‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 16 sur 46 · III. — Le protectionnisme agraire en Tchécoslovaquie · texte numérisé non relu

III. — Le protectionnisme agraire en Tchécoslovaquie

La Tchécoslovaquie, l’un des Etats successeurs de l’ancienne monarchie austro-hongroise, a commencé à protéger sa production en blé, dès l’année 1926. Cette protection fut inaugurée et plus tard considérablement agrandie surtout sous l'influence du parti agrarien. Au mois de juillet 1926, ont été établis des droits de base : sur le blé, de 30 couronnes tchèques par quintal et sur la farine 70 couronnes. Mais à partir de 1930, ces droits se sont montrés insuffisants à protéger les agriculteurs contre la baisse des cours du blé sur les marchés mondiaux. Le gouvernement a donc été obligé d'introduire au mois de juin 1930 des droits mobiles qui sont maintenant appliqués comme des droits supplémentaires, en plus des droits de base établis en 1926. Le maximum de ces droits supplémentaires a été fixé à 25 couronnes par quintal de blé, et à 75 couronnes par quintal de farine. Le montant de ces droits supplémentaires applicables a varié suivant le mouvement des prix moyens trimestriels du blé à la Bourse de Prague. Mais, pour éviter la spéculation inévitable à la suite de lapplication de ces droits mobiles, le gouvernement a créé en même temps des eertificats d'importation qui sont devenus obligatoires.

Les droits supplémentaires ont atteint au mois de novembre 1930 leur maximum. Par conséquent, à partir

AIR à CP

de cette date, un quintal de blé importé en Tchécoslovaquie est frappé d’un droit de 55 couronnes. En même temps, la farine destinée à la consommation intérieure devait contenir au moins 75 % de farine indigène. Avec l'élévation au maximum des tarifs mobiles, les droits sur la farine ont atteint au mois de juillet 1932, 145 couronnes par quintal.

Toutes ces mesures se sont montrées insuffisantes à défendre efficacement les prix du blé sur le marché national. C’est alors que le gouvernement a décidé de réglementer directement les importations. Au mois de juillet 1931, a été créée une commission interministérielle qui a été autorisée à fixer chaque mois les contingents de blé à importer, de telle manière que les intérêts des producteurs et des consommateurs soient assurés. Le prix du blé à l’intérieur devait être maintenu à un niveau correspondant au coût de production du blé indigène. Cette commission a fonctionné pendant une année, et à la fin de juillet 1932, elle a été remplacée par une société privée, le « Syndicat des céréales tchécoslovaques » qui comprend les grandes organisations intéressées à l’importation des céréales.

Le syndicat fixe chaque mois lé contingent de blé à importer et la commission de devises, sur la base de la décision du syndicat, choisit les pays d’où les céréales seront importées. La tâche principale du syndicat consiste à ne pas laisser fléchir les prix des céréales indigènes, par suite d’importation excessive, au-dessous des prix fixés par le gouvernement. Le prix du blé a été fixé à un minimum de 150 couronnes. Toutefois, pour ne pas lais-

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