I. — Conférence de Bucarest (Juillet
Mais c’est seulement à partir de la Conférence de Bucaresi, tenue au mois de juillet 1930, que les Pays danubienks ont commencé à défendre solidairement .leurs
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intérêts communs en matière d’exportation des produits agricoles.
En effet, à cette conférence qui a réuni les délégués de la Hongrie, de la Roumanie et de la Yougoslavie, on est tombé d'accord sur la réponse à donner aux questions posées aux pays agricoles par la Société des Nations.
Il s'agissait de proposer des moyens pratiques, susceptibles d'assurer l’écoulement des excédents de chaque pays. Dans une réponse commune, les représentants de ces trois pays ont affirmé que l’unique procédé consisterait dans un traitement douanier préférentiel, qui devrait être accordé par les pays européens importateurs aux céréales d’origine danubienne. Toutefois, ils ont trouvé nécessaire d'ajouter, pour apaiser la résistance des pays d'outre-mer, que le traitement de faveur, dérogation évidente à la clause de la nation la plus favorisée, ne pourrait nuire aux pays exportateurs américains. Ils ont précisé que les exportations danubiennes peuvent suffire à peine à 10 ou 15 % des importations totales de blé de l'Europe industrielle, et que, par conséquent, les pays d'outre-mer resteraient toujours les principaux fournisseurs de ce marché.
D'autre part, dans leur réponse commune, ils ont insisté beaucoup sur le fait qu’un traitement préférentiel à accorder aux céréales d’origine danubienne ne pourrait porter atteinte non plus au protectionnisme agraire des pays importateurs, étant donné que ce serait toujours un
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tarif général qui déterminerait les prix sur leur marché. En même temps, ils ont fait observer qu’un écoulement avantageux de leurs produits agricoles augmenterait considérablement le pouvoir d’achat de leur population rurale, ce qui avantagerait indirectement les pays indus-
triels.
Dans le domaine de la politique commerciale à suivre, ils ont demandé que les pays importateurs procèdent à une diminution des tarifs douaniers à un niveau raisonnable, ainsi qu’à la suppression de toutes les entraves au commerce des céréales et de toutes les mesures ayant un caractère de protectionnisme déguisé.
En dehors de cette réponse au questionnaire de: la Société des Nations, les experts de Bucarest ont examiné d’autres moyens pratiques de combattre les conséquences de la baisse des prix. Ainsi, ils se sont mis d’accord pour recommander à leurs gouvernements respectifs une entente dans le commerce des céréales. Ils ont été d'avis que c’est uniquement à l’aide d’une vente concertée qu’on pourrait éliminer la concurrence existant entre eux avec toutes ses conséquences fâcheuses sur la formation des prix. Dans ce but, ils ont recommandé la création d’organismes centraux dans leurs pays respectifs, qui, par un procédé de centralisation et d'intervention sur le marché intérieur, pourraient mieux garantir l’unité de leur politique commerciale. Enfin, pour éviter les ventes messives des paysans après la récolte, les experts ont préconisé la construction de silos et l'organisation des avances sur céréales.
Il. — Za Conférence de Varsovie (Août 1930)
Après la Conférence de Bucarest, une activité considérable a été déployée non seulement par les pays danubiens, mais par tous les pays de l’Europe centrale et orientale. Tous ces Etats avaient les mêmes préoccupations et tendaient ver le même but : réaliser une entente dans le commerce d’exportation et trouver des moyens pour assurer le placement de leurs produits à l’étranger à des prix rémunérateurs. C’est ainsi que la Pologne à pris l’initiative d’élargir cette action commune, en convoquant les représentants .de la Bulgarie, de l’Esthonie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie, à une conférence qui s’est tenue à Varsovie les 28-30 août 1930. Les principales recommandations adoptées par les délégués contenaient les idées déjà émises à la Conférence de Bucarest, mais développées sur une base plus large.
Au point de vue des solutions préconisées, les recommandations de Varsovie peuvent se diviser en deux catégories : la première prévoit les solutions réalisables au moyen de concessions à accorder par les pays importateurs en faveur des pays européens exportateurs. Parmi les principales de ces concessions, figure le traitement préférentiel pour les produits agricoles européens. Le principe de la clause préférentielle a été adopté à l’unanimité. Les délégués ont précisé catégoriquement que « ….reconnaissant la portée de la nation la plus favorisée pour les échanges internationaux, la conférence doit constater
que dans la situation praticulièrement grave de l’agriculture, une dérogation à la clause en faveur des produits agraires d’origine européenne représente le seul moyen efficace destiné à améliorer la crise agraire » (1).
En même temps, ils demandaient la suppression des mesures de protectionnisme indirect. En outre, la conférence a décidé de saisir la Société des Nations d’un projet visant à la conclusion d’une convention internationale pour l'abolition des primes directes et indirectes à l’exportation des produits agricoles.
La seconde catégorie prévoit la collaboration étroite des pays exportateurs dans le domaine de la politique commerciale, et particulièrement la rationalisation des exportations et la concentration de la vente. Et pour qu’on puisse arriver à cette organisation de grande envergure, la conférence de Varsovie a recommandé que chaque pays exportateur procède (2) :
a) À l’organisation d’un réseau des silos approprié aux besoins du pays ;
b) À l'établissement d’une organisation financière appropriée aux besoins du commerce des céréales, notamment en ce qui concerne les avances que les agriculteurs peuvent obtenir sur leurs produits ;
c) À la création d’une organisation garantissant dans chaque pays l’unité de la politique de vente.
En outre, la conférence a recommandé que les gouvernements procèdent à l’organisation d’un service *d’in-
(1) L'Europe Nouvelle, Sources et documents, 1930, II, p. 1327 (2) Idem, p. 1327.