‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 59 sur 176 · Paris-Nancy, Berger-Levrault^ 1906, in-8*, 108 p · texte numérisé non relu

Paris-Nancy, Berger-Levrault^ 1906, in-8*, 108 p

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maitre; comment se constitua, au profit des seigneurs, le droit ÛLobeiUage, exercé par des officiers spéciaux, maitres des mcmchettes ou briseurs jurés ; avec quelle lenteur progressa la technique apicole ; quelle place tenait le miel aux époques où le sucre était une denrée de luxe, la cire en un temps où le luminaire était rare; comment le paiement de redevances en cire pour franchises et sauvegardes créa une bourgeoisie de cire^ telles sont les questions variées, d'économie rustique, de droit, d'histoire sociale que M. Boyé passe en revue, sans parler même de quelques pages consacrées au rôle joué par les abeilles dans le folk-lore lorrain.

La ville d^Épernay était au xn* siècle une bien petite ville, dont rincendie de 4544 réduisit encore l'importance. Elle ne possédait pas de mairie, c'est-à-dire que la compétence de rassemblée des habitants était peu étendue. Cependant, les registres municipaux * , publiés avec autant de soin érudil^ que de somptuosité par MM. R. Ghandon DE BauaLES et H. Bbbtal, présentent un réel intérêt pour Phistoire économique. Les deux éditeurs ont accompagné leur publication d'un exposé de l'évolution d^Épernay, la lente conquête du terroir par la vigne, qui lutte d'abord contre la forêt vers les crêtes et contre le marais de la Marne, puis contre le blé; d'un résumé démographique où s'inscrivent les conséquences des événements politiques et des changements économiques; d'une étude sur les historiens d'Ëpernay, et, en particulier, sur Bertin du Rocheret, type assez amusant de robin de petite ville^ parlementaire, libertin et franc-maçon 3. Cette publication, qui sera continuée, peut être donnée comme modèle aux érudits locaux^.

Les historiens du xvi^ siècle ont consacré quelques pages à la révolte de la gabelle de 4548-4549. Mais, éblouis par les scènes tra-

1. S€wrces de l'histoire d'Épemay, i^ série, t. I : Archives municipales d'Épemay (XVI* siède), H. Leclerc, 1906, iii-8% xgvi-448 p. Index, 12 pi. et gniv. — Les registres publiés vont de 1540 à 1570. La série prochaine ne commencera qo'en 1619, et nne nouvelle iacnne la coape malheareusement en 1639. Les auteurs donneront ensuite (non plus in extenso, mais sous forme de eaiendarSf vrec reproduction de documents types) les archives ecclésiastiques, puis celles des seigneurie et juridiction (les plus riches en données économiques).

2. Les manchettes marginales permettent de se reconnaître facilement au miUea des délibérations. P. xxxv : f De 1550 à 1554 », ne faut-il pas lire : f De 1650 à 1654»?

3. Aux pièces, des documents sur l'histoire de la maçonnerie, comme sur l'histoire des luttes parlementaires.

4. L'affaire du maître d'école Nicol Cathier, nommé le 3 juillet 1552, révoqué le 19 novembre 1553, et contre lequel (avec trois prêtres) les religieux et la ville intentent an procès en 1554, ne sent-elle point le fagol?

gîques dont Bordeaux ftit le théâtre, ils ont négligé les débuts de Tinsurrection, qui commence au printemps de 4548 dans TAngoumois et la Saintonge, c^est-à-dire au voisinage des marais salants. M. S.-G. GiGON a repris le sujet dans son ensemble ^ Certes M. Gigon n'est pas absolument rompu aux méthodes historiques, il ne cite pas, il ignore peut-être des prédécesseurs qui auraient pu le renseigner sur des points spéciaux*; il indique insuffisamment même les sources originales' sur lesquelles on voit quUl a travaillé, et si ses recherches à la Bibliothèque nationale paraissent avoir été complètes, on est en droit de se demander sMl a épuisé les fonds provinciaux, en particulier c^lui du parlement de Guyenne. Ces défauts n'empêchent pas son travail d'être extrêmement précieux : il est complètement neuf, nous le disions tout à Theure, en ce qui concerne les débuts; il montre que la révolte fut géographiquement très étendue ^ politiquement, ce ne fût pas un simple soulèvement dirigé contre quelques gabelous trop exigeants, mais bien une insurrection populaire, une sorte de fédération révolutionnaire des communes rurales, avec des chefs et un programme. La correspondance du « colonel de Guyenne ]>^ — lettres écrites « de par le commung populaire »^ — est à cet égard des plus significatives, et les réclamations présentées par les communes d'Ângoumois au roi' sont un véritable cahier de doléances où Ton réclame non pas seulement la réduction de la gabelle, « taxe en horreur » au peuple, mais la réforme des tailles, la suppression de la vénalité, la réforme de la gendarmerie, etc. Dans l'ensemble, Tinsurrection reste loyaliste. Cependant, sur les relations de quelques chefs, — particulièrement des chefs bordelais, — avec TAngleterre, il y a dans la correspondance de de Selves* des probabilités un peu plus fortes que ne semble l'admettre M. Gigon. 11 émet la très vraisemblable hypothèse que la révolte d^abord, la répression ensuite, ont dû favoriser en Guyenne la diffusion du calvinisme. — Nous en

1. Contribution à l'histoire de l'impôt sous Pancien régime. La révolte de la gabelle en Guyenne, I54â'i549. H. Champion, 1906, iQ-8% ix-298 p. Appendice et 58 pièces justificatives, carte.

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