‹ La Question des Nouvelles-HébridesChapitre 7 sur 12 · CHAPITRE VI Vaté (Tagabé · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Vaté (Tagabé

14 français.

1 anglais.

Vaté (Port-Havannah).

6 français.

21 anglais.

Aoré.

1 français.

Malo.

8 anglais.

3 américains.

3 français.

Aurora.

Néant.

Espiritu Santo.

3 anglais.

15 français.

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Ware te riRe, en

Au commencement de l’année 1899, les journaux de la Métropole ont publié des chitfres qui diffèrent peu

des précédents et d’après lesquels la population blan-

che des Nouvelles-Hébrides s’élèverait

aujourd’hui à

environ 329 personnes, femmes et enfants compris,

dont :

Francais Anglais .

Suédois . . or Allemands". . +. . .

Portugais .

Américains.

Espagnols .

Prusse. .

Dans l'archipel néo-hébridais la Société française

cultive dans:

L'Ile de Vaté :

40 Viba nue 90 Port-Havannah.

Ile de Spiritu Santo, Canal du Segond. .

Ile Mallicolo, Port-Sandwich . . .

Ile d’Api, Api .

HO TAINEEeR

320 hectares

835 hectares

Superficie des terres cultivées dans le même archipel

par d’autre colons :

A Vila, île de Vaté, par M. Chevillard .

A Ambryn, par M. Rossi. .

À Api, par M. Facio.

À Api, par d'autres colons.

A Vaté, par d’autres colons .

Total.

230 hectares

. . 4.160 hectares

Cette énumération, qui n’accuse que 1995 hectares

cultivés, ne comprend qu'une partie des plantations

appartenant à des Français et on peut estimer qu’ils possèdent des plantations s'étendant sur 3000 hectares environ.

Il importe de remarquer que la création de la situation d'Api par la Société française des Nouvelles-Hébrides ne date que de l’année dernière 1898, on peut se rendre compte par le chiffre des hectares mis en valeur dans cette île de l’activité qui y a été déployée par nos compatriotes.

Des statistiques qui précèdent, il résulte bien nettement : d’une part que les Nouvelles-Hébrides peuvent être considérées en fait comme terres françaises en raison de la superficie possédée par des Français ; d'autre part que la population française n’a cessé d'augmenter, qu'elle à toujours été supérieure à la population anglaise, il importe de remarquer aussi, comme nous allons le voir, que les colons de nationalité différente de Ja nôtre ont maintes fois adressé au gouverneur de la Calédonie et au Gouvernement français des pétitions dans le but d'être placés sous l’autorité de la France. De cet ensemble de constatations, il ressort que bien rarement une nation à pu invoquer à la possession d’une terre des titres aussi indiscutables que ceux, mis par les faits à la disposition de notre gouvernement, en ce qui concerne les Nouvelles-Hébrides. Nos compatriotes y sont les plus nombreux, ils sont propriétaires de la plus grande étendue du territoire, les étrangers euxmêmes acceptent ou demandent notre autorité. « Sup-

posons, disait en septembre 1890 à la Chambre haute de Melbourne, M. J. Service, ministre de la colonie de Victoria, que les îles soient largement colonisées par les Français, qu'y aurait-il de surprenant à ce que le pavillon français s’y implantât à la suite des colons ? C’est une loi générale admise que la nation qui possède le plus grand établissement dans un pays nouveau a le droit éventuel d'en prendre possession. »

Par quelle anomalie, quelles circonstances extraordinaires il peut se faire que les Nouvelles-Hébrides ne soient pas colonies françaises, c’est ce que nous allons étudier dans le chapitre suivant.

Nous venons d'examiner les Nouvelles-Hébrides au point de vue de leur situation géographique,deleur constitution physique et des ressources qu’elles sont susceptibles de fournir. Il nous paraît ressortir suffisamment de cette étude que la possession de ces îles n’est pas à dédaigner pour les peuplesde civilisation ancienne,surtout à une époque où tous ceux de la vieille Europe cherchent desterres où écouler letrop plein inoccupé de leur population à l’étroit dans la mère-patrie et des débouchés où placer avantageusement la surproduction de leurs manufactures. Aussi n'est-il pas suprenant que deux de ces nalions : la France et l'Angleterre se disputent à l'heure actuelle la propriété de ce riche archipel. Comme elles n’ont pu parvenir à s'entendre sur ce point et comme d'autre part, elles n'ont pas pensé, qu'après tout l’avantage que pourrait tirer de ces îles celui qui en resterait maître, était insuffisant pour motiver une solution violente de ce différend, elles se sont arrêtées, à l’amiable, à une cote mal taillée : la convention de 1887 qui semble au premier abord équitable et satisfaisante pour les deux parties, mais qui apparaît bien nettement être

au désavantage de la France lorsqu'on l’étudie de près et au point de vue des résultats qu’elle a eu dans la pratique.

