‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 6 sur 176 · Espagne 533, foL 433 et suiv · texte numérisé non relu

Espagne 533, foL 433 et suiv

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2 ALFRED BOURGUBT.

sun disait : « La crainte pourra faire ce que Tamitié ne produira pas. >

Entre le secrétaire d'État espagnol et le représentant de Louis XY, les relations les meilleures et les plus cordiales existaient enfin. C'est ainsi que M. Wall n'hésita pas à confiera d'Ossun le précis d'une lettre qu'il avait récemment écrite à M. de Grimaldi « pour justifier ses principes et sa conduite passée ». Il lui témoigna d'ailleurs les sentiments les plus conformes aux désirs de Choiseul de voir les deux ministères s'accorder « une confiance, une amitié, une estime réciproques ». Charles III ne s'était donc pas trompé jadis en afSrmant à l'ambassadeur que « la barque devait marcher dans le sens où l'on donnait le coup de gouvernail ». Sa fermeté et sa constance n'avaient pas moins fait que les événements pour convaincre et pour convertir notre adversaire d'autrefois.

La loyauté constamment témoignée par le ministre dirigeant de Louis XV n'était pas non plus étrangère à ce résultat. Elle avait, en tout cas, mérité la franche sympathie et l'estime du roi d'Espagne. D'Ossun trouva dans la lettre que Choiseul lui écrivait pour refuser la « grandesse » une exposition si noble et si vive de ses sentiments qu'il crut devoir la mettre sous les yeux de Charles III. Celui-ci, loin d'en être froissé, n'y vit qu'une preuve nouvelle de la délicatesse et de la fierté de son signataire. Il laissa donc entendre à l'ambassadeur qu'il ne différerait l'admission de Choiseul dans l'ordre de la Toison d'or qu' « autant qu'il serait indispensablement nécessaire d'éviter que la publicité de cette grâce puisse compromettre le secret du système convenu entre les deux couronnes* ».

L'intimité entre les deux cours allait sans cesse en augmentant. Le 22 septembre 1761 , Louis XV écrivait à Charles III pour lui demander d'être parrain de son petit-fils le comte d'Artois (le futur Charles X), et le roi d'Espagne lui répondait bien vite pour lui témoigner « le doux empressement avec lequel il acceptait cette proposition ».

Afin de ne pas difTérer raccomplissement de mes vœux, disait-il à son cousin, j'envoie aujourd'hui même ma procuration au duc de Berry, le priant d'exécuter à ma place cette cérémonie et de donner à mon filleul le nom de Charles. Mais comme je souhaite que rien ne

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