Sur ce mot, Toir ci-dessos, p. 48, d
2. Nom qae les Basses dooaeat à l'emperear de Chine. Il parait dérlré da mot mongol c bogdo i, « saint ».
3. a Gramota », c lettre i, était le nom réseryé aux communications ofilcielles du Collège (Hinistère) des Affaires étrangères, du Saint-Synode, etc.
RELATIOIfS DE Ll EUSSIE AVEC LÀ CHIITE. 54
les difficultés de lecture, il est à peu près impossible de l'entendre pleinement^. Elle semble indiquer que la frontière n'est pas encore établie du côté de la Mongolie et que les Chinois reçoivent les marchands étrangers en Chine mais ne sortent pas de leur propre pays.
Cependant, les relations de la Chine et de la Russie avec les Kalmouks gardaient, en se prolongeant, un caractère différent pour l'une et pour l'autre puissance. Si Galdan se vantait à tort de secours importants que lui auraient fournis les Busses, du moins est-il sûr que les rapports de la Russie avec les Kalmouks restèrent amicaux dans les vingt-cinq années qui suivirent le traité de Nertchinsk (1689-1714). De part et d'autre, on échangeait des ambassades, et les Boukhariotes, agents commerciaux du Eontaicha, trouvaient facilités et même faveurs pour leur trafic en Sibérie. La Chine, au contraire, continuait ses campagnes contre les Ëleuthes. A Oaldan avait succédé son neveu, Tsevang Raptan (1697), qui, non seulement reprenait la politique agressive de Galdan, mais cherchait, par des alliances ou par la force, à se constituer un vaste empire en Asie centrale, au détriment des Mongols, des princes du Eoukou Nor, du Tibet.
Est-ce au désir de susciter sur les derrières de Tsevang Raptan un adversaire inopiné qu'il faut attribuer l'envoi par la Chine d'une ambassade aux Tourgoutes de la Volga en 1713? T'ou-li-tch'en en fut le chef. Il déclare que ses instructions lui interdisaient de conclure avec les Tourgoutes une alliance offensive contre les Éleuthes. S'agissait-il alors d'obtenir d'eux une neutralité favorable? Faut-il croire que la Chine se fût exposée aux difficultés d'une ambassade à travers la Sibérie pour avertir le khan des Tourgoutes, Aïouk, que son neveu, Ârabtchour^, était retenu et bien traité à Pékin? Reste une hypothèse : elle est exprimée par Glazounov, secrétaire du Collège (Ministère) des Aflbires étrangères, qui avait mission officielle d'accompagner les ambassadeurs chinois en Russie à leur voyage de 1731. Fon-
1. Aagftî, sar la demande de la Rassie, le Li-fan-yoan, sorte de Ministère chinois des Alblres étrangères, ajoata-t-il désormais nne tradnction en latin à ses lettres en mongol et en rnsse.
2. Ce prince était parti, plasiears années anparaTant, en pèlerinage an Tibet. A son retour, il arait trouTé la ronte coopée par les armées kalmoukes. Il s*était alors dirigé vers la Sibérie par Pékin. Mais là, il semble qu'on Pait gardé comme otage, dans une sorte de demi-captiTité.
a GASTON GAHEN.
