‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 18 sur 46 · IV. — Protectionnisme agraire en France · texte numérisé non relu

IV. — Protectionnisme agraire en France

Dans les autres pays de l'Europe occidentale importateurs de blé qui d’ailleurs ont occupé une place moins importante au point de vue du placement du blé danubien, le protectionnisme agraire poussé à outrance a abouti au même résultat : augmentation considérable de la production qui se manifeste par une surproduction devenue chronique. C’est ainsi qu’en France, le problème du blé est x l’ordre du jour depuis des années. Déjà une loi du 1‘ décembre 1929, en vue du maintien des prix à l’intérieur, a autorisé le gouvernement à fixer par décret le

() Op. cit., pp. 276, 282, 296.

(2) Prévision pour l’année commerciale 1933-34.

ARETT: vi

« pourcentage minimum des blés indigènes que les meuniers devront obligatoirement mettre en œuvre pour la fabrication de leurs farines, qui pourront seules être employés pour la panification et autres moyens alimentaires ».

À partir du 5 décembre 1929, ce pourcentage minimum de blé indigène a été fixé à 97 %. L’année suivante, après les fléchissements des cours du blé sur les marchés internationaux, ces droits de douane ont été portés de 50 à 80 francs par quintal. Après les mauvaises récoltes de 1930 et 1931, les cours intérieurs du blé ont considérablement augmenté. Les prix moyens d’un quintal de blé à la Bourse de Paris ont été de 175 francs pendant l’année commerciale 1930-31, contre 139 en 1929. Malgré cette hausse des prix, les droits de douane n’ont pas été diminués, on s’est contenté d’abaisser le taux minimum de blé indigène pour la mouture à 50 %.

La récolte abondante de 1932 a obligé le gouvernement à intervenir sur le marché. Cest ainsi qu’au mois de février 1932, l’Intendance a été chargée d’acheter avant le 31 mai 1933 pour 300 millions de francs de blé indigène afin de former un stock de sûreté. Le prix d’achat a été fixé à 115 francs; d’autre part, le taux minimum de blé indigène pour la mouture a été successivement relevé et au mois de mars 1933 il a été porté à 100 %, rendant ainsi impossible toute importation.

Par suite de la récolte de 92,1 millions de quintaux en 1933, la plus grande enregistrée jusqu'ici en France, les prix du blé ont été fortement menacés sur le marché national. Dans ces circonstances, le gouvernement s’est

De VRP

décidé à fixer les prix. La loi du 10 juillet 1933 « portant fixation d’un prix minimum pour le blé, et tendant à l’organisation et la défense du blé », a fixé, dans son article premier, pour l’année commerciale 1933-34, le prix minimum au-dessous duquel le quintal de blé ne pourra pas être vendu à 115 francs. Parmi les mesures de soutien dés cours, cette loi a prévu le report, la dénaturation et des primes à l’exportation. Pour le financement du stockage et des primes à l’exportation, une somme devant s'élever jusqu’à concurrence de 300 millions de francs, a été prévue par l’application de certaines recettes douanières et d’une taxe à la mouture. |

Enfin, pour lutter directement contre la surproduction, l’article 4 de la loi du 28 décembre déclare : « Il est interdit, sous peine d'amende de 500 francs par hectare, de cultiver du blé sur une terre qui en a déjà porté l’année précédente, ainsi que d’ensemencer des blés de printemps, en 1934, sur des terres autres que celles qui étaient destinées aux blés d’automne selon l’assolement normal ».

En commentant le protectionnisme agraire en France, le Temps (1) ajoute entre autres : « Les excès du protectionnisme ont amené une surproduction de blé, qui, après la taxation, menace de devenir chronique. Bien que les prix officiels, dans la plupart des cas ne soient pas respectés, les emblavements ne paraissent pas être réduits. Habitués à compter sur l’Etat-Providence, les producteurs s’imaginent qu’il finira touours par les tirer d’embarras.. » ————

(1) Le Temps du 28 décembre 1933.

Le

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