Nous allons examiner rapidement dans ce chapitre la genèse de cette convention et nous exposerons dans le suivant la situation très curieuse au point de vue juridique, mais bien gênante pour les intéressés, dans laquelle elle a placé les colons français établis aux Nouvelles-Hébrides.

Il semble d'abord que la question de possession de cet archipel n'aurait pas dû faire l'objet de tant de difficultés et qu'il devait naturellement revenir à la France maîtresse de sa voisine la Nouvelle-Calédonie. Si l’on jette en effet les yeux sur la carte du Pacifique la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides paraissent former le même groupe d’îles, tandis que les colonies anglaises les plus proches : les Fidji et l'Australie, sont à une distance considérable de ce groupe. Nous avons dit, dès le début, que cette apparence n'était pas trompeuse et que les Hébrides appartenaient au même soulèvement géologique que la Nouvelle-Calédonie dont une distance de 220 milles seulement les sépare.

Au point de vue économique, comme l'a dit un de nos gouverneurs, la Nouvelle-Calédonie sans les Hébrides est une tête sans corps ; avec les Hébrides, la Calédonie deviendrait une des plus belles colonies de la France.

En fait, le gouvernement britannique n'aurait peut-

être jamais cherché à nous contester bien sérieusement la possession de cette dépendance naturelle de notre colonie, s'il n'y avait été poussé par ses sujets australiens. Le peuple anglais se rapproche en effet sous ce rapport comme sous bien d’autres des anciens phéniciens, fondant au loin des colonies qui essaimaient à leur tour dès qu’elles avaient atteint un certain développement. Et de même que les prosélytes d’une religion, ces nouvelles Angleterres montrent un zèle et une ambition des plus ardentes à suivre l’exemple de la mère-patrie et à s’annexer le plus qu’elles peuvent des terres environnantes.

Mais il importe de ne pas exagérer l'importance du mouvement annexioniste en Australie. Il s’en faut de beaucoup que ce soit la majorité, ni même un nombre considérable de colons anglais,qui désire voir Le drapeau anglais flotter seul sur les Nouvelles-Hébrides. Jusqu'ici du moins, la plus grande partie de la population australienne a paru s’y intéresser assez peu ; l'agitation, surtout dans le début, a été factice et créée par les missionnaires anglais, dont nous avons parlé déjà au sujet de l'immigration et dont il convient de montrer ici toute la puissance.

Nous n’avons nullement l'intention d'apprécier au point de vue moral et religieux l’œuvre de ces missionnaires, nous nous contenterons d’exposer les faits qui ont été rapportés dans les journaux de France, d’Australie et de la Nouvelle-Calédonie à quelque parti qu'ils appartiennent.

Il est de la nature même d’une religion de chercher à se créer des prosélytes ; chacune d'elles est persuadée qu’elle est en possession de la vérité et qu’elle rend un service incontestable en répandant partout ses principes. À ce point de vue, missionnaires anglais et français, catholiques et protestants sont animés du même zèle et méritent le même éloge. Seulement, au point de vue politique et économique, le missionnaire anglais diffère considérablement du français. Ce dernier a surtout pour but de gagner des âmes à la vraie croyance, il ne cherche qu’à réaliser cet idéal, les considérations du siècle sont pour lui secondaires. Le missionnaire anglais, au contraire, croit qu'il n’a pas fait assez lorsqu'il a travaillé pour la céleste patrie et n’oublie jamais d'agir en même temps pour celle de la terre. Peut-être même pourrait-il dire comme le doge de Venise aux envoyés du pape qui l’exhortent à s’armer pour la croisade : « Scanio Venezioni, poi Christiani ». Ce n’est pas que nos missionnaires n'aient rendu à l'étranger les plus grands services à la France et qu’ils auraient fait davantage encore s'ils avaient été soutenus davantage officiellement, ainsi que le sont les missionnaires anglais, mais la tâche politique est pour eux tout à fait accessoire. IL s’agit là d’une différence de conception philosophique dans le rôle de l’évangéliste, nous n’avons pas à l’apprécier, mais à constater quels en sont les résaltats au profit de la politique anglaise dans le Pacifique. Du reste, il est nécessaire d'entrer dans quel-

ques détails pour permettre de se rendre un compte exact de la façon dont les missionnaires agissent et de l'empire qu’ils possèdent sur les indigènes, quelques mots seraient ici insuffisants pour caractériser leur œuvre et leur physionomie.

Leur société est puissante et si l’un d'eux parle du fond d’une île reculée de l'Océanie, sa parole est répétée jusque dans les rues d’'Exeter Hall et de Jà jusqu'à la Chambre des communes et la Chambre des Lords.

