‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 11 sur 46 · CANADA (1) ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

CANADA (1) ETATS-UNIS

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1913: :: 100 100 100 100 19287. 153 123 144 125 192%: 155 145 140 139 925.5: 160 186 148 184 19262: 156 170 143 172 1927 5: 153 169 137 152 1928. 151 153 138 145 19292; 149 152 136 136 1950: : 135 108 124 106 HSE: 113 67 105 74 10822. , 105 63 .93 59

(4) Institut International d’Agriculture. Documentation pour la Conférence monétaire et économique de Londres, 1933; p. 266.

M, de

D'autre part, la réduction de la consommation du blé par tête d’habitant a-contribué aussi à ce déséquilibre. En effet, c’est un fait généralement reconnu qu’avec l’amélioration du niveau de vie d’une population, la proportion des légumes, de la viande et des produits laitiers augmente dans l’alimentation au détriment des produits farineux. D’après des données statistiques de 1931, aux Etats- Unis, on a constaté une diminution de 12 % dans la consommation du pain et par contre, une augmentation de 42 %, dans la consommation des fruits et des légumes. Cette même tendance s’est manifestée dans presque tous les Etats européens importateurs de blé.

Consommation de blé par tête d’habitant en Kg. (1)

1909-1913 1925-28 Aléthaehen UN PAUL PA 86 81 Belgique .:...... ARC TLAE 234 185 ESC EE MEME RNA AU 159 155 FrADCON. ESA PETER RTE 223 199 Grande-Bretagne ......... 163 154 SUIS NES 0 CAN ET 143 140

Cette diminution, soit 5-6 % dans le monde, jointe à une production croissante, devait nécessairement alourdir le marché mondial du blé.

Après un aperçu sommaire sur l’évolution du blé dans le monde, il semble que l’idée de sous-consommation de cette denrée doive être exclue. En effet, on pourrait parler d’une sous-consommation de certains produits alimentaires

() S.D.N. Comité économique, Crise Agricole, vol. I, p. 28.

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comme la viande, le beurre, etc. Leur acquisition exige une capacité financière plus élevée. Au contraire, pour un article consommé en masse et d’une nécessité absolue comme le blé, dont la consommation tend même encore à s’élever avec l’appauvrissement de la population, la sous-consommation est peu probable. En matière de blé, il y une surproduction générale. Il y a trop de blé dans les pays exportateurs et même dans certains pays qui, au moins jusqu’ici, étaient considérés comme pays importateurs par excellence. Même une baisse encore plus accentuée des prix serait incapable d'augmenter, dans une mesure sensible, la consommation du blé.

$ 2. —— Le protectionnisme agraire des pays importateurs de blé.

La désorganisation du commerce et l'effondrement des cours du blé sur les marchés libres ont eu pour conséquence l’abaissement des prix au-dessous du coût de production. Dans ce chaos des prix, il n’est resté aux Etats exportateurs aucun moyen efficace de remédier à cet état de choses. Toutefois, pour soulager la situation désastreuse . des agriculteurs, ceux-ci ont eu recours à des moyens différents, soit en accordant une subvention aux cultivateurs sous forme de primes à la production, soit en enflant par des procédés artificiels les prix sur le marché national, en grevant la consommation intérieure. Malgré ces mesures, ils ne sont pas parvenus à améliorer la situation désastreuse de leur population agricole.

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En face de cette débâcle du marché du blé, les pays importateurs se sont trouvés par contre dans une situation relativement favorable. Ils sont devenus en quelque sorte les maîtres de la situation. En effet, au fur et à mesure que les prix tombaient sur le marché mondial, il leur était possible, au moyen de barrières douanières, de se défendre contre la baisse continue des prix et par conséquent de maintenir les cours intérieurs à un niveau rémunérateur pour les agriculteurs. Mais, avec la baisse prolongée des cours d’une part et l’élévation successive des tarifs douaniers d’autre part, on s’est trouvé en quelque sorte dans un cercle vicieux dont il semble être presque impossible de sortir. À

En effet, chaque fléchissement des prix sur les marchés libres a provoqué une augmentation parallèle des droits de douane, en resteignant ainsi la possibilité d’écoulement des quantités offertes. Les pays importateurs, en défendant ainsi leur marché, ont, par là même, stimulé la production nationale, étant donné qu’à l’aide de cette protection, les cours se sont maintenus à un niveau à peu près constant; en effet, la culture du blé s’est trouvée être, au milieu de la dépression économique générale, un champ d'activité relativement rémunérateur. Avec l’aggravation de la crise du blé, les droits de douane, malgré leur niveau élevé, se sont montrés insuffisants à protéger les prix intérieurs et les pays importateurs se sont vus obligés d'introduire des mesures supplémentaires pour mieux défendre leur marché. Ils ont dû contingenter les importations, fixer un taux minimum de blé indigène dans la fabrication des farines destinées à la consommation inté-

ERoUNee rieure et encore d’autres mesures restrictives. Et, après toutes ces mesures, on est arrivé à ce résultat que les pays importateurs ont considérablement augmenté leur production de blé.

L'importance de l’accroissement de la production des pays importateurs européens nous apparaît saisissante si on compare leur récolte moyenne de 268 millions de quintaux pendant les quatre années 1928-31 et la récolte de 342 millions de quintaux en 1933. L’augmentation se chiffre ainsi par 74 millions de quintaux, soit 27 %.