dant son opinion sur le dire des personnages mêmes de l'ambassade, il prétend que l'ambassade de Touli-tch'en, en 1713, aurait eu pour but d'engager les Tourgoutes à revenir dans l'empire chinois*. Si, sur la foi de T'ou-li-tch'en, on écarte l'idée d'une proposition d'alliance offensive entre la Chine et les Tourgoutes contre les Éleuthes, le dessein indiqué par Glazounov paraît fort vraisemblable. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la Chine se montra satisfaite de l'accueil fait en Sibérie et en Russie à son représentant et le témoigna par une lettre datée du 27, troisième mois, cinquante-cinquième année de K'ang-hi, ou 18 avril 1716. Elle alla plus loin encore. A cette époque (1716), le gouverneur de la Sibérie, le prince Mathieu Pétrovitch Oagarin, envoyait une expédition militaire, sous la conduite du lieutenant-colonel Boukholts, à la recherche du sable aurifère d'Yarkand, ville qu'on croyait toute proche de Tobolsk. Remontant l'Irtych, la petite colonne se heurta, vers le lac lamychev, à un parti de Ealmouks et subit un désastre ; elle dut rétrograder. La nouvelle de cette tentative malheureuse (qui fut une des causdâ de la disgrâce de Gagarin) parvint jusqu'à Pékin. La Chine y^saisit aussitôt un prétexte à intervention, et, par lettre du 13, troisième mois, cinquantesixième année de K'ang-hi, ou 23 avril 1717, se référant à une lettre antérieure, elle proposait à la Russie une alliance offensive contre le Kontaicha. Si cet accord ne réussit point à se nouer, du moins la Chine ménageait-elle la Russie.
Celle-ci vit dans des dispositions si favorables un gage de suc* ces pour une ambassade. La Russie avait toujours l'esprit fixé sur les intérêts de son commerce. En outre, le bruit des expéditions chinoises en Dzoungarie l'inquiétait : il lui importait d'être fixée sur les forces et les ressources de ses adversaires. Aussi l'envoi d'une ambassade décidé, un ojQScier en fut-il le chef : le capitaine de la garde du corps Léon Izmaïlov. U avait à recueillir toute information concernant l'armée et la guerre des Chinois; mais c'est sur les rapports commerciaux avant tout que portent les instructions du Collège des Affaires étrangères et celles du Collège du Commerce. C'est pour le commerce que lui est adjoint le Suédois Lorents (Laurent) Lang, qui avait déjà fait le voyage de Chine (avec le médecin Harvin en 1716-1717)*. Chercher à
1 . Les Tourgoutes aralent passé dans les bassins du Kouban, du Jaïk (Oural) et de la Volga vers le milieu du xvii* siècle.
2. Parmi les personnages de Tambassade d'Izmaïlov se trouraient encore
REUTIO!<fS DB LA RUSSIE AYEC LA GHIFfE. 53
développer les rapports commerciaux entre la Russie et la Chine, et, à cet effet, demander l'admission d'une caravane tous les ans, obtenir la liberté du commerce avec exemption des douanes dans tout Tempire chinois, la création d'un tribunal de commerce, l'établissement d'un agent consulaire à Pékin, d'un sous^agent en province, enfin, négocier pour la fondation d'une église orthodoxe à Pékin, tels sont les principaux points de ces instructions. Izmaïlov avait ordre d'employer les jésuites à ses desseins; pour prix de leurs services, leur correspondance serait admise à passer par la Sibérie. Pour éviter tout froissement, dans la « Gramota » impériale, les titres de l'empereur de Chine étaient énumérés, et le tsar n'avait mis que son prénom. Izmaïlov quitta Saint-Pétersbourg le 16 juillet 1719, fut à Pékin du 18 novembre 1720 au 2 mars 1721 et rentra à Moscou le 13 janvier 1722. Malgré les exigences de T'ou-li-tch'en (après son ambassade il paraît chargé des affaires avec la Russie), Izmaïlov trouva des dispositions conciliantes et jouit du meilleur accueil. Il consentit à écrire directement au prince Tcherkaskii, gouverneur général de la Sibérie, au sujet de sept cents transfuges réclamés par la Chine. Cette satisfaction et surtout les heureuses nouvelles parvenues de Dzoungarie (succès de la Chine en 1719 et 1720) agirent favorablement sur les Chinois. Si l'Envoyé extraordinaire ne put arriver à signer un traité de commerce, il réussit du moins à obtenir l'entrée de la caravane et le droit de séjour pour Lang. Un terrain fut cédé pour la future église, qui devait être pourvue d'un archimandrite. L'empereur lui-même donnait des marques de bienveillance; déjà il avait soldé sur sa cassette personnelle les dettes des marchands chinois envers les Russes. E'ang-hi eut encore avec Izmaïlov plusieurs entretiens amicaux. A l'audience du 28 novembre 1720, il indiquait pour les marchands russes, — peut-être avec une arrière-pensée politique, — l'Irtych comme la voie la plus courte de pénétration en Chine. A ce moment, toutes les pensées de la Chine étaient tournées vers les Ealmouks ; sur eux et sur les forces militaires des Chinois, le capitaine sut rapporter des renseignements précis. Enfin, à la faveur des circonstances et sous l'habile direction de Lang, il
Gla2oiinoY comme secrétaire (le même qui accomfMgoa ensuite Sara Vladlsla- ▼itch en Chine en 1727-1728 et les amiMssadeurs chinoise Moscoa en 1731), le médecin J. Bell, qni écrivit une relation de son voyage, parue seulement en 1763, et rarclûmandrite dlrkoutsk, Antoine Platkovskii.