Animé d’une conviction religieuse ardente, le missionnaire anglais a sa tâche arrêtée, il se fixe dans une île spéciale pour y faire des prosélytes et ne recule devant aucune difficulté pour atteindre son but.

Il considère les noirs comme sa propriété et loute intrusion de commerçants, de colons ou de navires de guerre lui est désagréable. Pour lui, le noir doit rester à portée de la voix qui lui prêche l’Evangile,à portée de l'Eglise qui retentit plusieurs fois par jour de psaumes et de cantiques, à portée de l'Ecole où le missionnaire et sa femme instruisent séparément les hommes et Les femmes canaques.

En plus de l'influence qu'il acquiert par l’enseignement, le missionnaire impose des règles fixes sur le costume, sur le travail.

Plus tard, quand sa mission estsuffisamment avancée, il la fait contribuer à ses propres besoins, voire même à l'entretien de l’œuvre Mère, qui ne recule pas au dé-

but devant de lourds sacrifices pécuniaires pour éta-

blir une mission nouvelle et qui ne refuse pas dans la suite les ressources qui lui viennent de missions anciennes.

Il y a des tribus puissantes dont le chef véritable est le missionnaire anglais. Aucune transaction ne pourrait intervenir entre un européen de passage et un noir, sans que le missionnaire ait été consulté.

Un voyageur n’y trouverait pas de guides, si le missionnaire n’avait donné aux noirs l'autorisation d’accompagner l'étranger et le prix de ce service.

Pour mieux asseoir leur influence, les missionnaires anglais adoptent généralement une attitude hostile et méprisante à l’égard des colons et des commerçants fixés dans leurs parages. Au cas de différend entre Européens et Canaques, le missionnaire prend régulièrement parti pour ces derniers. Aussi, dans les enquêtes faites par les navires de guerre anglais, la conduite des missionnaires à été fréquemment trouvée incorrecte. Parfois, ces religieux ont été jusqu’à charger injustement leurs propres concitoyens dans les débats entre Européens et Canaques.

Les missionnaires anglais de l'Océanie sont donc plutôt redoutés qu’estimés par les Européens, et laissés quelque peu à l'écart par leurs compatriotes. Parfois même,les attaques virulentes ne leur sont pasménagées, mais elles n’ont guère d'effet.

C'est que ces hommes remplissent une mission poli-

tique dont l'intérêt pour l'Angleterre est immense. Les

198 CHAPITRE vit

missionnaires sont les hardis pionniers de la civilisation, de la colonisation, du commerce de l'Angleterre en Océanie.

Is y ont devancé les bateaux trafiquants des pêcheurs de perles. Armés de la bible et de présents pour les indigènes, ils gagnent la confiance des noirs, puis les instruisent et leur apprennent que la puissance anglaise est la seule digne de respect, la seule vraie, la seule existante.

Les missionnaires anglais étaient au Fidji trente ans avant l'occupation anglaise, quelques-uns d’entre eux y ont été massacrés.

Ils sont aux Nouvelles-Hébrides depuis de longues années. Erromango et Tanna ont été arrosés de leur sang.

En 1872 ou 1873, ce fut un missionnaire, le révérend Mac Farlane qui fit la première exploration sérieuse de la Nouvelle-Guinée.

Le mot de chauvinisme est trop faible pour être appliqué à l'élan à la fois patriotique et religieux qui fait des missionnaires anglais, les agents convaincus du développement de l'influence anglaise par la religion, par la langue et par le commerce. Cette ardeur mal contenue les entraîne souvent trop loin, dans le cas, par exemple où, sortant complètement de leur caractère religieux, ils ne craignent pas de revêtir un caractère exclusivement politique. À cet égard, il leur est arrivé parfois de commettre des actes très graves,

qui ont dû être désavoués par les représentants autorisés de la nation britannique.

Les missionnaires anglais devaienttout naturellement être les adversaires les plus ardents de la colonisation française aux Nouvelles-Hébrides. Non seulement elle les atteignait dans leur ardent patriotisme, mais encore au point de vue matériel, elle compromettait l'absolutisme de la domination qu'ils exercent sur les indigènes. Cependant tout leur zèle n'avait pu empêcher ce qui dérivait de la nature même, c’est-à-dire de l’établissement de nos compatriotes aux Nouvelles-Hébrides.

À partir de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie (24 septembre 1850), le développement commercial des Nouvelles-Hébrides se lie continuellement à celui de notre grande colonie. Des bateaux de plus en plus nombreux partent de Nouméa pour trafiquer dans les îles, les stations se fondent et prospèrent.

Jusqu'en 1876, il n'était contesté par personne que la France eût des droits évidents sur les Nouvelles-Hébrides.

