MESSIEURS CARON ET OUIMET CAPITULENT
Du 8 au 11 juillet, la plus grande excitation régna dans le pays. Les trois ministres français ne vinrent pas en Chambre, Les députés conservateurs français étaient en révolte ouverte contre le Cabinet. M. Ouimet paraissait le plus violent adversaire de toute espèce de concession. Il exprimait librement sa détermination d'en finir avec l'alliance tory-orangiste,
Il eut avec l'un des rédacteurs du Sfar un entretien, qui fut relaté en ces termes dans ce journal le 10 juillet : —
J'ai eu ce matin une entrevue avec l’'Hon. J. A. Ouimet, Ministre des Travaux Publics.
Il paraissait armé de pied en cap pour la lutte.
Assis dans sa bibliothèque, en compagnie de l’'Hon. Joseph Royal, exlieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, et de M. Joncas, M.P.,
des
ex- P.,
qui venaient de déjeuner avec lui, il dit: “Vous pouvez annoncer dans le Star, que siie gouvernement, à 3 "heures de l'après-midi, n'apporte pas une promesse par écrit, signée de tous les membres du Cabinet, par laquelle il
s'engage à présenter une législation reparatrice la session prochaine, je me
proclamerai de mon fauteuil député indépendant, et je proposerai une motion de non-confiance.”
Le 11 juillet, à trois heures, M. Ouimet et Sir Adolphe Caron reprenaient leurs sièges de ministres, sans avoir obtenu aucune concession, ni aucune garantie additionnelle.
Les déclarations que firent ces deux ministres furent vraiment pitoyables.