Gant, de Pont-à-Moasson
mCOUS RBUT ET LA SORCELLERIE EN LORRAINS. 44
nombreux; il avoue par exemple qu'en juillet 1581 Didier Finance, de Mandray S a échappé au supplice en s'enfonçant dans la gorge un couteau qu'on avait oublié près de sa main, et il ajoute : « Il me souvient qu'en cette année et l'année précédente il s'est trouvé en Lorraine environ quinze personnages qui se sont fait justice à eux-mêmes, pour ne pas être un exemple à tous*. » Remy a horreur de ces morts : « J'ai hâte, écrit-il, d'en venir à des procès qui eurent de meilleures issues, — ad ea quae exitus meliores hdbuerunt », — et il raconte les supplices de Jeanne, sorcière à Ban-sur-Meurthe, d'Anne Drigie, de Haraucourt, et de Didier Gérard, de Vennezey 3. Le bourreau ne perdait pas tout droit si la victime se donnait la mort. Le cadavre était exposé aux fourches patibulaires et ensuite brûlé.
La sentence définitive, une fois rendue, était aussitôt mise à exécution. Un confesseur devait préparer la sorcière à la mort; et nous pourrions répéter des confesseurs ce que nous avons dit des médecins; jamais l'un de ceux qui avait reçu les dernières confidences des victimes n'a protesté de leur innocence; si l'accusé niait encore au tribunal de la pénitence, le confesseur attribuait ces dénégations à une méchanceté endurcie et aux ruses du Démon ^. La condamnée, avant le supplice, était exposée quelques minutes au carcan. Â Nancy, cette exposition avait lieu sur la place Saint-Èvre, tant que les prisons furent à la porte de la ^ Craffe. Plus tard, elle eut lieu dans la Ville-Neuve, sur la place du Marché, devant l'hôtel de ville. Au-dessus de la malheureuse, on plaçait un écriteau indiquant son crime : guenoche et sorcière. On la livrait à la risée d'une multitude sans pitié et qui lançait d'ignobles injures. Après l'exposition, la sorcière était menée au supplice. Au début, devant le portail de l'église Saint-