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OUTRAGBS 6<IViKlCJ KBLÂTIFS A l'hISTOIRB DBS PR0TIIKCB8 ET DE
l'bglisb. — L'impression des Râles gascons^ décidée il y a plus de ^iogt ans, vient de s'achever. Ces Rôles^ ou du moins les débris qui nous en restent^ conservés jadis à la Tour de Londres et actuellement au Public Record OfBce, s^étendent de 4242 à 4460. Ils se composent de 4,847 peaux de parchemin, cousues bout à bout, dont certaines sont écrites des deux côtés et contiennent les actes de l'administration anglaise en Gascogne. L^historique de cette publication mérite d*étre rappelé.
Dès 4673, un archiviste anglais, d'origine française, ayant fait savoir à la municipalité de Bordeaux qu'il' existait à la Tour de Londres plusieurs documents utiles aux intérêts de la commune, une délibération de la jurade chargea Durriban, Tun des ses membres, de faire venir la copie de ces pièces. Il s'agissait sans doute d'extraits des Rôles gascons. En 4744, un Anglais, réfugié en France, Th. Carte, annonçait le projet de publier ces Rôles^ mais il n'en donna qu^un catalogue avec table. En 4 764, Bréquigny se rendit à Londres et en rapporta les innombrables copies qui sont conservées aujourd'hui, comme on sait, à la Bibliothèque nationale. A sa suite, Delpit partit pour Londres, afin de compléter les séries de documents rapportés. Les projets de publication de la Record Commission et de Félix Solar n'aboutirent pas. Enfin le ministère de l'instruction publique en décida la publication in extenso dans la Collection des Documents inédits, et en 4885, M. Francisque Michel donna le tome I, comprenant les années 4242 à 4254. Mais Thonneur de l'édition de la majeure partie des Rôles gascons et de son achèvement revient à M. Ch. Bi^Hoirr. Dès 4896, celui-ci publiait un Supplément au tome I, dans lequel il relevait les trop nombreuses erreurs de son prédécesseur, éditait des pièces de 4254 à 4255, avec une table du tome I et une introduction sur la diplomatique et la valeur historique des documents relatifs à la double
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expédition d'Henri III d'Angleterre (4242-4243 et 4253-4254] et à l'adminislration du prince Edouard. Le tome II, comprenant une partie des actes du règne d'Edouard P', embrasse les années 4273 à 4290. Ces actes fournissent encore beaucoup plus de détails sur Fadminlstration de la Guyenne que les précédents. Le tome III ^ et dernier est le plus considérable de tous. Il renferme des documents des années 4290-4307 et une très importante Introduction.
Cette Introduction comprend, en effet, 4 82 pages. Dans le chapitre i, on trouve successivement diverses remarques sur les registres eu^mêmes, leurs caractères extrinsèques, leur paléographie, leur chronologie, des recherches sur Pitinéraire d'Edouard P', la diplomatique. La chronologie et la diplomatique auraient peut-être pu être réunies ; les deux études paraissant pouvoir se compléter sur plus d'un point, et ritinéraire d'Edouard P' aurait été un excellent appendice à Tensemble. Des raisons d^ordre pratique ont sans doute déterminé Tauteur à adopter le plan suivi, qui est du reste excellent et très clair. Dans l'étude paléographique, les restitutions et interprétations de mots douteux ou des graphies spéciales et défectueuses sont relevées et groupées avec le plus grand soin. Il est seulement dommage qu'un fac-similé de l'écriture des Rôles n'ait pas pu être donné. EnQn la diplomatique des actes transcrits, déjà tracée dans le Supplément au tome I, est complétée par une analyse très détaiUée des nombreuses lettres de protection, d'attournement, de répit, etc., qui se multiplient à l'occasion de la guerre anglo- française (4293-4297). Le chapitre II, relatif à l'administration, ne renferme pas un tableau complet des institutions de la Guyenne, mais une liste chronologique avec la biographie des principaux fonctionnaires, représentants du pouvoir royal, sénéchaux de Guyenne et connétables de Bordeaux, et une autre liste des bailies et prévôtés, des bastides, des châteaux et châtellenies mentionnés dans les Eôles^ groupes administratifs secondaires. Les notices individuelles relatives aux fonctionnaires apportent une notable contribution à l'histoire de la province. Le chapitre m est tout entier consacré à l'histoire de la guerre anglo-française de 4 293-4 297. Bien que l'auteur nous annonce qu'il ne nous donnera qu'un résuméaussi précis que possible, les détails les plus curieux et les plus intéressants pour Torganisation militaire de l'époque abondent.
