I. — Protectionnisme agraire en Allemagne
L'Allemagne constituait avant la guerre et pendant les années d’après-guerre jusqu’en 1930 le plus grand débouché pour le blé de l’Europe centrale. Avant la guerre, elle importait annuellement à peu près 18 millions de quintaux et pendant les années qui ont suivi la guerre, les importations allemandes ont encore augmenté, atteignant une moyenne annuelle de 21 millions de quintaux entre les années 1924-28. Ce n’est qu’à partir de 1930, après l’effondrement des cours du blé sur les marchés mondiaux, que l'Allemagne a inauguré une politique agraire tendant nettement à une autarchie agricole complète.
Le protectionnisme agraire en Allemagne ne date que de 1925. En effet, le traité de Versailles a interdit à l’Al- Imagne de percevoir des droits de douane ou d’ériger d’autres obstacles à l’importation. Dans ces conditions, la culture du blé — étant donnés les frais de production assez élevés — n’était rentable que sur les terres les meilleures de sorte que les superficies cultivées en blé avaient sensiblement diminué.
L’interdiction d'établir des droits de douane a pris fin au mois d’août 1925. L'Allemagne a, le même mois, intro-
de
duit un droit d'importation sur le blé, d’ailleurs encore très inférieur à celui d’avant-guerre. Ce dernier, 7,5 R.M. par quintal, n’est entré en vigueur qu’à partir de juillet 1929. Mais, dès le commencement de l’année 1930, par suite d’une tendance accentuée à la baisse et particulièrement la brusque chute des prix du blé en juillet 1930 ont amené le gouvernement à procéder à un relèvement successif des droits de douane. Au mois d’octobre, les tarifs pour le blé furent élevés à 25 RM. par quintal et les droits sur la farine ont atteint à la même date 51,10 R.M. par quintal.
Ce taux des droits de douane n’a pas changé depuis mais, par contre, d’autres mesures administratives ont été prises qui ont aggravé l’importation du blé. C’est ainsi qu’à partir du mois d’août 1931, le taux minimum du blé indigène pour la mouture a été fixé à 97 %.
Par ailleurs, en même temps qu’elle importait des quantités considérables de blé, l'Allemagne exportait beaucoup de seigle. Or, au moyen des tarifs et de la fixation d’un taux minimum de blé pour la fabrication des farines destinées à la consommation intérieure, le gouvernement a maintenu les hauts prix du blé, tandis que les prix du seigle ont sensiblement fléchi. En 1931, les prix du blé et du seigle ont été cotés à la Bourse de Berlin respectivement 23.6 et 19 RM. Cette différence de prix a fortement stimulé la culture du blé tandis que celle du seigle a diminué.
on
Superficie cultivée en blé et en seigle en millions d'hectares (1).
Année Blé Seigle
Moyenne 1923-27........ À 1,56 4,55 LODSANRMEST 1,72 4,63
RODO SEE QUES 1,60 4,72