‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 19 sur 46 · V. — Protectionnisme agraire en Italie · texte numérisé non relu

V. — Protectionnisme agraire en Italie

En Italie, depuis 1925, la production du blé est systématiquement développée, également. En effet, c’est en 1925 qu'a commencé la « bataille du blé » qui tend à assurer à l'Italie le blé dont elle a besoin. Les droits de douane qui ont été supprimés en 1921 furent de nouveau introduits en 1925 et fixés à 7,5 lires-or par quintal. En dehors de cette protection. douanière, le gouvernement a subventionné les constructions de silos, ce qui a permis de warranter le blé emmagasiné et par là d'empêcher des offres précipitées aussitôt après la récolte. .

Ce qui caractérise surtout la politique agraire italienne, consiste en ceci que le gouvernement vise à obtenir une augmentation de la production du blé non tant par accroissement des surfaces cultivées, que par une augmentation du rendement à l’hectare. Ce but a été poursuivi notamment par la loi du 24 décembre 1928 portant sur la bonification intégrale des terres.

Pour atteindre une amélioration du rendement en dehors du perfectionnement de la technique agricole, une propagande intense pour l’emploi des engrais chimiques et des semences sélectionnées a été faite. Plus de 35.000 champs de démonstration et environ 2.000 stations publiques de sélection mécanique du blé ont été instituées dans tous les pays. Tous les ans, des concours nationaux pour la « victoire du blé » sont organisés, concours dotés de primes distribuées aux producteurs qui ont obtenu le rendement le plus élevé par hectare par rapport à la moyenne des exploitations environnantes.

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Les premiers résultats de cette « bataille du blé » se sont manifestés par la récolte très abondante en 1929 de 70,8 millions de quintaux, qui a été supérieure de 24 à la moyenne de 1923-27.

L’effondrement des cours du blé dans le monde en 1930 a provoqué des augmentations successives des droits de douane qui ont atteint leur point culminant au mois d'août 1931 avec 75 lires par quintal de blé, et avec 112,35 lires par quintal de farine. En même temps, l’emploi d’un taux minimum de blé indigène dans la mouture, dont le montant a varié suivant les tendances des prix sur le marché national, est devenu obligatoire.

Les résultats de ces diverses mesures sont significatifs. La production italienne de blé pendant la période 1909-13 était d’une moyenne annuelle de 49 millions de quintaux avec un rendement de 10,5 quintaux par hectare.

Par contre, dans la période de 1926-31, qui tombe dans la période de la bataille du blé, la production moyenne annuelle s’est élevée à 62 millions de quintaux, avec un rendement de 17,5 quintaux par hectare.

Les répercussions de cette augmentation ont été considérables sur les importations.

Importations de blé en Italie, en millions de quintaux (1).

Année Moyenne... 1924-28 22,76 - | 1931-32 10,23 1920-33 0 a UN Prévisions pour... 1933-34 1,00

() Documentation pour la Conf. de Londres 1933; :p. 296: ! ï:. :{.

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Les excès du protectionnisme agraire des pays importateurs ont abouti partout aux mêmes résultats. Les pays qui, il y a quelques années, étaient considérés comme les débouchés les plus importants du blé, particulièrement pour celui des pays danubiens, ont cessé de l’être. Quelques-uns parmi eux sont même devenus exportateurs et commencent à faire concurrence aux vieux pays agricoles.

Les pays de l’Europe industrielle procèdent maintenant dans les pays danubiens à des achats de blé qui doi-

vent plutôt être considérés comme des opérations financières.

En effet, une grande partie de ces achats est effectuée essentiellement soit en contre-partie à l’exportation des produits industriels, soit en liquidation des créances bloquées dans les pays danubiens; notamment ce cas s’est présenté avec les achats de blé effectués par l’Allemagne en Hongrie. N’ayant pas besoin de blé étranger, l’Allemagne a immédiatement revendu à Liverpool et à Rotterdam ces quantités achetées, c’est-à-dire sur les mêmes marchés où la Hongrie exporte une partie de ces excédents.

De même, la Tchécoslovaquie s’est obligée, en vue d’une collaboration économique plus étroite entre les pays de la Petite Entente, à acheter 200.000 tonnes de blé et autant de maïs en Roumanie et en Yougoslavie. Mais, suivant les déclarations du Ministère de l'Agriculture, ces cé- réales pénètreront sur le marché tchéco-slovaque qu’au fur et à mesure des besoins intérieurs, tandis que le reste sera revendu sur les marchés de l’Europe occidentale.

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$ 3. —— Les Pays danubiens agricoles et la crise du blé.

Dans la dépression actuelle des prix de céréales parmi les pays exportateurs, les Etats agricoles du bassin danubien forment à cause de leur structure particulière un groupe spécial. Malgré le rôle relativement modeste que jouent ces pays sur le marché des céréales, leur organisation économique n’est pas moins basée presque entièrement sur l’agriculture. Tandis que dans les pays d’outremer, par exemple, aux Etats-Unis et au (Canada, il existe à côté de l’agriculture une industrie considérablement développée, dans les pays danubiens, au contraire, c’est l’agriculture qui constitue la source presque unique de la prospérité nationale. En effet, si l’on considère le nombre de la population qui tire ses moyens d’existence exclusivement de cette branche de l’activité économique, on voit que ce chiffre y est extrêmement élevé.

Population active et inactive, vivant de l'agriculture en % de la population totale (1).

BUG URI 7 MURS EUR 75,35 HONGRIE OLA 55,75 ROUMANIE. UNE 78,00 TOUDOSLANTE ANR 76,00

De même le caractère essentiellement agricole de ces pays se manifeste dans les statistiques du commerce ex-

(1) ‘Annuaire intern. de statist. agrice., 1930-31, tabl. 363.

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térieur. Presque les trois quarts de leurs exportations sont fournis par les produits du sol.

En prenant seulement la valeur du blé et de la farine exportés par rapport à la valeur totale des exportations danubiennes, il ressort que ces produits y occupent une place de tout premier ordre.

Valeur du blé (y compris la farine) exporté en % de la valeur totale des exportations (1)

LnIS LES 1931 1932 Bulgarie. 4... ya 2,8 11,5 15,1 Hate nai it, 17m: 12,6 10.4 Roûmanieé::..21.:.7, Ry 12,9 = Yougoslavie .......... 7,4 10,2 Er

Etant donné ce caractère particulier, il en résulte aussi que leur « potentiel » économique et financier dans les relations internationales, dépend de la valorisation de leurs exportations. En effet, les importations de produits industriels ne peuvent être compensées que par des exportations principalement agricoles. De même, l’excédent de la balance commerciale dans ces pays, constitue l’unique élément actif important de la balance des paiements : les revenus du portefeuille étranger sont nuls, les ressources provenant des envois des émigrés, qui autrefois consti-

(1) S.D.N. Statistiques du Commerce extérieur, 1931 et 1932, Genèvve 1933. Ù

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