DEUXIEME PARTIE
L’effondrement du marché des céréales a amené les Pouvoirs publics des pays danubiens à chercher des moyens susceptibles de remédier à la situation de leurs agriculteurs. Spécialement, en ce qui concerne le blé, le problème à résoudre consistait à assurer à leurs exportations un placement à l'étranger, à des prix rémunérateurs, ce qui devait entraîner aussi nécessairement un relèvement des cours sur leurs marchés nationaux. Pour arriver à ce but, ils ont d’abord insisté auprès des Etats européens importateurs, pour qu’ils accordent des réductions douanières en faveur du blé d’origine danubienne. Cette revendication a figuré sur le programme des nombreuses réunions agricoles des pays de l’Europe centrale.
D’autre part, ces pays ont participé à toutes les conférences économiques qui tendaient à une revalorisation mondiale des prix du blé à l’aide d’une collaboration des pays exportateurs. Ce fut notamment l’objet des conférences de Rome et de Londres.
Enfin, en attendant la solution du problème par une action internationale, les pays danubiens sont intervenus aussi directement en faveur de leurs agriculteurs, soit en . élevant les cours au moyen du monopole, ce qui a été le
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cas en Bulgarie et en Yougoslavie, soit en accordant des primes à la vente ou à l’exportation, ce qui a lieu, notamment en Hongrie et en Roumanie.
1. —— Essais de résoudre la crise du blé danubien par une collaboration européenne.
Dès le commencement de la dépression des cours, les pays exportateurs de l’Europe centrale ont été d’accord pour juger impossible d’assurer à leurs agriculteurs une production rémunératrice sous un régime de prix fixés par la concurrence des pays d’outre-mer. Par conséquent, ils ont cherché dès l’année 1930 à obtenir une situation privilégiée sur le marché européen. En effet, déjà à la Conférence préliminaire, en vue d’une action concentrée, tenue à Genève au mois de février-mars 1930, une proposition a été présentée visant la conclusion d'accords préférentiels destinés à faciliter l’écoulement des céréales danubiennes. La discussion de cette proposition fut écartée par suite de l’opposition des pays exportateurs américains qui s’appuyaient sur la clause de la nation la plus favorisée.