‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 41 sur 176 · RELITIONS DB LA RUSSIE AYBG LA CHINE · texte numérisé non relu

RELITIONS DB LA RUSSIE AYBG LA CHINE

tance des jésuites diminuait avec l'empereur Yong-tcheng; d'autre part, la Russie sentait la nécessité de traducteurs pour le chinois, le mongol, le mandchou : une lettre en chinois du Li-lanyuan, reçue le 3 mars 1725, avait dû être renvoyée à Selenginsk &ute d'interprètes et n'arriva traduite an Collège qu'un an après; Izma'flov avait éprouvé des difficultés à recruter un bon intei^ prète de mongol. Aussi l'archimandrite Ant. Platkovskii avait-il organisé à Irkoutsk une école de mongol et de russe qui fonctionna une dizaine d'années (jusqu'en 1731). C'est lui qui, à la tête de la mission orthodoxe de Pékin, était chargé de surveiller l'instruction des élèves de langue, établis par les conveiitions de Sava Yladislavitch. L'ambition de la Russie était d'arriver à se passer d'intermédiaires.

Les rapports se multipliaient en effet entre la Russie et la Chine, et les relations officielles étaient loin de former la plus grosse part de ces transactions. Ce sont des marchands russes qu'on trouve continuellement à Pékin et en Mongolie, et c'est le commerce qui constitue la base même et la raison d'être des relations diplomatiques. Source de profit pour le fisc russe et, en fraude, pour les particuliers, les échanges paraissent n'avoir eu qu'une médiocre importance pour les trafiquants chinois. Du moins convient-il de relever les conditions de ce commerce, ses voies à travers l'Asie, ses objets.

Le commerce avec la Chine est un monopole de la Couronne. Pour se joindre à la caravane, il faut oukaze impérial et Gramota du Sibirskii Prikaz^ (oukaze du 16 mars 1693), sous peine de mort en cas de contravention (oukaze du 38 janvier 1706). C^lains articles sont interdits aux particuliers : les zibelines et renards noirs, — le tabac, — la rhubarbe, — les armes et munitions; le trafic d'esclaves est, de même, réservé au fisc. Presque toutes les infractions sont punies de mort par la loi. Le 8 avril 1726, Tret'iakov est le premier qui reçut autorisation d'emporter, avec les marchandises de l'État, des marchandises privées; leur valeur ne devait pas s'élever au delà de 6,000 roubles^, et Tret'iakov mourut avant d'avoir pu jouir de son privilège. Malgré ces défenses rigoureuses, le commerce clandestin se développait et les fraudes étaient aussi nombreuses que variées. D'une part, les

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