‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 27 sur 84 · DÉCLARATION MINISTÉRIELLE DU 8 JUILLET · texte numérisé non relu

DÉCLARATION MINISTÉRIELLE DU 8 JUILLET

Il ne tarda pas à être connu qu'il y avait au sein du Conseil de profondes divisions au sujet de l'attitude à prendre par le Cabinet, en face de la réponse du Manitoba — divisions qui étaient, au reste, également accentuées dans les rangs du parti ministériel en chambre.

Le 8 juillet, M. Foster fit dans la chambre les déclarations suivantes :—

“ Je dois exposer que le gouvernement a étudié la réponse faite par la législature du Manitoba à l'arrêté rémédiateur du 21 mars 1895, et qu'après mûre délibération il en est venu à la conclusion suivante : Bien qu'il puisse y

avoir divergence d'opinion sur l’exacte signification de la réponse en question, le gouvernement croit qu’on peut y donner une interprétation qui laisserait espérer que la question des écoles du Manitoba peut être réglée à l'amiable par le gouvernement de cette province ; le gouvernement de la Puissance hésite beaucoup à faire quoi que ce soit qu'on puisse considérer comme une anticipation et un empêchement capables de nuire au règlement si désiré de cette question. Le gouvernement a aussi considéré la difficulté qu'il aurait à préparer une législation sur la question aussi épineuse et aussi importante durant les dernières heures de la session, Le gouvernement a en conséquence décidé de ne pas demander à la Chambre de s'occuper d'une législation rémédiatrice durant la présente session.

‘ Le cabinet enverra immédiatement au gouvernement du Manitoba une communication sur le sujet, afin de s'assurer si le dit gouvernement serait disposé à régler la question de manière à donner une satisfaction raisonnable à la minorité de cette province, sans qu'il soit nécessaire d’avoir recours à l'autorité du gouvernement de la Puissance. Une session du présent parlement sera convoquée pas plus tard que le premier mardi de janvier prochain. Si, à cette époque, le gouvernement du Manitoba n'a pas, d'une manière satisfaisante, réparé les torts dont souffre la minorité, le gouvernement de la Puissance sera prêt, à la prochaine session du parlement, à présenter une législation, et à faire son possible pour la faire adopter par la Chambre, de manière à donner un soulagement suffisant à la dite minorité, législation basée sur le jugement du conseil privé et sur l'arrêté remédiateur du 2t mars 185.”

Les deux ministres français qui siègent dans les Communes n'étaient pas à leurs bancs. Ils avaient démissionné, ainsi que l'avait fait M. Angers, qui, lui, a un siège dans le Sénat.

Tous trois avaient jugé inacceptable la déclaration lue par M. Foster dans la Chambre des Communes, et par M. Bowell au Sénat,

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