L'histoire de la lutte de l'Angleterre contre notre établissement dans cet archipel est donc caractérisée par les deux faits suivants : d’une part, l'initiative prise par les missionnaires anglais,en particulier ceux de la secte presbytérienne, d'autre part l'ambition des colonies australiennes qui, une fois le mouvement commencé, ont fait de l'annexion des Nouvelles-Hébrides l’un de

leurs desiderata les plus ardemment convoités. L’An- )

gleterre même à joué pour ainsi dire un rôle passif, elle s’est laissé pousser par ses colonies dont elle a même dù quelquefois, ainsi que nous le verrons,réprimer l'impatience.

Le fait par lequel débute ouvertement la lutte antifrançaise en Australie est le meeting tenu à Melbourne le 19 septembre 1877. sous le prétexte de dire adieu au RévérendJ. Palon, qui exerçait depuis plusieurs années les fonctions de chef de l'église presbytérienne aux Nouvelles-Hébrides.Enréalité,on y traitasurtout dela nécessité d’annexercesîilesà la couronne d'Angleterre, les orateurs la motivèrent ainsi qu'il suit: « En premier lieu, un navire de guerre français avait essayé récemment d’arborer le pavillon tricolore aux Nouvelles-Hébrides, sans succès d’ailleurs parce que les indigènes savent que la civilisation française c'est l’extermination des naturels». Il était donc aussi bien de leur intérêt que de celui de l'Australie, que l'Angleterre intervint. Or cetteallégation était fausse à un double point de vue: aucun navire français n'avait paru dans les eaux des Nouvelles-Hébrides et d’autre part, nous avons vu quels étaient les procédés des équipages des bateaux venant du Queensland dans le but de faire le recrutement : les meurtres étaient fréquents, le rapt était la règle ; les commandants et commissaires anglais chargés de faire des enquêtes à ce sujet ont élé obligés de le constater. En second lieu, les orateurs de Melbourne essayèrent de démontrer que la Grande-Bretagne avait plus de droits

que la France à la possession des Nouvelles-Hébrides, «parce quesiellessont voisines de la Nouvelle-Calédonie elles le sont aussi des Fidji et que les indigènes, ainsi que les résidents, ont essayé à plusieurs reprises d’obterirle protectorat anglais ». Or c’est précisément le contraire de cette dernière affirmation qui venait d'avoir lieu.

Nous retrouvons en effet ici un fait curieux dont on peut citer quelques exemples dans notre histoire coloniale : celui d'étrangers venant d'eux-mêmes demander à être placés sous la protection de nos lois. A l’époque dont nous parlons, ce fait s'était produit à deux reprises aux Nouvelles-Hébrides.

En février 1875, les négociants anglais établis à Tanna envoyaient au gouverneur de la Nouvelle-Calédonie l’adresse suivante :

« Les soussignés résidents, et autres intéressés de l’île de Tanna (Nouvelles-Hébrides) ainsi que plusieurs des principaux chefs supplient Votre Excellence de prendre la dite île de Tanna sous la protection du pavillon français en l’annexant à la Nouvelle-Calédonie.

« L'île de Tanna est une des plus riches des mers du sud, elle se prête parfaitement à la culture de la canne à sucre, qui est indigène et qui y pousse avec une grande vigueur. Mais toute espèce de gouvernement faisant défaut, personne ne se sent disposé à risquer les grands capitaux que réclame la culture de la canne à sucre.

« Le gouvernement pourrait frapper d’un droit l'extraction du soufre, qui y existe en grande quanlité et

se faire ainsi un revenu considérable.

«Les naturels sont divisés en un si grand nombre de petites tribus, toujours en guerre les unes avec les autres, qu’ils accepteraient avec plaisir toute intervention du rétablir la paix.

«Nous avons done confiance que Votre Excellence voudra bien prendre notre demande en considération, et dans l'espoir que nos vœux seront énoncés, nous nous disons de votre Excellence les très humbles serviteurs (Suivent dix signatures).

L'année suivante l’exemple est suivi par les colons de l’île de Vaté, qui écrivent :

À Son Excellence le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie.

« Les planteurs et résidents de l’île de Vaté vous présentent avec le plus grand respect la requête suivante :

« Considérant la position géographique de cette île par rapport à la Nouvelle-Calédonie et aux autres îles dont vous êtes le gouverneur.

« Considérant que depuis bientôt huit ans les rela: tions commerciales existent entre les deux colonies par des bateaux de commerce, relations qui vont croissant chaque année.

« Considérant en outre qu'aucune puissance n’a pris cette colonie naissante sous sa protection.

« Nous venons demander avec instance au représentant de la France de placer cette île sous le protectorat

de cette nation.

« Beaucoup d’entre nous résident dans cette île depuis cinq ou six ans et nous avons toujours vécu en paix avec les indigènes. Nous pouvons affirmer que vous n'aurez pas besoin d’un personnel nombreux pour nous gouverner.

