‹ La question du blé dans les pays danubiensChapitre 45 sur 46 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les résultats obtenus par les Etats danubiens sur le terrain de valorisation de céréales sont loin d’être ceux qu'on prévoyait.

L'amélioration tempéraire des marchés roumain et yougoslave, depuis l’année commerciale 1932-33, est due uniquement à la mauvaise récolte de 1932. N’ayant pas d’excédents exportables, il leur a été possible d’assurer au prix du blé à l’intérieur une formation propre indépendante de celle du marché international. Par contre, en Bulgarie et en Hongrie, où les exportations ont été constantes, les cours sont tombés à un niveau extrêmement bas. Le relèvement des prix continue donc d’être la préoceupation principale des Etats agraires du bassin danubien.

Cependant, les expériences ont démontré qu’ils sont incapables de résoudre le problème du blé dans leur pays par des efforts individuels. Les différentes formes de primes et d’autres faveurs qu’ils ont accordées jusqu'ici aux producteurs, métaient que des remèdes palliatifs, par conséquent incapables d’opérer le redressement de leur agriculture. Et les charges résultant du subventionnement des : producteurs de céréales, ne sauraient avoir que des con-

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séquences dangereuses pour l’équilibre budgétaire et monétaire de ces pays.

Ils ont imposé des sacrifices considérables à la consommation intérieure, en haussant artificiellement les prix sur le marché national, alors qu’en même temps, les quantités exportées ont été vendues à l’étranger, à des prix extrêmement bas. Or, ces pays sont économiquement trop faibles pour pouvoir pratiquer ce système de dumping sur une large échelle.

D'autre part, il semble également illusoire d’attendre la valorisation du blé danubien d’une action mondiale. La convention internationale du blé, conclue à Londres au mois d’août 1933, en est une preuve évidente. Bien que dans cette convention, les principaux pays exportateurs et importateurs se soient mis d'accord sur la nécessité et le procédé du relèvement des cours, rien n’a empêché que le prix du blé tombe sur les marchés libres quelques mois après au niveau le plus bas enregistré jusqu'ici.

Même si l’on suppose qu’on réussisse à relever les prix par un accord mondial, la situation des pays danubiens agricoles resterait néanmoins extrêmement précaire. En effet, ces Etats sont dans une infériorité évidente par rapport aux pays exportateurs d'outre-mer dans la production de céréales, par suite des prix de revient plus élevés. Ils seraient donc toujours menacés par la supériorité de leurs concurrents. Pourtant, il leur est impossible de renoncer à la culture du blé, parce qu’elle est la plus appropriée au climat et à la nature de leurs terres.

Tous les essais d’un changement de système de culture tendant à diminuer la production des céréales et de

‘ la remplacer par des plantes industrielles, ont démontré qu’il n’est possible d'y procéder que sur une très petite échelle.

Le procédé qui paraît seul capable de résoudre la crise du blé danubien consiste dans une collaboration économique des pays industriels et agricoles centre-européens, au moyen de préférences douanières. Un tel rapprochement entre les Etats dont l’économie pourrait se compléter réciproquemet assurerait aux excédents des pays agricoles un débouché suffisant. En effet, si l’on compare les excédents du blé des quatre pays danubiens, et les besoins d’importation de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, pendant les années 1928-31, on voit que ces derniers pouvaient absorber complètement les exportations danubiennes.

Pendant ces années, les pays agricoles n’ont exporté que 14,6 millions de quintaux de blé, tandis que les trois pays industriels en ont importé 21 millions.

Cependant, depuis ces dernières années, ces proportions se sont considérablement modifiées. La fausse politique commerciale a entravé le libre jeu des forces économiques. Les pays industriels, par suite d’un protectionnisme agraire exagéré ont considérablement augmenté leur production agricole, tandis que les Etats agraires se sont efforcés de développer leur industrie nationale.

Il est évident que toutes ces mesures ne sont pas de nature à faciliter un rapprochement. Toutefois, il est incontestable qu’à l’aide d’un système de conventions bilatérales basées sur le régime des droits préféretiels, on

arriverait facilement à diminuer les effets néfastes de cette autarchie économique.

D'autre part, une coopérative active des pays danubiens agricoles dans le domaine du commerce d’exportation des céréales éviterait la concurrence mutuelle avec toutes sec conséquences défavorables sur la formation des prix.

L'amélioration de la qualité et la standardisation du blé, qui ne peuvent être réalisées qu'avec l'effort individuel de chaque pays, faciliteraient également son écoulement avantageux sur les marchés importateurs.

Malheureusement, jusqu'ici tous les projets visant à une collaboration des pays centre-européens ont échoué, principalement à cause des considérations d’ordre politique qui commandent les relations économiques dans cette partie de l’Europe.

Vu : Le Président de thèse, Vu : Le Doyen de la Faculté, Roger PrcaRp. E. AELIX.

Vu et permis d'imprimer Le Recteur de l'Académie de Paris, S. CHARIÉTY.

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