‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 32 sur 84 · PLUSIEURS DEPUTES CONSERVATEURS BLAMENT LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

PLUSIEURS DEPUTES CONSERVATEURS BLAMENT LE GOUVERNEMENT

Mr. Laurier proposa, comme motion de censure, l'ajournement de la Chambre. Et un débat important s'engagea. Parmi ceux qui prirent la parole, il y eût plusieurs députés conservateurs,

M. Dupont, représentant de Bagot, prononça ces paroles :

M. l'Orateur, les grands hommes d'Etat sont faits pour résoudre des problèmes politiques, et les petits hommes d'Etat pour en faire qui sont insolubles. J'ai peur que la question des écoles ne soit pas réglée durant ce parlement. J'ai peur que le gouvernement ne puisse pas remplir sa promesse, quelque formelle qu’elle soit. Il n’y a aucune raison pour ces atermoiements. Le gouvernement était tenu par devoir et en honneur de prendre position et de racheter la parole donnée,

Mes adversaires, comme mes amis politiques, savent que je nai rien à gagner par l'attitude que je prends en ce moment. Mes adversaires politiques connaissent ma fidélité à mon parti par l’ardeur que j'ai déployée pour les combattre. Ils savent comme moi la campagne politique toute récente que j'ai été faire contre mon honorable ami le député de Verchéres (M. Geoffrion) que je vois en ce moment à son siège. Ceux qui ont pris part à cette lutte savent les efforts que j'ai faits pour assurer l'élection du candidat du gouvernement. Ils savent avec quelle conviction j'ai défendu la cause et l'honneur de mon parti. Je regrette de le dire, M. l'Orateur, que je me suis trompé sur la somme d'énergie et de bonne foi du gouvernement, Je dis de plus, qu'ayant reçu une réponse comme celle qu'ils ont eue du gouvernement du Manitoba, je ne vois plus qu'un moyen pour ce gouvernement de réussir dans de nouvelles négociations : c'est de se traîner d'Ottawa à Winpipeg sur les genoux, pour aller demander au gouvernement Greenway de le débarrasser de cette question,

Quelques voix : À quatre pattes.

M. Dupont: Et dans cette procession je regretterais de voir en tête mes honorables amis le Ministre des Travaux Publics (M. Ouimet), et le Maître Général des Postes (sir A. P. Caron).

Je n’hésite pas à le dire, M. l'Orateur, je rougis pour la dignité de ce gouvernement d'être obligé d'aller encore se traîner à Winnipeg après avoir essuyé un refus catégorique comme celui-là.

M. le Président, l'ordre remédiateur était de nature à nous faire croire ue nous avions enfin une solution à ce problème politique. Des promesses de nature à nous mettre sous l’impression que la parole donnée serait respectée, furent faites par le premier ministre dans l'autre Chambre. Aujourd'hui, le gouvernement veut entamer de nouvelles négociations avec la législature du Manitoba. Je lui dis que c'est une entreprise imprudente et qu’il ne pourra pas atteindre le but qu’il a en vue. C’est parce que je doute, par conséquent, de sa bonne foi, que je ne puis l’approuver et que je me sens forcé de lui retirer ma confiance. Je regrette de le dire, ce gouvernement ne contient pas dans ses rangs des hommes de la taille de ceux qui sont partis pour un monde meilleur. Je reconnais que les ministres sont les héritiers politiques des grands hommes qui les ont précédés sur les banquettes ministérielles. Je vois bien là les successeurs de ceux qui ont aplani les difficultés législatives dans ces questions complexes, mais malheureusement je ne vois pas là d'hommes disposés à profiter de la sagesse et de l'expérience de ces hommes d'une grande renommée et qui ont tant aimé leur pays.

M. Joncas, député de Gaspé, se levant après M. Weldon, député d'Albert, qui s'était prononcé contre toute autre mesure du pouvoir fédéral, dit :

M. l'Orateur, lorsque vous avez donné la parole à l'honorable député d'Albert (M. Weldon) j'étais disposé à voter contre la motion d’ajournement proposée par l'honorable chef de l'opposition, mais maintenant mes idées ont changé. (Comment! Lorsque, pour gagner, ou plutôt pour sauver, la seule lueur d'espérance d'obtenir le règlement de la question des écoles du Manitoba, nous faisons le sacrifice de notre amour-propre, on nous répond de nouveau par des provocations, et c'est l’un des membres les plus importants de la droite qui en agit ainsi! L'honorable député d'Albert vient de nous dire: vous en ferez, messieurs, ce que vous voudrez, mais si le gouvernement propose une législation intervenant en faveur de la minorité manitobaine, si vous voulez faire adopter une telle législation, bien qu'elle soit conforme à la constitution, je m'y opposerai. Voilà la situation.

J'étais disposé, il y a quelques minutes encore, à croire que les garanties que le gouvernement donnait étaient sérieuses, j'étais disposé à voter contre la motion de l'honorable chef de l'opposition, mais comment prendre au sérieux des déclarations qui ne sont pas acceptées pas des amis aussi influents que l’est l'honorable député d'Albert (M. Weldon). La politique de l'honorable député est une censure pour celle du gouvernement. Voilà, M. l'Orateur, une provocation qui met le comble à la mesure, J'ai compté sur les promesses formulées par le gouvernement, mais ses amis répudient ces promesses. Quelle ligne de conduite pouvons-nous adopter en face d’ui situation comme celle-là ?