« Ce que les colons demandent surtout, ce sont les moyens réguliers de se procurer les bras nécessaires, soit pour les cultures, soit pour la pêche, une surveillance convenable sur les engagés, sur les engagistes et les privilèges ordinaires d’un commerce inlercolonial. »

Le Gouvernement français trop timide ne donna jamais suite à ces propositions.

À la suite du meeting, une délégation alla trouver le Président du Conseil des Ministres de l’État de Victoria et le pria de transmettreau Gouvernement métropolitain les vœux de la colonie en faveur de l’annexion des Nouvelles-Hébrides. En même temps une violente campagne de presse se poursuivait dans le même but.

Le cabinet de Londres accueillit assez froidement les ouvertures qui lui furent faites. Il avait de bonnes raisons pour cela. En effet, peu de temps auparavant, sous la pression des colonies australiennes, il avait proclamé l’annexion des îles Fidji à la Couronne. Un gouvernement fort dispendieux, ce qui n’est pourtant pas dans les habitudes anglaises, ÿ avait été installé. Le gouvernement britannique avait demandé à ses colonies de contribuer aux frais de cette annexion ; or une fois celle-ci accomplie, elles s’y étaient très nettement refu-

sées. Redoutant que pareil fait ne se produisit au sujet des Nouvelles-Hébrides et retenue par ce sentiment peut-être plus que par l'éventualité des légitimes protestations de la France, la métropole ne voulut pas encourager davantage les désirs ambitieux des Australiens. D'ailleurs le premier ministre de Victoria n'avait pas caché à la députation qu’il prévoyait cette solution, aussi les journaux locaux furent-ils cette fois les premiers à manifester l'intention de la colonie de participer aux charges de l'annexion.

La question fut donc ajournée et la France profila de cette accalmie pour proposer au Cabinet de Londres d'adopter en commun la renonciation des deux gouvernements français et anglais à toute occupation des Nouvelles-Hébrides dont l'indépendance serait reconnue par les deux nations. Le cabinet de Londres accepta cette transaction. Ce modus vivendi ne reçut pas la forme d’une transaction proprement dite, elle résulte simplement d'un échange de lettres entre lord Derby et le vicomte d'Harcourt, mais elle n’en forma pas moins la base du droit international en cette matière jusqu’à l’arrangement de 1887. Cette démarche du Gouvernement français était une véritable faute dont nous supportons encore les conséquences. Elle était analogue à l'accord de 1842 par lequel la France et l’Angleterre s'étaient engagées réciproquement de ne pas s’annexer les îles Sous-le-Vent. Depuis cette époque, nous avions

eu l’occasion de reconnaître les désavantages d’une

pareille solution et en 1878 nous retombions dans les mêmes errements.

Du reste nous avions bientôt l’occasion de nous rendre compte de la valeur que l'Angleterre attachait à ce que l’on appelait chez nous la convention de 1878.

En effet, les missions presbytériennes continuaient leur campagne en Australie et à Londres et Le 8 février 1883, une députation de diverses sociétés religieuses demandait aux l6rds Derby et Granville « une protection efficace pour les habitants des Nouvelles-Hébrides et la suppression des abus produits par la traite ». En réalité, ce que sollicitaient les délégués, c'était l’annexion ou tout au moins le protectorat anglais sur ces îles ; les Journaux anglais le firent remarquer et les ministres ne s’y trompèrent point. Ils répondirent fort habilement que, pour le moment, il fallait écarter tout projet de protectorat britannique sur ces îles. Mais lord Derby ajoutait ces paroles caractéristiques : « Je crois que nous pourrions entrer en pourparlers à ce sujet avec nos voisins, et je serais heureux, pour ma part, si les Gouvernements anglais et français s’engageaient réciproquement à respecter l'indépendance de ces îles. Une proposition tendant à ce but avait déjà été examinée, il y a environ 6 anset Je ne vois pas pourquoi la question ne pourrait pas êlre soumise à un nouvel examen et résolue à la salisfaction des deux parties. Bien entendu, aucune convention ne pourrait empêcher

les colons français ou les Sociétés de commerce françai-

ses de s'établir dans ces îles. Mais je ne crois pas que nous puissions y redouter l’action de la France, car nous devons nous rappeler que ce pays est peu disposé à coloniser. »

Voilà des déclarations fort instructives pour nous et qu'il serait utile de ne jamais oublier dans l'avenir. Ainsi, tandis que nous pouvions nous considérer comme liés par l’arrangement de 1878, l'Angleterre n'v voyait qu'un échange de vues, de simples dispositions dont on veparlerait plus tard, le cas échéant, mais qui n’entravait en rien pour l'instant l’action anglaise, laquelle n’élait arrêtée que « parce qu’il y avait alors des circonstances toutes particulières pour que nous prenions le plus grand soin de ne pas éveiller les susceptibilités des Français ».

