‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 26 sur 176 · SORCELLERIE EN LORRAINE A LA FIN DU XVF SIÈCLE · texte numérisé non relu

SORCELLERIE EN LORRAINE A LA FIN DU XVF SIÈCLE

(Suite et finK)

Après avoir esquissé l'histoire de la vie de Nicolas Remy, nous devons examiner de près sa Démonolatrie, sur laquelle il comptait pour faire passer son nom à la postérité et pour le rendre célèbre dans les temps les plus reculés; il ne se trompait que sur la nature de la célébrité que lui devait valoir son ouvrage.

En quoi consistait, d'après Nicolas Remy, le crime de sorcellerie? Nous avons déjà dit qu'au cours du xvi* siècle la croyance au Diable est générale. En Lorraine, le Diable porte les noms les plus divers. On l'appelle maître Persin, parce qu'il apparaît sous une couleur vert foncé; il se nomme encore maître Léonard, Napnel, Jolibois, Sautebuisson, etc. Parfois l'on fait une distinction entre ces sortes de démons : ce sont des personnages différents subordonnés l'un à l'autre. Le Démon apparaît sous des formes diverses aux personnes qu'il veut conquérir ; il pince ses victimes au front, pour enlever le baptême, et les invite à assister au sabbat, qui a lieu sur une lande déserte, en un endroit écarté des habitations. Les sorcières se frottent d'un onguent et sont transportées à ce sabbat en général sur un balai ou bien sur un bouc. Ce sabbat a lieu en Lorraine le samedi et le mercredi, les démons étant occupés les autres nuits ailleurs'.

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