‹ La question des eczémasChapitre 34 sur 70 · EXPOSÉ DE LA QUESTION · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE LA QUESTION

Si le lecteur a bien voulu parcourir les divers documents que nous lui avons déjà mis sous les yeux, il doit comprendre que les théories les plus contradictoires sont actuellement émises sur la pathogénie de l'eczéma. Elles se relient, d'ailleurs, assez intimement aux théories

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que nous venons d'examiner à propos de la constitution clinique de ce groupe.

Pour que l'on ne s'égare pas au milieu des nombreux documents que nous allons analyser, nous allons d'abord en donner une vue d'ensemble.

Les théories pathogéniques de l'eczéma peuvent se ramener à trois principales qui sont :

A. — La théorie locale. — L'eczéma est une dermatose d'origine externe provoquée par des agents traumatiques et irritants divers (chimiques, physiques, etc.), et surtout par le grattage : cette théorie ne nous paraît pas donner d'explication bien satisfaisante de la genèse des eczémas, car les dermatites artificielles ne sont pas de l'eczéma, comme nous l'avons vu ; d'ailleurs, elle laisse trop de faits cliniques complètement inexpliqués. Cependant, on doit en tenir sérieusement compte, car les traumatismes et en particulier le grattage semblent être fort souvent la cause occasionnelle provocatrice de l'apparition de l'éruption.

B. — Les théories dites de cause interne. — Ce sont celles qui font jouer, dans la genèse de l'eczéma, le rôle majeur aux troubles généraux divers de l'organisme.

Elles sont nombreuses ; on peut les classifier ainsi qu'il suit :

a) L'eczéma dépend d'intoxications diverses, mais surtout des ingesta : aliments, médicaments ;

b) 11 dépend d'auto-intoxications diverses : à cette théorie se relie celle qui fait de l'eczéma une des manifestations du ralentissement de la nutrition (arthritisme moderne), et celle qui le considère comme étant une des manifestations de la goutte ;

c) Il dépend de prédispositions individuelles, héréditaires, acquises ;

d) Il dépend de modifications subies par le système nerveux.

e) L'eczéma n'est qu'un mode spécial (par suite de prédispositions individuelles) de réaction des téguments sous l'influence des causes les plus diverses ; cette théorie réunit à peu près toutes les précédentes, les synthétise ; aussi nous paraît-il inutile, après l'avoir formulée, d'encombrer le tableau de l'énoncé de diverses théories mixtes, comme celles de l'arthritisme nerveux, etc.

C. — Les théories parasitaires. — Ce sont celles qui font jouera un agent microbien venu du dehors le rôle principal dans la pathogénie de l'eczéma. Sans les subdiviser comme l'a fait M. le Dr Sabouraud dans l'article que nous analyserons plus loin, nous croyons devoir en distinguer deux :

1° L'une, qui nous paraît a priori peu conforme à la vérité, et qui consiste à faire d'un microbe pathogène l'unique agent tout-puissant de l'eczéma ;

2° L'autre, celle d'Unna, qui considère qu'un microbe pathogène est l'agent actif de l'eczéma, mais qui fait jouer un rôle des plu? importants dans le développement de cette affection à toutes les causes internes que nous venons de mentionner, lesquelles sont des conditions de production et d'amélioration du terrain sans lesquelles le microbe pathogène ne pourrait évoluer.

Telles sont en quelques mots les principales théories en présence. Nous pouvons maintenant, sans crainte d'égarer ou de troubler le lecteur, entrer dans le vif de la question. .

Pour bien faire comprendre toute la complexité du problème, nous allons reproduire le tableau que le Dr L. Duncan Bulkley donne des causes reconnues de l'eczéma. L'auteur les divise en deux grands groupes.

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