‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 31 sur 46 · ART EE · texte numérisé non relu

ART EE

LT NET een ont été d'accord pour attribuer à l’avilissement des prix des produits agricoles, et tout particulièrement des céréales, le rôle essentiel dans la crise économique des Etats de l'Europe centrale et orientale. Aussi, ils se sont efforcés de chercher des moyens susceptibles de porter remède au moins partiellement à la chute des cours, en tâchant d’assurer un placement avantageux à leurs excédents. Dans ce but, la Conférence a élaboré un projet de convention permettant aux nations intéressées de vendre la totalité de leurs exportations, à un prix supérieur aux cours mon- L'aux, et par voie de conséquence, de revaloriser les prix à l’intérieur. En effet, si l’ensemble des excédents se vend à plus haut prix, les cours du marché intérieur suivront nécessairement cette hausse.

On avait d’abord pensé qu’un relèvement de prix pourrait résulter de l’application des traités préférentiels conclus par voie d’accords bilatéraux entre les pays importateurs et exportateurs européens. En effet, de nombreux traités ont été conclus depuis 1930 avec clause préférentielle pour les céréales. Maïs la plus grosse partie de ces traités n’a pu être mise en vigueur par suite de la résistance des Etats tiers, réclamant l’application de la clause de la nation la plus favorisée, et ceux qui ont reçu une application ne visaient qu’une partie minime des excédents exportables. Il était donc devenu évident que leaccords préférentiels ne permettaient d'obtenir que des résultats fragmentaires. Or, pour atteindre le but recherché : la revalorisation du prix des céréales, il est apparu à la

Conférence qu’une action collective européenne était seule efficace.

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Ainsi, le projet de convention élaboré à Stresa, prévoyait la constitution d’un « fonds agraire » pour la valorisation des céréales dont le montant a été fixé à 75 millions de francs suisses par an. Sur ce fonds, les pays exportateurs recevraient une prime de 2 francs par chaque quintal de blé et 1,5 francs pour un quintal d’orge et de maïs exporté. Cependant, les quantités devant bénéficier de ces avantages n'étaient pas illimitées. D’après le projet, les faveurs prévues n'étaient applicables qu'à un total égal à la moyenne des quantités exportées pendant les trois dernières années précédant la Conférence, c’est-àdire annuellement à une quantité de 16 millions de quintaux de blé, 15 millions de quintaux d’orge et 15,5 millions de quintaux de maïs. Cette limitation des quantités admises à bénéficier du traitement de faveur était d’une haute importance aussi bien pour les pays d'Europe qui devaient participer à l’action envisagée que pour les pays d'outre-mer.

Pour les pays européens, cette limitation a mis des bornes aux concessions qu’on leur a demandées. Pour les pays d'outre-mer, au contraire, elle donnait la garantie que la production de céréales de pays favorisés n’augmenterait pas à l’abri d’un régime de faveur illimitée, et par conséquent, ne porterait pas préjudice à leurs exportations futures.

En principe, tous les pays participant à la conférence ont été d'accord sur la nécessité du relèvement des prix des céréales en Europe centrale. Maïs des difficultés ont surgi dès qu’il s’agit de déterminer le montant de la contribution de chaque Etat.

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