‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 62 sur 84 · UN COUP D'ŒIL SUR LE PASSE · texte numérisé non relu

UN COUP D'ŒIL SUR LE PASSE

Ce qui se passe aujourd’hui est la répétition de ce qui s'est passé en 1890 et en 1891.

Disons-le encore. Le gouvernement fédéral avait le pouvoir d’anéantir les lois adoptées par la législature en 1890, Au lieu d'exercer ce désaveu, le gouvernement obtint le consentement tacite des représentants de la minorité catholique, de substituer à ce désaveu un appel aux cours de justice, Les élections générales de 1891 se firent avec le nom de Mgr L'Archevêque Taché, A ceux qui reprochaient au gouvernement de nepasavoir désavoué les lois du Manitoba, on répondait: “Mgr Taché se déclaresatisfait, Qu'avez-vous à dire ?”

Le résultat en face duquel nous sommes aujourd'hui prouve que Mgr Taché avait été odieusement trompé, et avait consenti, par un excès de confiance dans les hommes du pouvoir, x l'adoption de moyens qui ont tourné à la ruine des droits de: la minorité catholique et française,

L'Acte Remédiateur soumis au Parlement est plus dangereux encore, à notre avis, que les appels judiciaires adoptés en 18917.

es Cir-

ité se a pas Jo et Privé verne-

ement Mani- , M.

t avec rte à, mposé charge à et la s d'un | pour offres enant, aucune souffre

passé

d'anércer ce repréappel t avec ent au répon- D ?!

e que par un ion de olique

vereux

Les journaux conservateurs déclarent que la conduite du gouvernement a l'approbation des évêques. Nous ne savons ce que valent ces rumeurs. Quand même elles seraient confirmées, elles ne changeraient pas notre manière de voir sur cette grave question.

Le Révérend Père Lacombe, missionnaire du Nord-Ouest, est depuis plusieures semaines à Ottawa en communication avec les ministres. Il a été amené à accepter ce prétendu Acte Remédiateur, A quelqu'un qui lui disait : “ Mais, mon Père, il n'y a rien de nature à vous satisfaire dans cette loi-là ; elle ne donne aucun avantage à la minorité ” ; le brave Père a répondu : “ Nous avons des promesses privées ”

Il n'y a pas un missionnaire plus dévoué que le père Lacombe. Mais il est dépourvu de toute expérience politique, et son jugement en une mativre d'aussi haute importance pour le Canada ne peut être accepté par des hommes dont les connaissances en politique sont cent fois supérieures aux siennes.

Or, c’est sur son opinion que les évêques s'appuieraient pour donner leur approbation à la loi remédiatrice. Dans sa lettre à M. Laurier, en date du 20 janvier, il s'y intitule le représentant des évêques. Nous avons le plus grand respect pour le caractère du Père Lacombe, mais nous ne pouvons fermer les yeux sur sa complète inexpérience politique et sur ce que nous nous permettrons d'appeler sa naïveté. Il a été complètement circonvenu et trompé par les hommes qui, depuis 1891, ont réussi à échapper à leurs responsabilités et à l'accomplissement de leur devoir dans cette affaire des écoles. Cette loi affecte non seulement la minorité catholique dans Manitoba, mais elle a une portée immense sur l'avenir du pays. Son adoption n'aura, comme nous l’avons expliqué, aucun résultat avantageux pour la minorité, etelle ne saurait manquer de déchaîner une formidable agitation contre les Canadiens-Français et contre les catholiques.

Un grand nombre de partisans du gouvernement sont résolus à voter contre l’Acte Réparateur, Et c'est au moyen du vote des députés libéraux que le gouvernement espère combler les vides causés dans ses rangs. En d’autres termes, il rejettera sur les Canadiens-Français la responsabilité de l'adoption de cette loi.

Page 1