales consécutives ont eu lieu sur ce terrain, Le parti libéral, dirigé par Sir Oliver Mowat, s'est constitué le protecteur et ie défenseur des droits de la minorité, Aussi, le vote catholique sans distinction d’origine, s'est-il rangé en colonnes solides autour de son gouvernement,

Nous demandons aux conservateurs français comment ils peuvent rester les compagnons d'armes d'un parti qui a voué une haine implacable à tout ce qui est catholique et Canadien-Français.

Lorsque viennent les élections provinciales d'Ontario, la plupart des conservateurs français de cette province affichent leurs sympathies pour Sir Oliver Mowat et pour le parti libéral d'Ontario.

ttre ions jour-

des posé

et?

teur,

ie du tiples onne

rit de

En ès de écem-

nt pas

t pour ci que, tario a parées, es conbar Sir s droits brigine,

Mais, quand sonne lheure des élections générales dans la Puissance, ces mêmes conservateurs marchent la main dans la main avec les Torys qu'ils déclaraient hier indignes de leur confiance,

L'électorat ne peut assister sans être profondément scandalisé et dégoûté à une semblable réconciliation, dont le but évident est la possession du pouvoir et du patronage qu'il entraîne avec lui.

Depuis plusieurs années les hommes politiques d'origine française se plaignent parfois, même tout haut, du fanatisme de leurs alliés les Torys d'Ontario. Voici, par exemple, ce que le Mouiteur de Lévis, qui est l'organe personnel de M. Angers, écrivait le 9 juin 1804 :

“ Nous saisissons de nouveau l’occasion pour émettre l’idée d’un changement d'alliance ou d'alliés pour les conservateurs, Cette idée n'est pas nouvelle, et l'on serait surpris de constater le chemin qu'elle a fait depuis quelques années. D'ailleurs, la conduite de nos ailiés y a plus contribué que tout le reste. Leur fanatisme étroit, haîneux et intolérant a ouvert les yeux d'un grand nombre, et ilne manque plus qu'une occasion favorable pour que l’évolution devienne un fait accompli. À quoi sert de dissimuler? Nos alliés, les Torys, nous font la vie dure, à nous, les catholiques et Canadiens-français.

[1 vaut mieux tirer au clair la situation. Si les alliés que nous avons aujourd'hui refusent de se conformer aux conditions du traité, si l'on méconnaît des droits et des libertés que l’on s'était engagé à sauvegarder, alors il est temps de leur dire : vous violez les engagements pris, vous foulez aux pieds ce que nous avons de plus sacré : notre langue et notre religion ; alors il ne peut plus y avoir rien de commun entre nous.

‘ C’est la guerre que vous voulez ? Eh bien, vous l'aurez, acharnée, impitoyable, sans trève ni merci. Il est plus temps que jamais que les fanatiques d'Ontario y voient de suite, s'ils veulent empêcher la rupture. Demain, peut-être, il sera trop tard.

‘“ Le cas échéant, d’après ce que nous disons plus haut, notre ligne de conduite se trouverait toute tracée : contracter une alliance avec la partie saine du parti grit conduite par M. Mowat, ou, si la réalisation de cette ailiance offrait trop d'obstacles, demeurer dans l’expectative, nous réservant le droit de juger et d'apprécier les événements et les choses suivant le temps et

les circonstances. A tout événement, la séparation s'impose, et, tôt ou tard, il faudra en venir là.”

L'heure n'est-elle point arrivée de faire l'union dont parle le Moniteur de Lévis ?

“ La province de Québec, écrivait ce même journal dans le mois

de septembre 1894, n’est plus rien à Ottawa ”. Voici les paroles mêmes dont il se servait :

# On ne saurait se dissimuler que depuis une quinzaine d'années la province de Québec a sensiblement perdu de son prestige et de son influence, Nos luttes fratricides et nos mesquines divisions nous ont fait graduellement lâcher pied sur un terrain que nous avions conquis jusque là au prix -d’efforis constants et répétés.

GHSPRREE PRESSE NE ETS

‘“ Depuis Cartier, nos hommes publics à Ottawa n'ont pas précisément brillé par leur fermeté non plus que par l'élévation du caractère ; et une politique d'indifférence et de coupable complaisance nous a réduits à w#n état de tutelle dont il est urgent de sortir au plus tôt.”

Le Moniteur de Lévis parle en connaissance de cause, et sous l'inspiration d’un ministre en position de constater le fanatisme haineux des Torys dans l'affaire des Ecoles du Manitoba et du Nord- Ouest.

Oui, nous sommes sous la tutelle du Toryisme et de l’'Orangisme ontarien.

Page 1