Le fait que l'honorable député d’Albert (M. Weldon) vient d ail s’opposera à toute législation réparatrice qui sera proposée dan parlement, me justifie de dire que j'ai perdu tout espoir que le gou, nement

puisse réussir l'année prochaine à faire passer une législation qui rends justice à la minorité du Manitoba. Et d’ailleurs, en face de telles déclarations, que valent les promesses formelles, positives qu’une législation réparatrice sera proposée avant la dissolution du parlement, Ilest vrai que nous avons

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cette promesse du gouvernement, ainsi que l'a dit mon honorable ami le

député de Bagot (M. Dupont). Mais pourra-t-on la remplir, cette promesse ?

Je crains qu'il en soit de celle-ci comme de toutes les autres qui ont été aites.

M. Belley, député de Chicoutimi, blâma aussi vigoureusement les ministres. Nous citons quelques-unes de ses déclarations :

M. l'Orateur, ce n'est pas sans une certaine émotion que je me lève en ce moment pour dire à cette Chambre et au pays que je ne puis accepter la politique du gouvernement sur la question qui nous occupe. Au commencement de cette session, lorsque l'honorable chef de l'opposition portait la parole sur l'adresse en réponse au discours du Trône, il demandait au gouvernement si les paroles prononcées par l'honorable député de Simcoeest (M. Bennett), relativement à la question des écoles, étaient vraies et indiquaient bien la politique du gouvernement, ou bien si c'étaient celles prononcées par votre humble serviteur qui appuyait l'adresse.

Aujourd’hui, je dois proclamer que ce n’est pas moi qui ai dit vrai, c'est l'honorable député de Simcoe-est (M. Bennett) qui a eu raison. Puisque le gouvernement ne veut pas aujourd’hui remplir sa promesse, promesse qu'il est capable de remplir dès maintenant, je ne puis supporter la politique qu'il entend suivre sur cette question importante qui trouble la population du pays depuis bientôt cinq ans.

Certes, l'honorable député de Bagot avait raison de dire, tout à l'heure, que si Cartier vivait, 1l gémirait sur le manque de courage de son ancien parti, Lui qui avait toujours été le protecteur des minorités. Lui, Cartier, qui n’a rien négligé pour mettre dans la constitution du Manitoba toutes les garanties auxquelles les premiers colons de cette province avaient droit. C'est lui qui a fondé le parti conservateur et qui a été le plus grand homme de ce parti, parce qu’il ne craignait pas de faire respecter la constitution qu'il avait donnée à son pays.

Si le gouvernement conservateur ne peut plus donner justice aux minorités, s’il n’est plus leur protecteur, certes, il manque à son devoir, il ne représente plus, selon moi, les idées du parti conservateur ; il ne représente plus le programme de notre parti.

M. Tarte : Il y a longtemps que c’est fait.

M. Belley : Je demanderai à l’honorable député de l’Islet d’y aller tranquillement. Je ne veux pas dire qu'il y a longtemps que c'est fait, Je reconnais avec lui que depuis quelques années il s’est introduit dans ce parti un élément qui a fait gémir les hommes qui ont à cœur les intérêts de notre pays. Jene dis pas que le gouvernement a cédé devant cet élément aujourd'hui. Je ne dis pas non plus qu'il n'a pas cédé. Mais enfin, je constate que cet élément s’est introduit dans le parti, et qu'il a été la cause que depuis quelques années une mauvaise direction lui a été imprimée. Et aujourd’hui l'honorable ministre de l’agriculture sort du gouvernement parce qu'on ne respecte pas les traditions du parti conservateur.

On nous dit pour nous décourager : Mais qu'est-ce que vous gagnez par votre attitude? Tout simplement à faire arriver l'honorable chef de l'opposition au pouvoir. Je ne cherche pas qui viendra au pouvoir après ce gou vernement, je ne cherche pas à savoir si le gouvernement actuel ne sera pas

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Malhtent, et ai le chet de l'oppéniion réuastia À mobter au DOUVOlr aux pro chaines élections, Ki l'honorable éhet de À 2 sert gagne lex dlectione, et ai je sui élu, je lui donnerai mon apput, je ti donneral fera, à vondidton que tout d'abond 1 rende justice À hou compatriotes de Liban et qu'il fase réspecter la conatituton que le gouvernement du Manitoba à violé

Sept députés conservateurs français votèrent pour la motion de censure de M Laurier: MM, Helley, Duges Dupont, Jeannoite lunvas, Lépine ét l'urotte

Le jouvernement n'eut que douse députés français de la Province de Quebec pour l'appuver = pendant que trentédeux votérent contre lui

Les doure qui pamadient sous lea fouielies Caudinon sontt MM, Amvot, Rain, Rergeron, Lippé, Pre Desaulniers, Préchotte, Glrouard (Javaques- Cartier), Girouant (Deux. Montagnes), Grandbols, Lachas poils, Langevin, Leclain, Pelletier et Simard,

Ce vote donne une idée À pou près juste de l'opinion publique dans la Province dé Queber *

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