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trevues aujour-
d'hui, La lettre suivante du Rév. Père Gendreau en donne l'explication !
{© Monsieur le redacteur du Canada :
# Dans un article que vous avez publié tout récemment, vous avez parlé de la question des Eco \ du Manitoba, d'une lettre pastorale que NN. SS. les Evêques devaient publier concernant ceite question, et vous avez cité mon nom à l'appui de votre prétention que cette lettre non seulement avait existé, mais qu'elle devait être lue dans les Eglises. Voici les faits :
# Un jour, pendant la campagne électorale qui a précédé les élections de 1891, un prêtre autorisé est venu me montrer le manuscrit d'une lettre qui devait être signée immédiatement par NN3SS. les Evêques, et publiée avant les élections.
‘# Ala lecture de cette lettre je conclus qu'aucun évêque, prêtre ou citoyen catholique ne pouvait avoir objection à la signer.
‘ Comme cette ques:ion des Ecoles catholiques était du domaine religieux, je jugeai ! nv d'en parler aux paroissiens et de leur donner la ligne de conduite que ; tiendrais et que tout catholique devait tenir sur cette question,
“ Je parlai clairement et avec fermeté, parceque je voyais devant moi des hommes influents qui pouvaient me comprendre,
“ Dans le cours de la même semaine, je vins à Montréal, et j'appris que la lettreen question ne serait pas lue, et même qu'il ne serait plus nécessaire de la faire signer par NN3SS, les Evêques,
“ Mgr l'Arche vêque d'Ottawa n'a eu connaissance ni de cette lettre, ni de ces détails que je n’ai donnés à personne, et Sa Grandeur avait parfaitement le droit de répondre comme Elle l'a fait au journal le #ree Press d'Ottawa.
‘ [Signé,] P. E. GENDREAU, “O0, M.1 ‘“ Montréal, 24 Mai 1893.”
Cette lettre du Père Gendreau fut suivie d’une entrevue que ce même prêtre eut avec l'un des rédacteurs du Sfar le 20 juillet 1893. Il y raconte d’une manière plus précise l'incident qui conduisit M. Chapleau aux appartements de Mgr Taché à Montréal :
‘Un prêtre, que je savais être dans la confidence de Mgr Taché, me montra, dans le mois de Février 1891, le projet de ce qui était destiné à devenir une lettre pastorale. Le din anche suivant, dans l'Eglise du Sacré Cœur à Ottawa, je parlai des droits et des devoirs des catholiques en temps d'élection. Les deux candidats pour le comté dans lequel je parlais, MM Robillard et Belcourt, Sir A. P. Caron et le frère de M. Chapleau étaient présents, si je me rappelle bien. Je dêciarai qu'aucun catholique ne pouvait en conscience appuyer un candidat quine s’engagerait pas à demander pleine justice pour les catholiques du Manitoba. Je délarai aussi avoir vu le proj:t d'une lettre sur la question, qui serait probablement signée ou publiée par les évêques. Je savais alors que la lettre n'était pas signée, et c’est pour empêcher qu'elle ne le fût que j'appelais ainsi l'attention du gouverneigent,.
“ Je voulais que la loi füt désavouée sans la signature de cette lettre Je voulais éviter une telle publication en temps d'élection. Mes relations générales avec le gouvernement me permettaient de penser que nous pourrions atteindre cette fin par d'autres moyens.
‘# Ce que j'attendais arriva. Le jour qui suivit mon discours, l'un des ministres me demanda une entrevue. Je lui répétai avec fermeté l'exposé de la politique que j'entendais suivre sur cette question.
Q —Savez-vous si quelqu'un des minitres vit Mgr Taché à ce sujet?
R.—A ma connaissance, M. Chapleau, en compagnie d’un sénateur, vit Mgr Taché à Montreal.”
Nous le répétons, il n'est pas étonnant qu'une grande partie du clergé et de la population catholique ait été trompée par les multiples et solennelles promesses du gouvernement, Des hommes de bonne foi ont généralement le dessous avec des fripons.
Le gouvernement est animé aujourd’hui du même esprit de duplicité que celui qui a caractérisé sa conduite depuis 1890. En 1891 c'est monsieur Chapleau qui servait d'intermédiaire auprès de l'Episcopat, En 1895, ce rôle est dévolu à M. Angers, qui a récemment fait le tour des évêchés de la province,
Il est facile de prédire que les promesses de 1895 ne valent pas mieux que ceiles de 1891.