‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 14 sur 176 · Espagne 534, fol · texte numérisé non relu

Espagne 534, fol

3. La minate de cette lettre, au quai d'Orsay, est de la main da ministre.

GHOISEUL ET L'aLLIANGE ESPAGNOLE. 43

pas garder le Portugal (que je lui conseillerais très fort de garder, car il lui appartient), il le restituera pour la Saxe et les états du roi son beau-père.

Ces dispositions belliqueuses ne pouvaient pas choquer la cour de Madrid, puisque à cette même date d'Ossun annonçait à Choiseul que le roi et son ministère s'occupaient sérieusement des préparati£3 exigés par une expédition éTentuelle contre le Portugal. On devait rapprocher de la frontière les troupes nécessaires, disposer Tartillerie de siège et de campagne et former des magasins d'approvisionnements. M. Wall, devenu partisan de l'action, estimait alors que l'on devait tout faire pour priver les Anglais d'auxiliaires aussi précieux. Il regardait le Portugal et la Hollande comme les deux bras de l'Angleterre, et il pensait qu'il fallait « ou les couper ou les armer contre leur corps ».

Ghoiseul, que les informations successives et bien différentes du marquis d'Ossun faisaient passer par des alternatives d'espoir ou de découragement, ne pouvait que se réjouir des tendances à la fermeté manifestées alors par la cour de Madrid. U conunençait à croire que le moment de la rupture entre l'Espagne et l'Angleterre approchait enfin, et cela convenait à ses plans, car il était décidé à ne pas entamer de nouveaux pourparlers pacifiques avec Londres. Le roi Louis XV ne se montrait d'ailleurs pas plus disposé que lui à accepter désormais des bases de paix aussi désavantageuses que celles présentées par Bussy.

Il faudrait avoir à traiter avec un second Pitt pour oser négocier sur de pareilles propositions, disait Ghoiseul à d^Ossun. Je sais l'effroi qu'elles m'ont coûté. La guerre est le seul bon parti à prendre... De la fermeté et de la patience ne nous construiront pas des vaisseaux, mais nous feront triompher de nos ennemis ^

Les nouvelles que l'ambassadeur d'Espagne à Londres transmettait à son collègue de Versailles ne semblaient pas indiquer en Angleterre des dispositions aussi belliqueuses que celles manifestées par Ghoiseul et par M. Wall. D'après le comte de Fuen-

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