APRÈS LE PACTE DE FAMILLE
Le pacte de famille est signé. Après les effusions et la joie, il faut passer aax actes, et Choiseul s'empresse de se mettre à l'œuvre. < Il ne s'agit plus aujourd'hui, écrit-il le 15 septembre 1761, que de concerter les mesures à prendre pour leur exécution la plus prompte et la plus entière. » Le roi d'Espagne, de son côté, n'entendait pas rester inactif et, suivant l'habitude qu'il avait prise, il discutait en toute franchise avec l'ambassadeur de Louis XY à Madrid les projets auxquels on pourrait s'arrêter*.
Diverses combinaisons venaient à l'esprit de Charles III pour s'efforcer d'abattre la puissance britannique. Il songeait à une entreprise contre Gibraltar, ou bien à une invasion que les troupes franco-espagnoles tenteraient en Angleterre, si le cabinet de Londres ne prenait pas des précautions suffisantes pour la rendre impossible. Un autre plan d'attaque visait la Jamaïque. MM. Wall et d'Âriaga semblaient persuadés qu'il y avait là des chances sérieuses de succès, et d'Ossun trouvait lui aussi que ce serait le coup le plus sensible à porter au commerce des Anglais dans les Indes occidentales.. Cette dernière entreprise aurait plus d'effets encore si l'on engageait le Portugal dans l'alliance franco-espagnole et Charles III pensait y parvenir à l'amiable. En quoi, d'ailleurs, il voyait moins juste que son ministre et que l'ambassadeur français. Ceux-€i déclaraient en effet que se leurrer de pareilles espérances était vouloir se duper soi-même. Il est vrai que d'Os-