On aurait pu concevoir cette Introduction sur un plan différent et y donner peut-être une plus large place à l'étude des institutions
1. Râles gascons transcrits et publiés par Gh. Bémont, t. III. Paris, Impr. nat., 1906, iD-4% cg-792 p. (Coll. dea DoeumenU inédits sur l'hist. de France.)
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locales, civiles et ecclésiastiques, et à leur fonctionoement, mais Fessence d^un travail de cette nature est de préparer des matériaux, non d'achever Tédifice historique.
En ce qui concerne Tédition du texte même, on ne saurait trop louer la remarquable exactitude de transcription et Tinterprétation, juste en général, d'un manuscrit hérissé de noms de personnes et de lieux. Cette multitude de' noms devait nécessairement amener quelques erreurs de détail : ainsi, dans Pacte n® 4932, Glayrac en Agenais, non identifié, est évidemment Glairac, en Lot-et-Garonne, arrondissement de Tonneins, dont la célèbre abbaye fut plus tard donnée par le roi de France Henri IV au chapitre de Saint- Jean de Latran, à Rome, et c Honoz » doit être corrigé en « Monor », c'està-dire Honheurt (ibid., canton de Damazan). De même, au tome II, sous les n®" 4364 et 4366, il s'agit non de Prouille (Aude), mais de ProuîUan, sis c prope Gondomîum » (Gers).
Ces légères imperfections, inhérentes à toute publication de caractère local qui n'est pas faite par des érudits de la région, n^ôtent rien à la haute valeur de ce volumineux ensemble de documents, mine infiniment précieuse, d'une variété et d^une richesse sans égales. L'histoire anglaise et française de la fin du xiu^ siècle en sera grandement éclairée. La biographie de plus d'un illustre personnage pourra être précisée sur bien des points, grâce aux Râles, et cette masse énorme d'actes (5,408) jette une réelle lumière sur les coutumes et la jurisprudence, les prérogatives de la couronne, la puissance du clergé et de la noblesse, la situation du peuple au point de vue moral et politique, l'état de la propriété, les généalogies des diverses familles et leurs alliances, et nous ne parlons pas de la correspondance diplomatique ni des traités entre les souverains de France, d'Angleterre et d'Allemagne. On ne saurait dono trop louer H. Gh. Bémont d'avoir mené à bien aussi heureusement la tâche difficile de cette publication longtemps attendue et appelée à rendre, non seulement à l'histoire de la Guyenne, mais à l'histoire des rapports anglo-français, les plus grands services.
L'histoire provinciale sollicite depuis quelques années Tattention des érudits. La Lorraine, la Bretagne, la Bourgogne, le Poitou ont ainsi eu successivement leurs historiens, qui ont traité, avec les secours de la science moderne, ces questions d^histoire locale pour lesquelles nous étions encore contraints de recourir aux travaux Tieillis des Bénédictins ou des historiens du xviii* siècle. Depuis plus d'un siècle, en effet, les études sur des points particuliers et les articles se sont succédé, infiniment nombreux, mais les ouvrages d'ensemble font défaut, et les quelques essais. que nous signalions à
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rinstant démontrent surabondamment l'utilité de travaux de ce genre pour coordonner les résultats acquis. Ces essais ont été entrepris avec des méthodes diverses et sont d'inégale valeur. Une nouvelle tentative a été faite récemment dans le même sens; elle mérite une mention toute spéciale. C'est celle de M. Louis Halpheu, pour retracer Thistoire du comté d'Anjou au xi* siècle^
Ce ne sont pas seulement, comme on aurait pu le craindre, des annales ou des biographies nécessairement sèches, encore que très com plètes. L'auteur indique lui-même que son but principal a été de montrer comment s'est formé le comté d'Anjou au xi^ siècle, au point de vue territorial et au point de vue interne. Et si l'on peut relever dans son livre quelques erreurs de détail, quelques assertions contes* tables,— par exemple que l'ouvrage de M. Richard sur le Poitou dispense de recourir à Besly , — on ne peut méconnaître quil y a là un effort des plus louables pour donnera cette histoire parfois terne et monotone un peu de vie, en étudiant l'organisation administrative du pays, sa situation matérielle et morale en même temps que politique, autant du moins qu'il est possible de le faire à l'aide des trop rares documents dont on dispose. Cette tentative, vraiment originale, devrait être suivie pour d'autres régions, principalement en ce qui touche l'époque des premiers Capétiens, et Thistoire de France s'en trouverait comme renouvelée.
