‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 36 sur 84 · D'ÉCLARATIONS IMPORTANTES DE M. ANGERS · texte numérisé non relu

D'ÉCLARATIONS IMPORTANTES DE M. ANGERS

Le 11 juillet, M. Angers, qui avait refusé de rentrer dans le Cabi-

net, donnait au Sénat les raisons qui l'ont forcé de se séparer de ses collègues. Les parties suivantes de son discours sont dignes d'attention. Après avoir cité quelques fragments du jugement du Conseil Privé, M. Angers dit :

D'après ce jugement, le Conseil Privé rédigea un arrêté en conseil qu'il adopta deux jours après, lequel, connu sous le nom d'arrêté remédiateur (remedial order), fut transmis à la législature de la province du Manitob.. par l'entremise du lieutenant-gouverneur de cette province. La législature répondit à cet arrêté remédiateur par son refus d'obéir à l’injonction du jugement du comité judiciaire du Conseil Privé et à l'arrêté remédiateur du Conseil Privé du Canada. Sur ce refus, les portes du parlement furent ouvertes pour que ce dit parlement rendit justice à la minorité, La réponse du Manitoba a été reçue le rer juillet, A compter de ce jour appartenait au gouvernement le pouvoir et conséquemment incombait l'obligation de faire cesser les très graves sujets de plainte de la minorité catholique romaine. Durant les cinq dernières années, les catholiques ont été fo:cés de contribuer au maintien d'écoles publiques auxquelles ils ne pouvaient envoyer leurs enfants. Je n'ai pu voir accomplir ce que je considérais le devoir du gouvernement."

M. Angers commente en ces termes la déclaration du gouvernement à l'effet qu'il va entrer en des négociations nouvelles avec Manitoba :

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Il est proposé ici que lé gouvernement devrait #ntrer en négociations avec le Manitoba. La loi exige qu'une communication de cette nature soit adressée À la législiure et non pas au gouvernement. La législature de cette province “ient justement d'être prorogée, et elle ne pourrait pas être convoquée, et de fait elle n'est pas obligée de siéger avant la première ou la seconde semaine de juillet prochain, Conséquemment, le gouvernement ne pourra communiquer avec la législature de la province avant l’expiration du parlement du Canada. Le gouvernement du Canada aura à communiquer avec celui du Manitoba.

Il est vrai que c'est un gouvernement responsable, mais pour cette fin il n'a aucuné autorité, La législature de la province vient d'adopter des résolutions qui sont impératives en ce qui regarde le gouvernement du Manitoba. Il ya à peine quelques semaines, cette législature nous a dit qu’en principe elle était contre le rétablissement des écoles séparées. Et de plus, elle dit :

“ Avant cette époque, la majorité des membres de l'assemblée législative du Manitoba avaient expressément ou implicitement pris vis-à-vis de leurs commettants des engagements qu’en honneur ils sont tenus de remplir,”

L'engagement que les députés ont pris est de s'opposer au rétablissement des écoles séparées en faveur de la minorité. A quoi sert donc, après le refus de la législature, qui est apparent dans chaque paragraphe de sa réponse, de s'adresser au gouvernement de cette province ?

Il ne peut rien faire efficacement, Permettez-moi de vous rappeler que c'était après avoir promis que les écoles séparées subsisteraient toujours, que M. Greenway les a lui-même abolies. Et c’est sur une promesse que M. Greenway n’est pas autorisé à faire, c’est sur une Chambre qui est, comme il vous le a:'. tenue en honneur de ne pas accorder ces écoles, que vous comptez pouvoir en obtenir le rétablissement ?

Voilà la raison pour laquelle mon devoir —- un devoir pénible — m'a obligé de refuser de souscrire à cette partie de la déclaration.

Je lis les lignes suivantes dans le Citizen d'Ottawa :

“ Puisque les ministres canadiens-irançais sont si pressés d'agir, c'est u’ils s'occupent tellement peu des sentiments de beaucoup de conservateurs e langue anglaise qu'ils font des se: ments de la province de Québec une

bagatelle pour le reste du pays.”

Je suis implicitement accusé, dans les lignes qui précèdent, d’avoir fait preuve d’une hâte injustifiable, d’avoir refusé d'accorder aucun délai. Je dois déclarer à cette Chambre que lorsque le gouvernement se décida de faire sa décleration, je lui demandai de ne pas la faire lundi dernier, mais d'attendre que j'ensse la permission de donner en même temps des explications à la Chambre. Je ne pus alors obtenir cette permission, pour des raisons qui ne dépendaient pas du gouvernement, mais ii dépendait du gouvernement de ne pas faire cette déclaration le lundi, et cependant il Pa faite, Ceci m’oblige à déclarer que, tout en m'opposant à la proposition du gouvernement, j'ai, comme compromis, proposé au conseil d'accorder un autre délai, mais j'ai refusé d'entamer de nouvelles négociations officielles avec le gouvernement du Manitoba, pour la raison que si la réponse du gouverne.

ment devait être évasive ou illusoire, elle mettrait peut-être le gouvernement dans l'impossibilité de faire agir le parlement. Voici la proposition que j'approuvais :

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