Par suite d’un protectionnisme agraire exagéré, les prix du blé dans ces pays commencent d’être menacés de deux côtés; d’une part, par les prix extrêmement bas des marchés libres, et d'autre part, par une surproduction à l’intérieur. Les pouvoirs publics sont maintenant obligés, soit d'accorder des primes à l’exportation, soit de stocker les excédents et prendre d’autres mesures fort coûteuses destinées à soulager le marché des offres excessives.

Il est fort compréhensible que les pays importateurs aient réagi contre cette chute profonde des prix du blé sur le marché international. En effet, laisser entrer en franchise le blé étranger, cela signifierait la ruine de leur agriculture. Et chaque pays s'efforce — même en dehors de toute considération économique — de maintenir sa population rurale qui constitue dans tous les Etats la couche la plus saine de la population, en quelque sorte, le réservoir de la nation.

Toutefois, si on fait la comparaison entre les droits de douane d’avant-guerre et ceux en vigueur au commencement de l’année 1933, il semble que leur élévation soit

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exagérée et qu’ils ne soient point proportionnels à la chute des prix. Ils ont triplé et même quadruplé dans certains

pays.

Taux des droits d'importation sur le blé en francs-or par quintal (1)

ALLEMAGNE FRANCE ITALIE 1913 1° janv. 1913 1° janv. 1913 1° janv.

1933 1933 1933 Dép ee 6,79, 30,93: 7,002 .16,32%-750219.87

Farine de blé :. 12,59 57,17. 13,50 32,32 11,50 29,77

Avec des barrières douanières si élevées, les pays importateurs prennent, non seulement la défense de leur agriculture, mais tendent à une autarchie agricole complète. Cette tendance se dessine dans la plupart des pays comme un fait général depuis la guerre mondiale. Elle se peut, dans une certaine mesure, justifier par des raisons politiques, mais, ce qui est certain, c’est que cette aspiration des Etats à se suffire eux-mêmes constitue une anomalie économique.

Avec ces droits prohibitifs et autres restrictions à l'importation du blé les Etats vont vers un isolement économique complet. On se trouve aujourd’hui en présence de ce paradoxe économique que, par exemple, le taux des droits de douane sur le blé dans les pays importateurs dépasse souvent trois à quatre fois le prix de cette céréale sur les marchés libres. En effet, pendant l’année commerciale 1932-33, le blé Manitoba I. était coté à Win-

() Inst. Int. d'agriculture. Documentation pour la Confér "q Londres 1933, p. 156. Us nférence de

nipeg 8 francs-or le quintal, tandis qu’en même temps, les tarifs douaniers frappant le blé dépassaient en Allemagne 30 francs-or par quintal. De même, par suite de cette politique agraire des pays industriels, les prix du blé sont extrêmement variables suivant les marchés, comme l’indiquent les chiffres suivants :

Prix moyens du blé en francs-or par quintal (1).

Année commerciale Winnipeg Paris Milan MOT ea, 16,8 27,80 28,20 PASS Re 32,0 33,90 35,00 RO OU PR nd 23,76 28,30 35,99 AOL RCE 13,30 35,90 29,80 OST AE Se 10,20 - 33,90 28,40 1992-99 0. ; 8,00 22,80 28,30

Ce fléchissement léger qu’ont subi les prix sur les marchés protégés est dû exclusivement à Paugmentation de la production nationale provoquée par un protectionnisme exagéré.

Le développement à outrance de la culture du blé dans les pays qui y sont moins naturellement aptes a causé de graves difficultés aux pays que la structure de leur sol et leur climat destinaient uniquement à la production des céréales.

Cette politique nettement agricole des pays industriels: de l’Europe a mis notamment les Etats danubiens exportateurs de blé dans une situation catastrophique. Sans doute les pays d’outre-mer souffrent aussi de cette

(1) Op. cit., p. 306.

autarchie agricole parce qu’ils sont les principaux fournisseurs de l’Europe. Toutefois, ces conséquences ont été plus graves pour les premiers pour la raison que ce sont précisément leurs marchés naturels et les plus proches qui menacent de fermer la porte à toute importation de blé. Ce sont les restrictions considérables sur le marché autrichien et la fermeture presque complète des marchés allemand et tchécoslovaque qui ont été catastrophiques pour l’agriculture danubäenne. Auparavant, ces pays étaient privilégiés sur ces marchés étant donné que la navigabilité du Danube leur permettait d’écouler leurs exportations moyennant un coût de transport minime et pouvaient ainsi tenir aisément tête à la concurrence américaine. Maintenant, au contraire, ils se voient obligés d'exporter la plus grande partie de leur blé sur les marchés de l’Europe occidentale, d’où des frais de transport élevés qui ont aggravé leur situation vis-à-vis des pays d'outre-mer. Les chalands danubiens se dirigent maintenant en aval, vers Braïla où, après transbordemient, le blé est expédié par voie de mer dans les ports de la mer du Nord. Or, les chiffres suivants nous montrent que les frais de transport de Braïla-Anvers sont plus élevés que ceux de New-York-Liverpool, par exemple.

Frêts moyens mensuels en francs-or par quintal (1).

ao Due fee a Janvier 1928... 1,51 1,16 1,06 PR TES DA a VS Near 0,87 Et NES 0,85 0,69 0,64

nat Annuaire International de Statistiques Agricoles, 1931-32, Rome

Pour prendre connaissance du protectionnisme agraire des pays importateurs de blé danubien, il est nécessaire d'exposer brièvement sa genèse dans les principaux de ces

pays.

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