L'ouvrage de H. Halphen se divise en deux parties. Tune embrassant les règnes de Foulque Nerra et de Geoffroi Martel (987-4060) et l'autre ceux de Geoffroi le Barbu et de Foulque le Réchin (4060-4 409). Au début, dans l'Introduction, il a cherché à fixer ce qui peut être admis dans les légendes ayant cours sur les origines de la maison angevine. Il estime qu'on peut s'en tenir à la version de la rédaction la plus ancienne des Gesla eonsulum Andegavorum (ms. lat. 6248 de la Bibl. nat.), où se trouve un écho, « lointain sans doute et déformé », mais enfin un écho de la réalité. On s'était, en effet, trop complu jusqu'à présent à convaincre d'erreur l'auteur de la chronique, au lieu de mettre en relief les quelques points sur lesquels il parait, au contraire, s'être rapproché de la vérité. A l'aide des généalogies et actes, H. Halphen redresse plus d'une erreur de VArt de vérifier les dates et des historiens angevins. Avec la Chronique de Nantes^ si habilement restituée par R. Merlet, et de Richer, inconnu aux érudits antérieurs à Pertz, il trace des conquêtes de Foulque Nerra un tableau absolument renouvelé et des plus complets. C'est du côté de la Bre*
1. Loais Halphen, ie Comté d: Anjou au XI* tiècle. Paris, A. Picard, iD-8*, xxiv-428 p. (Thèse de doctorat présentée à la Faculté des lettres de Paris.)
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tagDe et surtout de la Touraine que Foulque Nerra et son fils ont frappé leurs coups les plus décisifs; mais avec leurs autres voisins, ils ont eu une politique non moins arrêtée : Tbistoire de leurs rapports avec TAquitaine, le Veadômois et plus encore avec le Maine^ où ils se trouvèrent aux prises avec les ducs de Normandie, en fournit la preuve. C'est par là que se continue Touvrage.
Après avoir ainsi suivi Taccroissement territorial du comté angevin, M. Halphen en étudie le développement interne. Dans un chapitre sur la renaissance intérieure du comté, où il est fait un très habile usage des chartes, il trace un saisissant tableau de la prospérité matérielle de TAnjou au xi^ siècle^ de la construction des villes, châteaux et monastères. Il faut placer à coté immédiatement le chapitre sur Torganisation administrative du comté. L'auteur était spécialement préparé à cette étude par divers articles publiés précédemment. 11 nous montre les restes surannés de Tadministration carolingienne disparaissant ou s^adaptanl aux nouveaux besoins et une organisation administrative nouvelle, très rudimentaire, mais plus pratique, se développant petit à petit, pour aboutir, au milieu du XI* siècle, à la constitution des grands offices féodaux, pendant que l'administration locale, qui était, au début, entre les mains des piearii, passe peu à peu, sous Foulque Nerra, entre celles des prévôts.