D'autre part «il y avait peu à redouter l’action de la France, pays peu disposé à coloniser ». Cela peut être vrai en général, mais en l'espèce et par extraordinaire lord Derby se trompait: depuis 1878, les Français accomplissaient aux Nouvelles-Hébrides une œuvre coloniale vraiment remarquable et due entièrement à l’initiative privée.

Le promoteur de ce mouvement était un homme auquel on n’a pas assez rendu justice en France, M. John Higginson, australien d'origine irlandaise venu à Nouméa en 1859, époque où il n'avait pas encore 20 ans, il avait obtenu en 1876 des lettres de grande naturalisa-

tion pour services rendus à la France. Ceux-ci auraient

été plus grands encore, si parfois l'administration ne lui avait témoigné une défiance injustifiée et bien souvent, le gouvernement français se serait bien trouvé de suivre ses conseils toujours inspirés des idées les plus droites et les plus pratiques.

En 1882, après d’actives démarches en France et en Nouvelle-Calédonie, il fonda la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides, société qui se proposait de créer dans cet archipel une vaste entreprise commerciale.

Elle s’était fixée trois buts : 1° Chercher à acquérir les terrains situés près des ports et des cours d’eau et indiqués comme des centres de population futurs et particulièrement les propriétés anglaises afin que les Anglais ne puissent un jour se proclamer les maîtres de l'archipel ; 2° obtenir, pour le travail des mines, le rétablissement de l'immigration néo-hébridaise, qui venait d’être suspendue provisoirement le 30 juin 1882 afin de donner de l'ouvrage aux libérés ; 3° pousser le gouvernement français à l'annexion assurant la prépondérance de nos nationaux.

La constitution de cette société parait aux funestes conséquences qu'aurait pu avoir pour nous une mesure que le gouverneur des Fidji avait prise en 1881. Celuiei avait averti les colons établis dans les îles de l’'Océanie qu’ils eussent à faire enregistrer leurs titres de propriété en Australie ou aux Fidji, s'ils voulaient que ces titres fussent par la suite reconnus et respectés. En

même temps, une autre circulaire établissait que le Haut Gouverneur des colonies australiennes ou des Fidji était autorisé à délivrer des permissions spéciales pour le recrutement dans ces îles des indigènes, et que, à cet effet, le gouverneur des Fidji était nommé hautcommissaire par le gouvernement de la Reine. Dès lors un navire anglais stationna dans les eaux de l’Archipel pour rendre ces dispositions effectives, les officiers anglais intervinrent dans toutes les transactions et assurèrent le respect des contrats entre leurs nationaux et les indigènes.

D'autre part une société australienne au capital de 25 millions s'était fondée pour l'exploitation des Nouvelles-Hébrides.

Notre influence dans ces îles aurait donc été sérieusement compromise si, quelque temps après que la nouvelle de la naissance de cette société anglaise parvint à Nouméa où elle excita une vive émotion, la Compagnie calédonienne des Nouvelles Hébrides ne se fût formée.

Celle-ci combattit les menées australiennes en s’appuyant sur les mêmes procédés que l'Angleterre.

Elle se substitua aux colons anglais déjà établis, leur acheta leurs titres, conclut avec les chefs de tribus, pour l'acquisition de nouveaux territoires, des transactions qui furent sanctionnées par les officiers des bâtiments de guerre français et acquit ainsi tous les points destinés à prendre quelque importance. Elle lutta avec énergie contre toutes les entreprises australiennes vio-

lentes parfois ou pacifiques ; si bien que, dès la fin de 1882, la Société calédonienne avait déjà acquis 150.000 hectares de terre appartenant aux Anglais, et près de 200.000 appartenant aux canaques.

On voit donc que lord Derby s'était abusé lorsqu'il avait compté sur notre apathie bien connue en matière coloniale pour assurer la réussite des désirs australiens.

Comme on pouvait le prévoir, sa réponse ne satisfit nullement les colonies et la campagne annexioniste reprit avec plus d'intensité dans le gouvernement de Victoria. Après s'être assuré le concours des autres colonies, lord Normouby, gouverneur de Victoria, télégraphiait aux agents de la Couronne pour les colonies australiennes à Londres pour leur faire part des vœux de l'Australie. Les agents décidèrent qu'avant de demander audience à lord Derbv, il était préférable d'attendre que les gouvernements coloniaux eussent au préalable fait connaître dans quelle mesure ils seraient prêts à contribuer aux dépenses de l'annexion. Le premier ministre télégraphia immédiatement que les colonies australiennes seraient disposées à payer leur part des dépenses.

