Affluent de droite de la Selenga
BELiTIOI<(S DE LA RUSSIE aVEC Li CHIPTË. 40
frontière du nord; Nertchinsk, plus à Test, plus éloignée que Selenginskdu théâtre des hostilités, serait le lieu de la rencontre. Dans ces conditions, le rôle de Loginov était terminé; il s'effaça devant Golovin. Les conférences commencèrent à Nertchinsk à partir du 12 août 1689. Les PP. Gerbillon et Pereira, qui accompagnaient le ministre chinois Songotou et ses compagnons, jouèrent un rôle actif dans les négociations. La défection des Braies ou Mongols Bouriates et des Onkotes, qui passèrent aux Chinois sous Nertchinsk même, au milieu d'août, la faiblesse de la petite armée de Golovin et des garnisons de Sibérie obligèrent l'ambassadeur russe à des concessions. Par le traité de Nertchinsk (27 août-6 septembre 1689), Albazin dut être rasée, Ârgoun déplacée sur la rive nord de la rivière du même nom ; la Gorbitsa, petite rivière qui se jette dans la Chilka, formait limite entre la Russie et la Chine. A l'est de la Gorbitsa, la frontière était laissée indécise jusqu'à une nouvelle ambassade. On décidait seulement qu'elle passerait par la chaîne de montagnes qui sépare la Gorbitsa du Toungir (c'est-à-dire le bassin de l'Amour de celui de la Lena) et se prolongerait à Test par les « Monts de pierre >, « Kamennyia gory », et la rivière Ouda, qui ne représentaient à cette époque que de vagues indications géographiques. Les « transfuges » ^ devaient être désormais extradés, les relations commerciales développées.
Ainsi, la Chine avait forcé la Russie à reculer. Une section de la frontière se trouvait délimitée. Mais l'œuvre de partage restait encore inachevée, tant à Touest de Nertchinsk qu'à l'est. Ce fut la tâche des ambassades suivantes de chercher, du côté de la Russie, à développer les rapports commerciaux; pour la Chine, à compléter la démarcation de son territoire.
Le traité de Nertchinsk était à peine signé que les Ealmouks offrirent aux Russes une occasion de prendre leur revanche. A la nouvelle du traité, désavantageux pour les Russes, Galdan leur adressa, à Nertchinsk et à Irkoutsk, ses émissaires. Le 22 février 1690, ils rencontrèrent à Irkoutsk Golovin, qui s'en retournait à Moscou. Ils lui remirent une lettre de Galdan, où il excitait les Russes à une action, de concert avec lui, contre les Mongols. Golo-
1. Il faot entendre par a transfages i les gens qni passaient la frontière de Ton on l'antre empire sans antorisation spéciale. Russes et Chinois les considéraient comme des déserteurs.
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Tin, dans sa réponse, encouragea le Eontaicha^ k la guerre, mais déclina toute alliance offensive. La Chine aurait appris la réserve de l'ambassadeur russe et en aurait témoigné sa satisfaction : cette conduite lui permit de se tourner tout entière contre Gaidan, de le vaincre à Oulanboutoun (1690), de l'anéantir en 1696. La Russie ménageait la Chine, autant à cause de son propre épuisement que dans l'intérêt de la paix et du commerce. Elle entendait appliquer désormais tous ses efforts au développement de ses relations commerciales avec l'Empire du Milieu.
Aussi fit-elle choix d'un agent de commerce, trois ans après le traité de Nertchinsk, pour la représenter à Pékin. L' « Envoyé » Izbrant se qualifie de marchand danois. Il faisait du trafic par mer à Arkhangelsk. La coifr de Russie lui confia une mission commerciale en Chine : il devait fournir un rapport exact sur les produits d'importation et d'exportation entre la Russie et la Chine et essayer d'attirer les marchands chinois à Moscou et dans toute la Russie. Il devait aussi s'informer secrètement des intentions du Bogdy Ehan^ sur la partie de la Daourie (ou Transbaïkalie) laissée indivise. Parti de Moscou le 14 mars 1692, Izbrant resta à Pékin du 3 novembre 1693 au 19 février
1694. Admis à l'audience impériale, il ne put faire accepter ni la € Gramota »' des tsars ni les présents dont il était chargé. Les Chinois alléguèrent que, dans cette pièce, les titres de leur maître étaient écrits au-dessous des qualifications des tsars et y virent un manque de respect. Izbrant se vit obligé de revenir sans avoir pu remplir sa mission. Tout au plus fut-il en état de donner quelques indications, d'après le dire des Jésuites, sur les dispositions pacifiques de K'ang-hi et d'apporter un petit nombre de remarques sur le commerce. De retour à Moscou, le 1®' février
1695, il transmit une lettre datée du cinquième jour, deuxième mois de la trente-troisième année de E'ang-hi. Elle lui aurait été donnée par les ministres de l'empereur en réponse aux prétentions qu'il leur avait exposées point par point, suivant ses instructions. La lettre est écrite en très mauvais russe, et, avec