54 GiSTON CiHEIf.
semblait que le commerce russe en Chiue fût appelé à prospérer.
Il n'en fut rien, et ce sont encore les rapports de la Russie avec les Ealmouks qui expliquent le revirement de la Chine. Bien loin de chercher à venger Téchec du lamychev, la Russie, dans les années suivantes, s'efforça d'amener le Eontaicha à sa clientèle, comme elle l'avait fait pour le khan des Tourgoutes, Aïouk. Iv. Dm. Tchérédov, dépêché de Tobolsk à Tsevang, le 28 juin 1719, resta auprès de lui jusqu'au 9 janvier 1721. Il obtint du Kontaicha une vague promesse de soumission, à la condition que les Mongols lui fussent livrés comme les Mangoutes à Aïouk. L'envoyé que Tsevang adressa en 1721 à Saint-Pétersbourg, Borokourgan, repartit, accompagné du capitaine d'artillerie Ounkovskii, chargé de conclure avec le Ealmouk un traité ferme. Malgré une année d'efforts (17 novembre 1722 au 18 septembre 1723), il ne semble pas qu'il y ait réussi, et un nouvel agent kalmouk, Darja, s'en vint en Russie continuer les n^ociations. Mais ces relations avaient éveillé la défiance de la Chine. Ses dispositions conciliantes ne tardèrent pas à se changer en malveillance, puis en animosité contre la Russie. Lang, resté à Pékin après le départ d'Izmaïlov, fut obligé de s'en retourner avec la caravane d'Istopnikov (11 juillet 1722). De Selenginsk, il ne put, durant les trois années suivantes, que relever l'attitude des Chinois, chaque jour plus hostile; malgré un oukaze du 4 juillet 1722, ordonnant de rechercher et de rendre à la Chine ses transfuges, dès la fin de 1722, les Russes sont expulsés d'Ourga ; l'évêque Eoultchitskii, nommé à Pékin en remplacement d'Uarion (mort vers 1719), ne peut franchir la frontière. La caravane de Tret'iakov n'est pas admise.
Cependant, la Chine désirait tourner toutes ses forces contre les Eleuthes. Pour ce dessein, la paix définitive avec la Russie était nécessaire. La Chine laissait paraître ce souci par l'envoi successif à la frontière russe de personnages chargés de se faire livrer les transfuges, et, au besoin, d'engager des négociations diplomatiques générales. Lang relevait cette attitude, en signalait le caractère conciliant. D'autre part, la Russie connaissait les difficultés de la Chine dans ses campagnes contre les Eleuthes et la misère des Mongols, que les incursions continues des Ealmouks avaient ruinés. L'occasion lui sembla propice pour tenter une action diplomatique importante et obtenir des avantages.
