LIMPOT PROGRESSIF ET L'IMPOT PROPORTIONNEL
Nous écrivions il y* a quelques années ' a II n'y a pas de question plus délicate que celle de l'impôt. Savoir ce qu'on doit légitimement à rÉtat pour les services qu'on en reçoit, chercher sous quelle forme il convient mieux de s'acquitter pour éprouver le moins de gêne et ménager le plus la richesse publique, tel est le problème. On discute sur ce sujet depuis longtemps y et dans aucun pays on n'est encore parvenu aune solution qui satisfasse tousles esprits.
> voyez la Revue des Deux Mondes du 15 janvier 1873.
Ce qui le prouve, ce sont les remaniements de taxes qui ont lieu constamment et à peu près partout. Ces remaniements tiennent sans doute à ce que , les besoins des Etats venant à s'accroître, il faut y pourvoir par de nouveaux impôts ; ils tiennent aussi à ce que, les sources de la richesse variant sans cesse , les unes se développant plus que les autres et de nouvelles surgissant, il convient d'équilibrer le fardeau en raison des forces qui doivent le supporter. Tout cela est vrai. Cependant, si l'impôt est si souvent mis en discussion , c'est encore parce que les idées ne sont pas parfaitement nettes à cet égard. » Depuis que ces lignes ont été écrites, la question, il faut en convenir, ne s'est pas beaucoup éclairdli ; elle est peut-être même plus embrouillée que jamais. Jamais en effet on n'avait vu surgir autant de propositions, tantôt pour supprimer ou modifier sensiblement les impôts indirects , en leur en substituant d'autres, bien entendu, tantôt pour éta-
blir une taxe générale sur le revenu ou sur le capital y tantôt enfin pour essayer, sous une forme d'abord modérée, la taxe progressive.
On parle et l'on agit absolument comme s'il n'y avait pas de principes sur la matière, et qu'on fût livré sans règles aux caprices du législateur. Nous voudrions aujourd'hui encore revenir sur le sujet , le serrer d'un peu plus près , et examiner à quoi tiennent toutes ces erreurs répandues dans le public, soit sur les taxes indirectes, soit sur la taxe progressive. Commençons par celle-ci.
DE l'impôt progressif AU POINT DE VUE DI LA