‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 48 sur 84 · RÉPONSES À QUELQUES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSES À QUELQUES OBJECTIONS

Les journaux et les orateurs ministériels disent : les catholiques du Manitoba n'ont pas demandé le désaveu des lois scoïaires de 1890, ils ont préféré avoir recours aux tribunaux, donc on ne peut accuser le gouvernement conservateur d’avoir manqué à son devoir en ne désavouant pas les lois en question.

Les faits et les dates répondent péremptoirement à ce faux allégué. Comme nous l'avons dit déjà, les lois scolaires du Manitoba furent sanctionnées var le lieutenant-gouverneur Schultz, le 31 mars 1890, et le 7 avril de la même année, Mgr. Taché et M. Bernier, surintendant de la section catholique du bureau de l'éducation, présentèrent au Gouverneur-Général en conseil une requête dans laquelle ils demandaient le désaveu.

La pétition des évêques, en date du mois de mai 1894, demande le désaveu de la loi scolaire de 1894. (Voir requête, page 19 de cette brochure.)

Le désaveu a été demandé ; il n'a pas été exercé — parceque l'élément tory-orangiste domine l’organisation du parti soi-disant conservateur,

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L'AFFAIRE DES ÉCOLES DE l'ILE DU PRINCE EDOUARD:

Pour s'excuser, les meneurs bleus disent : M. Laurier a pour alliés des hommes comme M. Davis, par exemple, qui a aboli les écoles séparées à l’Ile du Prince-Edouard,

Ceci est une fausseté.

En 1877, un gouvernement composé de conservateurs et de libéraux, dont M. Davis était le Premier Ministre, proposa à la législature une loi scolaire destinée à améliorer le système d'éducation jusque-là en existence,

Mgr. Mcintyre demanda le désaveu de cette loi, en soutenant qu’elle abolissait les écoles séparées auxquelles, d'après Sa Grandeur, les catholiques avaient droit en vertu de l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord,

il fut établi de la plus indubitable façon que jamais aucune loi n'avait permis l’existence d'écoles séparées ; que lors de l’union de cette Province au Canada en 1873, telles écoles n’existaient point par la loi, et qu'elles n'avaient pas été établies depuis.

Les catholiques n'avaient donc aucun droit acquis, et en conséquence M. Laflamme, ministre de la Justice dans le Cabinet Mc- Kenzie, déclara qu'il n’y avait point lieu à l'intervention du pouvoir fédéral.

M. Kribbs, un journaliste conservateur très en vue, dans une brochure qu'il vient de publier sur la question des écoles du Manitoba, discute cette affaire de l’Ile du Prince-Edouard, et conclut en ces termes un exposé des faits :—

‘11 n'est pas besoin de faire des commentaires sur ces faits. En un mot, il est clairement prouvé que l'Ile du Prince-Edouard n'avait pas d'écoles séparées établis par la loi au temps de son union avec le Canada, que ja Province n'en avait pas établi subséquemment par aucune législation, et qu’en conséquence aucun appel ne pouvait être fait au gouveineur- ‘général en conseil, attendu qu'aucun droit susceptible d'être affecté n'avait été atteint.” (Page 20.)

Rien de plus clair ; il n'avait jamais existé par la loi d’écoles séparées à l’Ile du Prince-Edouard, et la législation de 1877 n’empiétait sur les droits acquis de personne,

Mais Mgr. Mclntyre avait dépensé, lui-même, des sommes d’argent considérables pour construire dans la ville de Charlottetown des écoles catholiques. Et il se plaignait que la nouvelle loi scolaire, qui forçait les catholiques à contribuer au maintien des écoles publiques, constituait à son égard une injustice.

Un arrangement intervint, par lequel le gouvernement s'engagea à payer à Sa Grandeur l'intérêt sur les sommes qu'elle avait déboursées ;

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