‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 58 sur 176 · Delagrave, [1906], in-12, 538 p., fig · texte numérisé non relu

Delagrave, [1906], in-12, 538 p., fig

2. P. 35 : la Misère des apprentis, qui est da xvni* siècle, et la Faree du cousturier ont Tair de se placer sur Je même plan chronologique. Le ch. v, sur la révolution économique du xvi* siècle, après des chapitres où il a été parlé du xvm*. Même imprécision dans le choix des gravures. Si l'idée d'éclairer par des documents graphiques l'histoire du traTail, si le choix des deux recueils consultés (Jost Amman et VSneyclopédie) est très louable, il est beaucoup trop restreint. M. Brisson, qui nous parle (p. 9) des vitraux de Chartres, aurait pu leur faire des emprunts. Des planches du xvi* siècle ne nous apprennent rien sur les corporations du xiu*. Et que dire de ces teinturiers de ÏEnqfclopédie (p. 16), à côté d'un texte d'Estienne Boileau l

3. Sur la géographie industrielle en 1789, il aurait fallu souligner le caractère de dispersion relative de l'industrie et les faits qui amènent un commencement de concentration : ports, combustible végétiû, mines, routes royales.

4. P. 233, M. Brisson me fait dire que les typographes lyonnais gagnaient c cinq francs de nos jours, sans tenir compte du pouvoir d^achat de l'argent >, soit f vingt francs actuels i. Si M. Brisson vent bien se reporter A la p. 185 de mes Ouvriers, il verra que J'ai tenu compte du pouvoir de l'argent (il s'agit de l'équivalent en blé du salaire nominal). Je ne plaide pas les circonstances atténuantes pour une conjecture aventureuse (et je crois d'ailleurs même ce chiffre de cinq francs exagéré), mais je n'ai jamais parlé de vingt francs.

5. P. 30 : f Un quatrième degré occupé par les jurés. » Il s'agit d'un échelon que tous les maîtres purent gravir. — P. 49, compagnonnage : insuffisant sur le rôle économique de l'Institution. — P. 208, contre-sens sur le mot c fief t. — P. 260, les Anglais n'ont pas attendu la fin du xviii* siècle pour apprécier le claret, — P. 261, à signaler l'invasion des emblavures par la vigne dès le début du XVI* siècle; c'est une plainte générale alors.

6. hicUonnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le XIIP siècle. Paris et Leipzig, Welter, 1906, in-8% xxvi-856 p.

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rédigé avec amour par Taimable et savant conservateur honoraire de la Mazarine nous permet, comme le dit dans la préface H. Levasseur, de faire « un voyage à travers les âges dans la vie intime du peuple parisien » ^ Mais il but avoir le courage d'ajouter que ce n'est pas encore le répertoire alphabétique (peut-être, au reste, impossible à établir à Tbeure actuelle) où l'historien économiste pourra se documenter en toute sûreté.

La première observation à laquelle m'oblige le souci de la vérité, c^est que, si l'érudition de M. Franklin est étendue, elle est quelque peu défraîchie^. En second lieu, le Dictionnaire des métiers de Paris n'est pas assez exclusivement parisien, et plusieurs articles ne sont pas ici à leur place ^. Sur l'histoire même de l'organisation du travail, M. Franklin me semble dominé par un préjugé favorable à rinstitution corporative^. Il ne tient pas compte des métiers libres,

1. Lts articles extraits intégralement de la Vie privée sont précédés d'an astérisque.

2. M. Franklin ne connaît d'autre édition du Livre des métiers que celle de Depping, d'autres traraux sur les monnaies que ceux de de Waitly. De toute la littérature historico-économique de ces dix dernières années, il ignore tout, et, dût-on me reprocher d'être c orfèrre », je ne puis taire que cette omission est regrettable.

3. Que fait ici un article, nécessairement incomplet, sur les Mineurs F Des détails donnés à Animaux féroces (où Toisinent, en un désordre étrange, Henri III, Henri IV, Charlemagne, Louis IX et Louis XIII) quelques-uns n'intéressent que Dieppe (cf. Baleines). A Sabotiers, une anecdote lyonnaise de l'époque révolutionnaire, donc doublement étrangère à Tobjet du dictionnaire. Rubriques relatives à des c professions » ou f fonctions i, non à des c métiers » : Asseyeurs de tailleSy Champart, Quartiniers,