Elle disposait alors de quelques agents remarquables : Lang,
^Jinitized by VjOOQ IC
BELÀTIOEVS DE LÀ RUSSIB AYBG LA CHINE. 55
qu*an séjour de plusieurs années en Chine et à la frontière rendait précieux pour les intérêts du commerce ; le comte dlUyrie Sava Yladislavitch^ jadis marchand de fourrures, que son âge (il était né en 1668), son expérience des affaires et son intelligence peu commune recommandaient aux faveurs de la cour. L'ambassade qu'il eut à diriger est plus considérable, — par son ampleur et ses résultats, — que toutes les autres. C'est le plus Taste effort diplomatique, dans les rapports de la Russie avec la Chine, depuis les origines jusqu'à la seconde moitié du xr^* siècle. Cette ambassade réunit les caractères de chacune des précédentes; mais l'expérience avait appris à diviser la tâche. A Sava Yladislavitch étaient réservées les discussions diplomatiques; Lang devait l'aider dans le règlement des affaires commerciales. Le commissaire Kolytchov, précédemment chargé de délimitation de firontières en Turquie et en Pologne, avait mission de lever une carte et d'y proposer la démarcation des territoires. Les forces militaires étaient placées sous la direction du colonel Boukholts ; enfin, deux clercs de Moscou accompagnaient l'ambassadeur comme élèves de chinois. Ajoutez que Sava Yladislavitch disposait encore du personnel de la caravane, administrée par Alex. Tret'iakov puis (2 mai 1726) par D. Molokov, et des géodésiens mis au service des commissaires. Ses instructions répètent celles d'Izmaïlov (importance prépondérante du commerce, — admission de la caravane, — liberté des transactions, — établissement d'un agent consulaire, — entremise des jésuites). Elles lui ordonnent, en outre, de trancher les différends relatifs aux transe fuges et de proposer un accord pour la frontière, — de chercher à introduire en secret l'évêque Koultchitskii, — de s'informer des forces militaires de la Chine et du Kontaicha. Une aussi grosse entreprise ne put s'exécuter d*un coup. Pendant que les commissaires Kolytchov , pour la Russie, et Longotou, pour la Chine, opéraient à la frontière, Sava Yladislavitch, parti de Saint-Pétersboui^ le 12 octobre 1725, arrivé à Pékin le 21 octobre 1726, entrait en communication directe avec les ministres de Yong-
t. Dans aocan des très nombreux docaments des archives rasses qui le concernent H n'est désigné autrement qne par ces deux noms. Le second, malgré sa désinence usitée pour les noms patronymiques russes, est le nom de famille. Cf., par exemple, les ObrenoTitch, etc. L'épithète de c Ragousinskii i, qu'on lui attribue parfois, signifierait c de Raguse i . On ne la trouve nulle part dans les archives russes de Moscou.
56 GASTON GAHBN.
tcheng. Grâce aux dispositions pacifiques de Tempereur, grâce k la remarquable intelligence du représentant de la Russie, après trente conférences, un projet de traité, présenté par Sava Vladislayitch le 19 janvier 1727, était adopté dans ses grandes lignes. C'est sur place, à la frontière même, que dut se conclure l'accord définitif. Longotou, par son obstination à ne céder aucune parcelle du territoire mongol, faillit compromettre toute l'œuvre. Rappelé le 8 août 1727, ses pouvoirs passèrent à ses compagnons, Tsyren Van, chef mongol, gendre de l'empereur, que Sava sut circonvenir, et T'ou-li-tch*en. Un traité préliminaire fut signé sur la Bouria le 20 août 1727; le 27 octobre de la même année et le
17 mai 1728, les commissaires Glazounov, pour la partie à l'est de Selenginsk, et Kolytchov, pour l'ouest, échangeaient avec leurs collègues chinois les instruments fixant la frontière. Enfin, le 14 juin 1728 intervenait le traité définitif ou traité de Kiakhta. Il établissait, sur une longueur de près de 4,000 yerstes, la frontière russo-chinoise, depuis les états du Eontaicha kalmouk jusqu'aux territoires du bassin de l'Amour laissés indivis. Comme par le passé, les transfuges devaient être rigoureusement extradés. Suivant les vues de l'ambassadeur, le commerce était interdit en Mongolie et reporté dans deux places-frontière, Kiakhta, sur la Selenga, et Tsouroukhaïtou, près de Nertchinsk. Une seule caravane était admise tous les trois ans à Pékin. La mission orthodoxe à Pékin avait le droit de s'adjoindre, entre autres, six élèves de langues mandchoue et chinoise. Revenu à Moscou le