Les craintes budgétaires qui avaient arrêté au début le gouvernement de la Métropole étaient ainsi écartées, aussi la France s’émut-elle de la persistance des démarches australiennes surtout en présence de la réponse faite par lord Derby aux délégués et le comte d’Autray

4140 CHAPITRE VIl

chargé d’affaires à Londres remit à lord Granville le 10 juillet 1883 une note dans laquelle il lui demandait très nettement si l'Angleterre entendait maintenir les engagements réciproques pris en 1878. Le gouvernement britannique ne pouvait contester l'existence de ces engagements ni leur refuser tout effet, aussi lord Granville reconnaissait très nettement que l'Angleterre se considérait comme tenue de n’apporter aucun changement à la situation politique des Nouvelles-Hébrides. En même temps une dépêche adressée aux gouvernements australiens les avertissait que la Métropole n'était nullement disposée à favoriser l'annexion des Nouvelles- Hébrides, qu’elle s'était interdite par des engagements internationaux.

En décembre 1883, se réunit à Sydney le premier Congrès des colonies où fut discutée la fédération australienne ; les dispositions suivantes furent votées :

« Le Congrès proteste contre toute annexion future de la part d’une puissance étrangère dans les régions méridionales et équatoriales du Pacifique.

..... les représentants des gouvernements coloniaux s'engagent à demander à leurs assemblées législatives le vote des sommes nécessaires pour l’annexion de la Nouvelle-Guinée et des autres îles du Pacifique. »

L'Anglelerre fut loin d'accueillir avec faveur cette première tentative d'union des colonies australiennes. Elle ÿ voyait avec raison un premier pas vers l’indépendance ; ilest en effet sinon certain tout au moins pro-

bable que, l'Australie consciente de sa force et de son éloignement de la Métropole, cherchera de plus en plus à échapper à celle-ci, afin de se gouverner librement ; si, à l'heure actuelle, il lui est encore impossible de se séparer ouvertement de l'Angleterre, c'est qu’elle ne possède n1 armée, ni marine, et qu’ainsi, elle serait en cas de guerre une proie facile pour un adversaire aussi redoutable.

Voyant leurs vœux écartés, les colonies ne cachèrent pas leur mécontentement. A la fin de la même année, deux grands meetings eurent lieu, l’un à Melbourne, l’autre à Ballorat, blâmant vivement l'attitude de la Métropole. La seconde réunion déclara notamment que les îles avoisinant l'Australie devaient appartenir à l’Angleterre seule.

Celle-ci ne tint aucun compte de ces récriminations et conclut à la fin de juin 1885 un traité qui partageait entre elle et l'Allemagne le nord du Pacifique : l’Angleterre se réservait d'occuper les archipels Gilbert et Ellis. L'Allemagne prenait le nord de la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Irlande, le Nouveau-Hanovre, la Nouvelle- Bretagne, l’île Anderson, groupe d'îles sur lesquelles nous aurions pu faire valoir des droits et où un aventurier français, le marquis de Rays, avait essayé peu d’années auparavant d'établir la colonie libre de Port-Breton. Cette tentative qui aurait pu très bien réussir, car un certain nombre de Français partirent pour ces îles, avait d’ailleurs dégénéré bientôt en une vaste escroquerie.

Quant à nous, l'Angleterre nous proposa d'échanger les Nouvelles-Hébrides contre l’île Rapa. « Ainsi, dit M. Deschanel (Les intérêts français dans le Pacifique). c’esttoujours le même système,demander quelquechose en échange de rien ; nous disons rien, puisque l’Angleterre n’est pas plus que nous propriétaire des Hébrides : voilà où mènent des arrangements comme celui de 1878. » Le Conseil d’amirauté de France, consulté sur l'adoption de cette proposition, se prononça pour la négative.

A la même époque, la France conclut avec l’Allemagne une convention en vertu de laquelle cette puissance s’engageait à ne pas prendre possession des Nouvelles- Hébrides, en se réservant le droit d’y recruter des travailleurs.

Puis la France proposa à l'Angleterre de trancher la question des Nouvelles-Hébrides dans un sens qui paraissait devoir écarter toutes les craintes exprimées par les colonies australiennes à propos de l'éventualité d'une annexion de ces îles par la France. Notre gouvernement s’engageait, à laisser aux missionnaires et aux négociants anglais toute liberté de commerce, de culte et de propagande dans l'archipel devenu français ; à n’expédier à l’avenir aux Nouvelles-Hébrides, ni même en Nouvelle-Calédonie ou sur tout autre point du Paeifique des condamnés, soit forçats, soit récidivistes.