4. Chambrelans : les seuls textes cités sont de 1583, 1673, 1743 ; or, l'on pouvait trouver des détails très abondants dès le xv* siècle. Confréries : définition beaucoup trop étroite. On postule trop aisément l'identité confrérie = métier; il aurait fallu remonter jusqu'au xiv* et non au xvi* siècle. Rien de bien net sur le c droit de boutique > ; par suite, rien sur l'évolution qui, dans beaucoup de métiers libres, rapproche de plus en plus la confrérie de la jurande. Rien non plus sur le rôle de plus en plus effacé des compagnons, sur la fondation de confréries de compagnons, leurs luttes avec les confréries des raattres. A Ouvriers : c L'élection [des jurés] se faisait au suffrage universel, maîtres et ouvriers réunis. > Cela peut avoir été vrai à une certaine date; mais énoncer cette formule sans parler des modifications postérieures qui ont fait de la communauté de métier une oligarchie patronale, c'est fausser l'histoire. Grèves : article beaucoup trop court et qui ne remonte pas au delà du xyii* siècle ; ce qui pourrait laisser croire que l'ancienne organisation corporative ignorait les conflits. Compagnonnage : M. Franklin y voit c une première atteinte portée au principe de confraternité sur lequel reposaient les corporations. » Il s'occupe seulement du stage imposé à l'ouvrier entre l'apprentissage et la maîtrise. Quant à l'institution même du compagnonnage, il ne donne sur elle, à Enfants de maître Jacques et à Devoirs^ que des détails sans intérêt.

oependant si vivaces, même à Paris*. A propos des fripiers et des merciers', il faudrait parler de leurs luttes contre les mélierSy luttes qui ont tant de fois occupé les États et les Parlements'. C'est l'histoire de ces professions qui &it le mieux comprendre comment s'est disloqué Fancien organisme économique. La conclusion de tout cela, c'est que l'entreprise tentée par H. Franklin n'est pas de celles qu'un homme seul puisse mener à bien ^. Le Dictionnaire n^en reste pas moins comme le monument d'un patient et laborieux effort. J^ai pensé que le critiquer de près était encore la meilleure façon de lui rendre hommage.

YI. HisToniE PROYiNciALB. — M. Pierre Bori s'est donné pour sujet d'étude les Abeilles^ la cire et le miel en Lorraine jusqu'à la fin du XV III* siècle^. Gomment les diligentes ouvrières furent assimilées par le droit féodal tantôt au trésor caché, tantôt à Tépave sans

1. Art. Corporation». A SUduts^ il n'est pas absolument exact d'écrire que « les métiers demeurés libres relevaient seulement des règlements de police » ; il y a, dès le xni* siècle, des métiers libres et qui ont cependant des statuts. Il fallait décrire le mécanisme de l'homologalion. Métiers concédés : donner les dates. Édit de mars 1673 et de mars 1691 : pourquoi pas ceux de 1581 et 1597?

2. Rois des merciers, très insuffisant sur les mesures prises par François l*'.

3. Rien même (lacune étonnante sous la plume de l'auteur) sur la littérature spéciale aux merciers, sur l'organisation secrète des « Goesmes ».

4. Voici maintenant une série de menues critiques, destinées à montrer à M. F. avec quel soin et quel intérêt j*ai dépouillé son livre. Apothicaires : citer (sur le quiproquo) les Ballieux d'ordures de 1609 et le Cahier des garçons apothicaires de 1614 (pourtant publié par M. G. Picot), si important pour l'histoire de ToUgarchie capitaUste. Acier : citer Montchrestien. Affichage : rappeler les placards de 1534. automates : au lien de astomates, lire aftomates dans Furetière. Banquiers, très insuffisant. Cabinets (d'aoatomie) : à propos de celui de M"* Biberon, rappeler Diderot qui en parle, notamment dans ses lettres à Catherine II. Caisse de Poissy : Turgot est oubUé. Carrossiers : parler de la concession faite par Henri IV à M"* de Bueil et procès qui s'ensuivirent. Colportage, colporteurs : insuffisant. Chaudronniers : anachronisme étrange, Charles VII c plus d'un demi-siècle après > le Téméraire. Commission du commerce : citer ChampoUion et, à Conseil, Bonnassieux. A côté de compagnes, noter la forme compagnonnes. Drapeaux : manque le sens primitif de vieux draps. Draps d^or et de soie : il ne fallait pas dire, puisqu'on sortait de Paris, que la fabrique de Tours disparaît au xvi* siècle (très prospère sous Richelieu), ni passer sous silence les deux créations successives et jusqu'à Texistence de celle de Lyon. Draps (noms divers donnés aux) : il manque iûrap de meunier. Enfants rouges : pas la date de création. Paveurs : une histoire du « pavé » plutôt que des a paveurs b, sur lesquels Delamarre est cependant riche. Râleurs (de tabac), mais rien sur les râleurs (compagnounage). Servantes : noter le sens « ouvrières ». Soies : saute de 1470 à 1582. Inspecteurs : il manque : f Inspecteurs de la librairie ».

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