18 décembre 1728, Sava Vladislavitch put se flatter d'avoir remporté un véritable succès : il avait mis un terme à ces irritantes questions de déserteurs et de frontières, pendantes depuis le traité de Nertchinsk, donné au commerce un appui solide par la création de Kiakhta, par la réorganisation des conditions d'échange. Enfin son activité s'était étendue sur tous les domaines, et c'est presque une transformation complète de la Sibérie que produisent ses conseils; les places de la frontière sont restaurées pour pallier l'effet déplorable des révélations de T'ou-li-tch'en sur la faiblesse militaire de la Sibérie^ ; les gouverneurs sont rappelés à l'obser-
j . T'oo-li-tch*en écriTit ane relation de son voyage intitnlée : Journal d'une mission à l'étranger, Voy. Coarant, Cat., Bibl. nat., fasc. t, n* 1889. Le liTre parât en roandchoa et en chinois. La traduction anglaise de Staanton : Narrative of the Chinese Embassy to the khan of ihe Tourgouth Tartars in ihe years, 1712, 13, i4... London, 1821 (voy. Cordicr, Bibl. ain., I, col. 263), est
RELAnONS DE Là RUSSIE AVEC LA CHINE. 57
vation stricte de leurs devoirs; les fraudes des marchands, les abus de tous genres sont relevés et autant que possible prévenus. Enfin cette ambassade a servi l'histoire et la géographie par les explorations et travaux cartographiques qu'elle amena, par rétablissement à Pékin de ces élèves interprètes dont quelques-uns devinrent des traducteurs et des savants.
A peine dégagée de ses négociations avec la Russie, la Chine se tournait à nouveau contre les Éleuthes. Dès 1729, elle reprenait l'offensive et cherchait à appuyer ses opérations militaires dune action diplomatique. Une ambassade spéciale, ménagée par une ambassade et des présents à la cour de Russie, partait en 1731 chez les Tourgoutes de la Volga. Elle devait exciter contre le nouveau Kontaicha kalmouk, Galdan TcherenS son fils Loouzang Chonon et son beau-frère Lozon Tcheren, tous deux réfugiés sur la Basse-Volga. Peut-être aussi prolongeait-elle l'ambassade de T'ou-li-tch'en en conseillant la transmigration des Tourgoutes en Chine. En tous cas, la Russie s'inquiéta : une seconde ambassade chinoise, arrivée à la frontière russe le 27 avril 1732, était admise à porter ses présents^ à la cour; mais de nouveaux envoyés aux Tourgoutes se voyaient refuser le passage par la Sibérie. La Chine, battue par les Ealmouks en 1731 au lac Khotoun Eourkha près de Kobdo, prenait sur eux sa revanche en 1732, grâce à l'appui du prince mongol Tseren. A l'avènement de K'ien-long, les négociations pour la paix n'étaient pas terminées. Durant la plus grande partie du xvm* siècle, les relations respectives de la Chine et de la Russie avec les Ealmouks gardèrent une importance primordiale pour les rapports diplomatiques et commerciaux des deux puissances.
Jusque-là, les intermédiaires indispensables entre les deux pays avaient été les jésuites. C'est eux qui parlaient latin aux conférences de Nerichinsk, eux qui traduisaient en latin les lettres du Li-Can-yuan à la cour de Russie. Aussi leur rôle est-il intéressant à considérer au milieu des exigences et des persécutions des deux cours. Du temps de l'empereur E'ang-hi> ils trouvaient protec-
faite flor le texte chioois. Le texte mandchoa a été pour la première fois traduit par un des élèves de la mission orthodoxe de Pékin, qni partit en Chine anssitdt après le traité de Kiakhta, Rossokhin. Sa traduction est imprimée dans Muller, Ejémiésiaichnoé SotcMnénié, 1764.