Hais l'analyse la plus complète devait nécessairement porter sur les fonctions ou attributions du comte, et c'est ainsi qu'il nous est donné de pénétrer, à Taide de nombreux exemples heureusement groupés, la complexité des faits historiques : tout ce qui suit n'en est que le développement en quelque sorte logique. L'autorité absolue d'un Foulque Nerra, — dont la curieuse figure est très sobrement esquissée à grands traits, énergiques et expressifs, — déchoit durant la lutte fratricide entre Geoffroi le Barbu et Foulque le Réchin, et en face du pouvoir comtal une puissance nouvelle surgit, celle des barons. Cette puissance s'était préparée de longue date; mais, — et c'est là un fait qui n'avait pas encore été signalé, — c'est au cours du xi* siècle qu'elle avait pu se constituer. Obligé d'élever de tous côtés des châteaux forts pour appuyer sa pohtique de conquête, le comte avait dû les inféoder à des vassaux, qui, encore révocables ad nutum au temps de Foulque Nerra, apparaissent, dans la seconde moitié du XI* siècle, comme des seigneurs presque indépendants, ne s'alliant qu'entre eux et constituant ainsi une haute classe de barons indociles et dangereux, contre laquelle Foulque le Réchin et ses successeurs vont avoir à soutenir de durs combats. La politique de Foulque le Réchin est alors présentée avec netteté pour la première fois : ce n'est pas un soldat sans courage et sans esprit de suite, comme le
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veut encore Miss Rate Norgate; c'est plutôt un prince, parfois apathique, qui eut à lutter sans cesse avec de sérieuses difficultés de gouvernement, et il serait ii^uste de le juger sur les données fragmentaires fournies par des chroniqueurs le plus souvent malveillants. Enfin l'ouvrage s'achève par un chapitre relatif au nouveau caractère que revêt l'autorité comtale sous Foulque le Réchin; la cour du comte est désormais constituée à Timage de celle du roi, et si foible que le comte lui-même puisse paraître, il conserve encore assez d'éléments de force et de puissance pour qu'on puisse prévoir la défaite des barons et les succès que l'avenir réserve à la maison angevine.
Un catalogue d'actes, qui ne comprend pas moins de 323 numéros (sans compter les actes faux) , cinq appendices, dont l'un, considérable, sur les chartes de fondation de l'abbaye de Beaulieu, enfin diverses pièces justificatives fort bien choisies, dont plusieurs inédites, terminent cet excellent livre.
Une minutieuse critique des sources angevines a précédé ce travail, qui s'en trouve ainsi plus solidement établi. Dans une Étîuie sur les chroniques des comtes d'Anjou et des seigneurs d'Amboise^, M. Halphen a recherché à l'aide de quels éléments, quand et par qui ont été compilées les nombreuses rédactions des Gesta con^ sulum ainsi que des Gesta Ambaziensium et du Liber de compositione castri Ambaziae, Ces ouvrages sont intimement liés. Les Gesta Ambaziensium ont été composés en partie à l'aide des Gesta consulum Andegavorum; dans le Liber de compositionCy l'auteur a fkit passer toute la substance de la préface des Gesta consulum Andegavorum; les Gesta Ambaziensium et le Liber enfin ont, à leur tour, été exploités par les rédacteurs successifs des Gesta consulum.
L'ordre de composition de ces diverses chroniques semble être le suivant : une première rédaction des Gesta consulum par Thomas de Loches, puis le LU?er et les Gesta Ambaziensium^ une seconde rédaction des Gesta par Breton d'Amboise; enfin une troisième rédaction par Jean de Marmoutier. Sans doute ces résultats ne sont point d'une précision absolument rigoureuse. Ce ne sont pas des certitudes, mais des hypothèses infiniment plus vraisemblables que celles jadis émises par Mabille.
Mgr Douais, évêque de Beauvais, s'est fait depuis une vingtaine d'années une véritable spécialité des questions se rattachant à l'histoire de l'Inquisition. Dès 4886^ il publiait la Practica Inquisitionis heretice pravitatis de Bernard Gui, jusque-là inédite. Puis ce fût une
1. Paris, Champion, iii-8*, 64 p. (Tlièse complémentaire pour le doctorat.)
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suite d'articles sur les hérétiques dans le comté de Toulouse, en Roussillon et à Narbonne. Enfin il a donné, en dernier lieu, une étude sur la procédure inquisitoriale au xi?^ siècle, et surtout un recueil en deux volumes de documents pour servir à Thistoire de l'Inquisition dans le Languedoc au xiii* siècle, publié par la Société de PHistoire de France. Le nouvel ouvrage qu'il vient de faire paraître est une étude d^ensemble sur l'Inquisition, sur ses origines et sa procédure*.
