‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 24 sur 176 · Espagoe 534, fol · texte numérisé non relu

Espagoe 534, fol

2. Ibid. Le rm d'Espagae avait eo de soa côté l'idée d'une eatreprise contre Gibraltar.

26 ALFRED BOUBGUET.

C'est surtout du côté de la mer que Choiseul jugeait indispensable de porter nos efforts communs. Il était à craindre que les Anglais ne vinssent insulter et peut-être envahir les États du roi des Deux-Siciles, renouvelant ainsi contre son fils les mesures violentes qui avaient semé dans l'àme de Charles III le germe de sa haine envers eux. Pour parer à cet inconvénient, ce n'étaient plus des troupes qui étaient nécessaires. Il faUait, suivant le mot du ministre français, « opposer des escadres à d'autres escadres ». Voilà pourquoi il songeait à employer les vaisseaux que l'on armait à Toulon et qu'il avait primitivement destinés au Canada avec des troupes de débarquement contre Halifax et l'Acadie. Si le roi d'Espagne estimait utile de les conserver dans la Méditerranée, on pourrait les tenir prêts à partir pour Messine. Il importait seulement d'être fixé le plus rapidement possible sur ce point, car les dispositions à prendre étaient différentes suivant que cette flotte aurait à opérer en Acadie ou devant Messine.

En ce qui concernait l'escadre de Rochefort, Choiseul comptait faire l'impossible pour qu'elle opérât sa sortie. « Rien n'est plus difficile, écrivait-il à d'Ossun, mais /y mettrai tous les soins possibles, tout ce que fai de patience et même des risques. » Puis, après avoir parlé de l'emploi qu'on pourrait en faire soit contre la Jamaïque, soit pour secourir la Martinique ou pour défendre Saint-Domingue, le ministre ajoutait :

L'automne prochain; j^aurai infiniment plus de moyens de marine que je n'en ai et je vous assure que je suis bien déterminé à les employer.

Il terminait enfin par ces lignes qui peignent tout entière la fière énergie inspiratrice de sa conduite :

Je vous supplie de prévenir en Espagne que Ton ne s'épouvante pas si nous avons des échecs; premièrement, j'y suis accoutumé, ils ne me découragent pas; secondement, à force d'en avoir, nous en ferons éprouver à nos ennemis. La constance et le courage ont un mérite qui leur donnent tôt ou tard l'avantage*.

Tant de fermeté et de persévérance méritaient un meilleur sort. L'on se prend à plaindresincèrementChoiseul quand on pense au

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