L'Angleterre parut accueillir ces propositions, qui n'excitaient aucune protestation, ni dans la presse de

la Métropole, ni même dans celle de l'Australie ; on pouvait donc considérer l’annexion comme faite, lorsque le gouvernement anglais, disposé en fait à ne rien nous accorder, fit connaître qu’il soumettrait la question à ses colonies ; il se déciderait d’après leur avis. C'était, sous une forme courtoise, nous opposer une fin de non-recevoir. Le résultat de la consultation était prévu d'avance : les colonies, sauf la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Galles du Sud, se prononcèrent contre l'annexion par la France. Elles montraient ainsi que les motifs économiques, moraux et humanitaires qu’elles avaient mis jusqu'ici en avant dans leur opposition à une prise de possession par la France, n'avaient pas la valeur qu’elles paraissaient y attacher et que leur résolution n’était dictée que par leur espoir de voir un jour toutes les terres encore libres du Pacifique leur appartenir.

Cependant l’année suivante (1886) le Gouvernement français fut obligé de prendre un parti décisif. Les indigènes des Nouvelles-Hébrides devenaient de plus en plus turbulents, des colons anglais et français avaient été massacrés, les Européens eux-mêmes, sans lois et sans police, luttaient entre eux et les délits restaient sans aucune sanction. Enfin les missionnaires anglais excitaient de plus en plus les naturels contre nous.

La situation devenait intenable pour nos compatriotes, aussi au mois de juin, deux compagnies d’infante-

rie de marine et une d'artillerie s’installèrent, moitié à

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Fort-Havannah, dans l’île Vaté, moitié à Port-Sandwich à Mollicolo. Cette occupation ne souleva aucun conflit en Europe ; sur les lieux mêmes,nos officiers eurent les meilleures relations avec les équipages anglais mouillés dans l'archipel. Mais en Australie, la campagne de presse et les meetings devinrent de plus en plus violents.

Aussi, les gouvernements anglais et français commencèrent-ils des négociations qui aboutirent à la convention du 27 octobre 1887. Cet acte régit encore aujourd'hui notre situation dans le Pacifique.

En voici le texte :

«ART. 1%. — Le gouvernement de Sa Majesté britannique consent à procéder à l’abrogation de la déclaration de 1867, relative au groupe des îles Sous-le-Vent de Tahiti, aussitôt qu'aura été mis à exécution l’accord ci-après formulé pour la protection à l’avenir des personnes et des biens aux Nouvelles-Hébrides au moyen d'une commission mixte.

«ART. 2. — Une commission navale mixte, composée d'officiers de marine appartenant aux stations française et anglaise du Pacifique, sera immédiatement conslituée ; elle sera chargée de maintenir l’ordre, de protéger les personnes et les biens des sujets français et britanniques dans les Nouvelles-Hébrides.

ART, 3. — Une déclaration à cet effet sera signée par les deux gouvernements.

ART. 4. — Les règlements destinés à guider la com-

mission seront élaborés par les deux gouvernements, approuvés par eux et transmis aux commandants français et anglais des bâtiments de la station navale du Pacifique, dans un délai qui n’excédera pas quatre mois à parlir de la signature de la présente convention, s’il n'est pas possible de le faire plus tôt.

«ART. 5. — Dès que ces règlements auront été approuvés par les deux gouvernements, et que les postes militaires français auront pu, par suite, être retirés des Nouvelles-Hébrides, le gouvernement de Sa Majesté britannique procédera à l’abrogation de la convention de 1847. Il est entendu que les assurances relatives au commerce et aux condamnés, qui sont contenues dans la note verbale du 24 octobre 1885, communiquée par M. de Freycinet à lord Lyons, demeureront en pleine vigueur. »

Trois mois après, une déclaration intervint entre les gouvernements français et anglais conformément à l'article IT de la convention du 16 novembre 1887 :

«ART. 4%. — Une commission navale mixte composée d'officiers de marine appartenant aux stations française et anglaise du Pacifique sera immédiatement constituée. Elle sera chargée de maintenir l’ordre et de protéger les biens etles personnes des citoyens français et des sujets britanniques dans les Nouvelles-Hébrides.

«ART. 2. — La dite commission sera composée d’un Président et de deux officiers de marine français et de

deux officiers de marine anglais; les dits officiers

seront nommés par toute personne ayant reçu mandat à cet effet du gouvernement français ‘et du gouvernement britannique respectivement. À partir de la date de la nomination de la première commission, la présidence de la commission appartiendra alternativement, pour un mois, à l'officier commandant les forces navales françaises et à l'officier commandant les forces navales britanniques présentes dans le groupe. II sera décidé par la voie du sort lequel de ces deux officiers remplira le premier les fonctions de Président.

La commission se réunira à la requête de l’un ou de l'autre des deux officiers commandants. En l'absence de l'officier commandant, président pour la période courante, l’autre officier commandant présidera, et la commission aura pouvoir d'agir si deux autres de ses membres, l’un français, l’autre anglais, sont présents.

«ART. 3. — La commission remplira son mandat en se conformant aux règlements qui sont annexés à cette déclaration et aux autres règlements ultérieurs qui pourront être successivement admis d’un commun accord par les deux gouvernements. »

Fait à Paris, le 26 janvier 1888.

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