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tiaux. Il les fera conduire à la foire par les preneurs et vendra toutes pièces de bétail qu’il jugera à propos sans l'avis du preneur ». Ainsi le fermier général, le prétendu « associé » s'affirme le maître des destinées de l’entreprise. Il a le droit de prendre les décisions les plus graves pour l'avenir : modifier les assolements, diminuer ou accroître le cheptel, ete. Le métayer n'a qu’à obéir. C’est en vain que l'on a voulu soutenir que le métayer « véritable entrepreneur de culture » jouissait de sa liberté d'action ; que le propriétaire avait bien le droit d'imposer ses idées, mais qu’il ne le pouvait en réalité, sauf par la persuasion (4). Toute la pratique du métayage proteste contre une telle manière de voir. Le bailleur a souvent recours en effet, à la menace de l'emploi de l’un des trois moyens dont il dispose pour triompher des résistances du métayer : 1° la Saint-Martin ; 2 la résiliation avec dommages-intérêts ; 3° l'exécution des travaux par un tiers aux frais du métayer. L'immense majorité des spécialistes du métayage attestent la valeur persuasive de cette triple menace.
Le fermier général est donc en principe le directeur de l'exploitation. Il semble que pour un tel rôle on doive rencontrer chez lui les connaissances agricoles indispenpensables. Il n’en est rien, malheureusement ; il s’en faut même que le fermier général soit toujours un agriculteur;
(1) V. article de M. Berthault, Matin, 20 oct. 1910.
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il est quelquefois boulanger, cordonnier, plâtrier, etc., plus fréquemment marchand de produits agricoles. D’ailleurs à quoi servirait-il, que cet intermédiaire fut un excellent praticien, un agronome, quand son rôle se borne à présider aux ventes et aux achats ? (1)
Est-ilaumoins un directeur vigilant, assidu ?Non.Pour que le métayage soit productif, il faut, dit-on, «une coopération constante des deux associés ». Eh bien, on répute très assidu, le fermier général qui se rend dans les métairies une fois par mois ! Ordinairement, c'est à deux ou trois que se limite le nombre de ses visites. Peut-il en être autrement? Non, car le fermier général capable gère un grand nombre de métairies ; l’incapable se rendrait vite insupportable. Il n’est pas rare de rencontrer des fermiers généraux placés à la tête de dix ou quinze métairies. On en cite même un, dans l'arrondissement de Lapalisse, qui « dirige 42 domaines pour lesquels il paie 96.000 francs de fermage.
La direction effective se trouve donc abandonnée au métayer qui s’en tire tant bien que mal. C’est là un des vices graves du système de la ferme générale. On comprendrait encore que par une direction suivie, intelligente, humaine, assurant au métayer un réel bien-être et au domaine un développement certain, le fermier général put prétendre justifier son profit. Tout travail mérite
(1) V. Travailleur rural, n°4.
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salaire et le travail de direction n’est certes pas le moins important. L'entrepreneur, en combinant les facteurs de la production, de manière à atteindre, dans des conditions agronomiques et économiques déterminées, le maximum de résultats, peut multiplier la valeur des produits du travail manuel. Mais en est-il ainsi ? Nous venons de voir que non. Le fermier général ne dirige pas, il spécule sur le travail du métayer, à l’aide d'un contrat léonin qui lui assure un profit certain tout en le dispensant d’une direction effective. « Dépourvus de capitaux, sans moyen d'action, sans instruction agricole bien souvent, les petits fermiers généraux, en fait d’impulsion et de direction, ne valent pas mieux que les métayers euxmêmes ; ils valent moins quelquefois en ce sens que ces derniers ont l'habitude personnelle du travail (1) ». Et Méplain confirme en ces termes : « Son intervention dans la culture se borne presque toujours à la vente et à l'achat des bestiaux ; quelques-uns y acquièrent une expérience qui les rend habiles, mais ils s’en font prodigieusement accroire sur ce point. C’est un art d’observation dans lequel le colon si naturellement observateur les aurait bien vite dépassés. En réalité, il n’y a pas de colon un peu intelligent qui n’égale dans cette science la moyenne des fermiers ».
Et même quand le fermier général prend sur d’autres
(1) TOURDONNET, 0p. cit.
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points son rôle au sérieux, sa tâche est bien allégée par la collaboration du métayer rompu à toutes les pratiques agricoles.
Qu'il dirige ou qu'il s’abstienne, l'intermédiaire est malvenu à vouloir justifier son profit par l'influence que sa valeur technique exerce sur les bénéfice de l'entreprise. Le droit de direction lui est surtout utile pour peser sur la volonté du métayer, et arracher à ce dernier d'illégitimes avantages.
Bétail. — Le cheptel vivant est exploité à moitié pertes et profits. Un reproche, souvent adressé au fermier général, consiste dans le droit qu'a celui-ci de vendre et d'acheter le bétail sans le consentement et même hors la présence du métayer. Le colon ignorant des prix auxquels se font toutes ces transactions, est à la merci du fermier général peu scrupuleux (1).
Engrais et amendements, semences. — Il est généralement stipulé dans le contrat que les dépenses d'achat de ces diverses matières incombent, par parts égales, à chacun des contractants. Le droit de choisir la qualité des engrais, amendementsetsemences, d'en déterminer la quantité à employer, appartient au fermier général. Le métayer supporte à lui seul les frais de transport et d'épandage.
(1) V. Recueil des usages locaux du dépariement de l'Allier, GAUME, 1855, et Travailleur rural, n° 18.
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De telles conventions présentent un double inconvépient : Lo Le métayer est exposé à être volé, comme pour les animaux (4); 2° Il supporte une charge exagérée, étant donnée la courte durée des baux. Tout le monde sait que les engrais et amendements produisent leurs heureux effets pendant plusieurs années. La chaux surtout, agittrès lentement ; il en est de même de certains engrais organiques où minéraux (2). N'est-il pas bon — d'aucuns diront juste — que le métayer ait, par son bail, la certitude de récupérer tous ses débours en matières fertilisantes ? Evidemment si. Pourtant, les baux annuels l’exposent toujours et le condamnent trop souvent à être la victime de véritables spoliations (3).
Corvées et charrois. — Les clauses qui les concernent ont donné lieu aux critiques les plus vives, mais aussi les plus justifiées. IL semble, à première vue, que le métayer doive réserver son travail et la force de ses attelages à l'exploitation de la métairie sur laquelle il est seulement remboursé de ses dépenses. Il n’en est rien, cependant, et c’est là qu’apparaissent nettement les vrais
(4) M. Vernaison parle du métayer qui voit augmenter les notes des fournisseurs d'engrais « trop heureux encore quand une savante entente du fermier (général) et du marchand ne l'obligera pas à tout payer. Cela s'est vu et se voit encore tous les jours ». Le Métayage en France, 1902.
(2) V. dans DEHERAIN, Cours de chimie agricole, 1873, les calculs très édifiants de MM. Masure et Lecouteulx.
(3) V. Usages locaux, GAUME.