ROUE PE
ET CEE
ee: her A A A
ne ES LÉ ee
le
M. Pelletan arguait de ce que «l'immense majorité des métayers ne tirent qu'un profit très inférieur à ce que gagne beaucoup d'ouvriers » pour les faire bénéficier de la loi des retraites (4). C’est une opinion analogue qu'émettait un fermier général de l'Allier, devant les enquêteurs de 1866 : « Les journaliers ont plus de peine, mais gagnent plus peut-être que les métayers ». Ce fait explique la répugnance qu'éprouvent les colons à recourir à la maind'œuvre étrangère. « Leurs bénéfices sont alors sensiblement diminués » (2).
La tendance imprimée au salaire des métayers par la concurrence que se font ces travailleurs, estencore accentuée dans le sens du minimum, du fait que le travail fourni sur l'exploitation est celui de la famille ; le désir bien naturel qu'éprouve le métayer de vivre et de travailler avec les siens le pousse à l'extrême limite des concessions. La famille est généralement nombreuse; ce qui permet d'opérer au sein du domaine une avantageuse division du travail. Tous ses membres sont occupés depuis leur plus tendre enfance jusqu'à l'extrême vieillesse. |
Les propriétaires sont à la recherche des familles nombreuses des métayers. « Les familles nombreuses
ment, ne diminue pas, bien au contraire ». Le Cultivateur français.
(1) Article du Matin, 22 déc. 1909.
(2) M. VACHER, Bulletin de la Soc. N. d'Agriculture.
Lu PÈUS=
qui ont de bons bras, d’une forte complexion si l'on peut dire, doivent faire prime (1) ». « Plus un métayer à d'enfants, plus il est riche » dit-on encore, comme pour l’encourager à procréer, à multiplier cette denrée rare « trop coûteuse » surtout, qu'est le travail. Les propriétaires et fermiers généraux, tout en regrettant la disparition des anciennes communautés de 45 à 20 membres, ne négligent rien pour tirer le maximum des familles actuelles. Les enfants sont distraits de l'école dès l’âge de 7 ou 8 ans pour être employés aux menus travaux des champs. Par contrat, les métayers s'engagent à ne rien vendre au-dehors de leur force de travail qui doit être dépensée toute, en journées nombreuses et longues sur le domaine: C’est le « sweating system » sous sa forme la plus insidieuse (2). « Le métayer est un bon travailleur, déclare M. Niccolini, mais un travailleur exténué. Les femmes sont contraintes d'exécuter des travaux convenant aux hommes. Les enfants, dès leur plus jeune âge, sont également condamnés à un rude labeur. Femmes et enfants sont souvent les victimes du métayage (3) ».
(1) RAToOUIS DE LiMaAY : Le Métayage dans l'Indre.
(2) « J'ai entendu, disait Reiffel, des propriétaires émettre l'idée qu'il valait peut-être mieux prendre des colons dans la misère avec une nombreuse famille. La misère, disait-on, les rend dociles, et la nombreuse famille les force à beaucoup travailler. Mais dans ces conditions ce ne sont plus des métayers, ce sont des serfs. »
(8) M. Niccorni, député: La questione agraria nella provincia di Ferrara, Ferrare 1907.
| è , $ Le
di et ",
Ver 2e PR LORS da Tes dr.
mnt tante irsidé tds de PT À mt GARE Ace Leaf Dr GE A A had à
RrRENEREEr
AL: Le
Ce qui est vrai pour l'Italie ne l'est pas moins pour la France. C’est dans cette exploitation de la femme et des enfants qu'il faut chercher l'explication principale de la tendance qu'ont les jeunes filles et les jeunes gens à quitter la métairie pour la ville.
Mais, objectera-t-on, s’il est avéré que l'unité de travail se trouve plus faiblement rétribuée dans le métayage que dans le salariat, il n’en est pas moins certain que le métayer jouit de l'avantage résultant de la certitude qu’il a d'employer toute la force de travail dont il dispose. S'il perd sur le prix de l'unité, il se rattrappe sur la quantité. Nous ne pensons pas que ce soit là une chose dont il faille se louer outre mesure ; car ce qui caractérise le progrès social c'est la réduction de la quantité de travail que doit fournir un homme pour vivre. Or ce n'est pas, ici, le cas.
On dit encore « ce qui prouve que le métayage a du bon, c’est que les ouvriers n’ont qu'un désir: celui de devenir métayers. » Mais, bien qu'il y ait dans cet argument une part de vérité, il ne vaut tout de même rien contre notre affirmation. A devenir métayer, l’ouvrier voit surtout des avantages moraux : ceux résultant du travail en famille. 11 change aussi moins souvent de « maître. » Il est bien encore fasciné par l’appât des « bonnes années » ; mais que de déceptions! Paysan, très averti des caprices des éléments, il se berce tout de même de l'espoir de « gagner » le temps et le maître
Eh
dans la partie pourtant bien inégale qui se joue annuellement sur son champ.
De Gasparin considérait la casualité des récoltes dans le système de métayage comme une des causes de la pauvreté du métayer ; on l’a vu récemment dans la région de vigneronnage, dans le Beaujolais, par exemple, où le métayage, par sa main-d'œuvre à bon marché, a rendu « d'immenses services » aux propriétaires, au moment de la reconstitution des vignobles. « L’aléa, remarque très justement M. Niccolini, est la grande ressource des forts, mais il est bien souvent la ruine des faibles. »
Quoiqu'il en soit de l'examen de tous ces avantages et inconvénients combinés, il nous reste l’intime conviction que le métayage n’est que la mise en œuvre d’un travail mal payé (4).