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LE FERMAGE GÉNÉRAL ET LA PROPRIÉTÉ

Le fermage général suppose, comme nous l’avons déjà vu, la grande propriété et l’absentéisme des propriétaires. Une grande propriété divisée en un certain nombre d'exploitations est affermée au fermier général. Il arrive souvent aussi, que plusieurs propriétaires de moindre importance s'adressent à un même intermédiaire, pour lui confier la gestion de leurs domaines respectifs. C'est ce qui se produit généralement dans une période de morcellement de la propriété, entraînant avec lui la multiplication des fermiers généraux. Dans l'Allier, des puissants fermiers généraux de jadis, il ne reste que quel-

(1) Quand il ne s'agira pas du Bourbonnais, nous le dirons expressément.

ques exemplaires ; on y trouve aujourd'hui un grand nombre de petits fermiers généraux, administrant chacun, deux, trois, jusqu’à dix « domaines ». On compte ceux qui sont à la tête de plus de vingt métairies. D’après les renseignements qui nous viennent des métayers, des documents parlementaires et des fermiers généraux euxmêmes, nous croyons approcher la réalité, en évaluant le nombre des fermiers généraux du Bourbonnais à 400.

En second lieu, le fermage général suppose que le propriétaire renonce à résider sur ses terres, ou tout au moins à les exploiter directement. « Le propriétaire, déclare M. Méplain, n’est pas un cultivateur ; souvent il ne connaît même pas les limites de ses champs ; il habite la ville et vit en oisif, exerce une profession ou remplit un emploi public ; ce qu’il demande avant tout à son capital, c'est un produit exact, un revenu fixe et net porté et compté en espèces ayant cours, style de bail, à son domicile, et tel jour de l’année (4) ».

Cette observation s'applique encore assez bien aux propriétaires actuels. Dans d’autres régions que le Bourbonnais, dans la Nièvre notamment, l'évolution sociale a été marquée par un retour à la terre des grands propriétaires fermiers, ce qui à entrainé un recul du fermage général.

(1) MÉPLAIN, Traité du bail à portion de fruits ou colonage partiaire, 1850,

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