‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 47 sur 84 · M. LAURIER · texte numérisé non relu

M. LAURIER

Les extraits des discours de M. Laurier, que nous avons cités dans le cours de cette brochure, sont suffisants pour les hommes de bonne foi. Nous n'espérons point convaincre les créatures du pouvoir, ceux qui vivent de la crèche. Nous ne comptons pas non plus sur cette classe d'individus qui, refusant d'entendre toute raison, se renferment dans cette funeste citadelle de l'esprit de parti quand même. Ily a assez d’honnêtes gens en Canada pour donner le pouvoir au Canadienfrançais éminent que le parti libéral anglais, avec un esprit de tolérance qui l’honore, a choisi comme son chef.

M. Laurier jouit d’un prestige immense dans les Provinces anglaises de la Confédération, en dépit des appels aux préjugés faits contre lui par la presse tory, qui ne cesse de lui reprocher son origine et ses croyances religieuses.

La Province de Québec ne tiendra-t-elle pas à honneur de se rallier à son nom, comme elle se rallia jadis à ceux de Lafontaine et de Cartier ?

Si elle manquait cette occasion de placer à la tête du pays l’un de ses enfants, quand la retrouverait-elle ?

M. Laurier est l'orateur le plus puissant du Canada. C'est un

citoyen honnête, honorable, Sa réputation est sans tache, Sa vie privée est exempte de souillure. Ses vpinions sociales et religieuses sont celles d’un esprit pondéré, mûri par l’exnérience, la réflection et l'étude, Son avènement au pouvoir serait une source d'orgueil légitime pour ses compatriotes.

Ceux qui cherchent sans cesse à détruire son influence font donc une mauvaise œuvre, La riupart de ces diffamateurs ont un intérêt direct, immédiat au maintien du gouvernement actuel. Ils en vivent ou en reçoivent des faveurs, du patronage, de l'argent.

Ils paient en injures contre M. Laurier les salaires que leur servent leurs maîtres.

Ce serait à désespérer de l'avenir de notre élément, s'il n'était point en état de faire justice des clameurs &es valets ministériels de la Minerve, de L'Evénement, du Tri uvien, du Canada, etc., des Royal, des Joncas, des White, etc., de toute la cohorte des exploiteurs pour lesquels la politique est un métier, un moyen de faire de l'argent ou de s'assurer pour l’âge mûr une vie paisible et bien rémunérée dans le service civil.

Qu'irnportent à ce monde de parasites l'honneur, la justice, la bonne foi, la verité ?

Pour eux, M. Laurier est l'ennemi, parce qu'il est un obstacle à leurs convoitises, et qu'il met en péril leurs plus chères espérances,

Page 1