‹ La Question Des Îles d'AlandChapitre 29 sur 29 · M. RER · texte numérisé non relu

M. RER

parachever l'injustice les avoir mis sous la domination finlandaise.

La Suède aurait dû relever cette question avec toute la vigueur d’une nation indépendante qui voit 20.000 de ses fils, habitant un archipel qui fit jadis partie intégrante d'elle-même, subordonnés au destin d’une patrie marâtre, lors du Traité de Versailles.

Nous reproduisons, d’après M. Erik Sjoestedt (Un problème baltique. Les îles d’Aland), un article du Figaro en date du 10 septembre 1919 :

« Le droit des Alandais de retourner à leur mère patrie, la Suède, est aussi imprescriptible que le droit des Danois du Slesvig, des Polonais, des Tchèques à l'indépendance. Les puissances de l’'Entente ont inscrit sur leurs drapeaux victorieux « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Ce principe, proclamé par les Droits de l’homme, formulé à nouveau par le président Wilson, sera la loi du tribunal des Nations. Les habitants d’Aland s’en réclameront devant lui, leur cause sera entendue et justice leur sera faite ».

Loin de nous l’idée que le droit des peupies à disposer d’eux-mêmes soit proclamé à outrance les plus gros conflits seraient à craindre là où la civilisation n’est pas avancée; ce qui se passe en Russie nous montre qu'il y a des peuples européens,

chez lesquels on supposait certaine civilisation, qui

LR

veulent retourner à l’état d’entière barbarie. Ce serait vouloir détruire l’œuvre de civilisation entreprise par plusieurs générations que de donner à des peuples n’ayant pas encore atteint le degré de civilisation nécessaire le droit à disposer d'eux-mêmes.

M. Pillet nous dit, se référant au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (La guerre et le droit) : « D’autres conséquences non moins graves $e produiront chez les peuples encore peu avancés en civilisation. ou (pour ne froisser personne) dans l’art de gouverner, en Chine par exemple. La politique des peuples civilisés a tou jours été très particulière à l'égard de ces groupes qui ont leur civilisation à eux, mais très différente de la civilisation chrétienne, et à qui le consentement général des peuples

assigne d'occuper un degré un peu inférieur sur

l'échelle des Nations.

« Les peuples les plus avancés ont toujours exercé

une certaine tutelle sur ceux qui les suivent, ils ont

considéré comme leur droit — bien que cette idée ait été théoriquement très contestée -- d’initier ces

peuples aux divers avantages que procure la ecivili-

sation, ils leurs ont imposé au besoin leur collabo-

“ation et dans une large mesure leur suprématie. Tout cela n’est pas compatible avec le droit nouveau qu'a le peuple de disposer de lui-même; les Etats même un peu inférieurs peuvent secouer le joug

que l’on prétendrail leur imposer et disposer à leur

Eire

gré de leurs destinées, ce qui peut être Le début et l’occasion de crises bien funestes à l'humanité tout entière. Nous en avons présentement l'exemple dans jes soulèvements de l’Inde et de PEgypte. Il y a bien là des peuples différents, le point ne souffre aucun doute, mais qui dirait qu’une fois libres ces peuples sauront se gouverner où même simplement assurer l’ordre sur leurs territoires ». !{

Combien vraies sont les paroles de M. Pillet nous montrent lies événements tout récents qui sont arrivés chez des nations ayant une vieille civilisation, mais qui, ayant été opprimées, rendues libres par le Traité de Versailles ont choisi une forme de gouvernement qui, à notre idée, suppose une civilisation très avancée. Or la leur, ayant été arrêtée pendant des siècles, n’est pas encore adaptée à avoir un gouvernement républicain; un roi et une forte constitution auraient mieux réussi à la Pologne, la Finlande, etc.

Quant à Yaulorité du président Wilson, nous ne pouvons que citer toujours M. Pillet : « La prudence la plus élémentaire s'oppose à ce que l'on accorde le moindre crédit aux innovalions dues à lespril inventif du président Wilson ».

Mais tout argument contraire à l'incorporation

des îles d’Aland à la Suède ne peut ètre soutenu,

car ses droits historiques sur l’archipel ainsi que la

pationalité suédoise de ses habitants peuvent nous

Ale

déterminer à dire : c’est une injustice, car il y en a encore en Europe. Nous en avons vu disparaître de plus fortes, espérons que celles qui restent n’existeront plus bientôt. Les îles d’Aland seront rendues

à la Suéde et l'Irlande sera hbre !

Vu : Le Doyen, Vu: Le President de These, H. BERTHELMY. PILLET.

Vuet permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris,

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