La première partie comprend l'examen des diverses opinions émises pour expliquer Tinquisition, c'est-à-dire pour expliquer historiquement la poursuite des hérétiques non par deux ou trois juges délégués, comme vers 4240 ou 4245, sur un point isolé du territoire chrétien, mais par cette délégation exceptionnelle donnée à partir de 4234 à des juges en nombre et bientôt pour la plupart des contrées d'Europe, terres d'Empire, royaumes ou grand ûef, pour faire YInquisitio haereticae pravitatis. Où est la raison d'une commission apostolique qui, sans dénier aux évoques la qualité de juges ordinaires, s'exerçait dans les diocèses, conférait à l'inquisiteur le pouvoir le plus étendu en la cause, depuis l'arrestation jusqu'à l'exécution de la sentence, dans un ressort de plusieurs diocèses, sinon de tout un pays, et avec une juridiction universelle? Pourquoi cette délégation d'exceptionnelle qu'elle était jusque-là devint-elle permanente? La première explication est que l'Inquisition aurait été établie pour tirer le clergé d'une situation désespérée. C'est la théorie de M. Lea, que Mgr Douais repousse avec toute apparence de raison. D'autres explications procèdent de l'idée du « péril de Thérésie » au xiii« siècle et de l'intérêt religieux qu'il y avait à l'exterminer. Ce sont celles du P. Mortier et de MM. Zeller et Tanon. Une troisième explication, proposée par M. Chénon, consiste à représenter l'Inquisition comme le terme fatal de la législation ecclésiastique i^ant la répression de Thérésie. Enfin une dernière explication, « la situation politique, les rapports de la papauté avec Frédéric II », est celle à laquelle s'arrête Mgr Douais. Telle est la première partie du volume. L'exposé manque parfois de netteté; mais la discussion est habilement menée par un homme qui possède admirablement bien son sujet, et si la conclusion ne nous semble pas tout à fait aussi certaine que souhaiterait l'auteur, néanmoins sommes-nous contraints de louer la richesse et la sûreté de son
1. Mgr Douais, l'InquitUion, ses origines, sa procédure, Paris, Pion, 1906, iii-8% zi-366 p.
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information. Il nous semble cependant trop sévère pour H. Gh.-V. Langlois et pour H. l'abbé Vacandard^
La deuxième partie du volume est tout entière occupée par un exposé de la procédure inquisiloriale qui, fait par un spécialiste, offre un grand intérêt pour l'étude de la procédure en droit canonique. Les pièces justificatives, dont le « Directoire » de « Raymond de Penafort », sont en général empruntées à la collection Doat, conservée à la Bibliothèque nationale. Très correctement publiées, elles complètent utilement celles du recueil édité pour la Société de l'Histoire de France. Ce livre, qui a les allures d'une œuvre de vulgarisation, repose donc sur un fond très solide. Nous souhaiterions que l'auteur le reprit quelque jour avec plus de développe* ment, pour en faire un livre à Tusage exclusif des érudits, en se servant des archives dominicaines qui lui seraient certainement ouvertes et où, nous n'en doutons point, il découvrirait plus d'un document important.
Encore dans le domaine de l'histoire de l'Église et à côté du volume précédent^ il convient de placer Y Histoire de la Pragmatique Sanction de Bourges som Charles VII, par M. Noël Valois^. C'est la publication de 402 pièces relatives à la Pragmatique, tirées en général des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale, mais dont quelques-unes aussi sont empruntées aux archives du Vatican, aux bibliothèques de Baie et de Garpentras, etc. L'introduction, fort développée, a une très grande valeur. Elle est divisée en quatre parties : le régime antérieur à 4438, la naissance de la Pragmatique, son application et enfin les nouveaux projets de Concordat. C'est un aperçu très vivant et fouillé des relations du Saint-Siège avec les souverains anglais et français de 4448 à 4464. On y voit Charles VII échouer, malgré les meilleures dispositions, dans ses tentatives pour fixer les rapports de la France avec le Saint-Siège. Dès 4436, le roi prévoyait que l'Église de France serait amenée à régler sa situation elle-même. Il était tellement emporté par les événements qu'il ne fit rien pour empêcher l'assemblée de Bourges de ratifier la plupart des mesures prises à Bàle. Son action, au cours des débats, s'était même fait sentir, autant qu'on peut le constater, dans un
1. M. l'abbé Vacandard fleat da reste de pabUer an petit li^re de Falgarisation {Vlnquisétiotif étude historique et critique sur te pouvoir cœrciUf de VÉglise, Paris, Bload, 1907, in-16, xix-340 p.) où il a développé ses idées. Ge ▼olame se distingae par de très grandes qualités de clarté, mais il est loin, pour le fond, de valoir celui de Mgr Douais.