La question du canal de Beauharnois [microforme]
L'origine d’un canal pour éviter les rapides des Cascades, des Cèires et du Côteau remonte presqu’à l'enfance de la colonie.
Sous la domination française, il paraît, d’après le savant rapport de l’hon. M. Chapais, fait au moment de la Confédération, que quatre écluses en pierres, ayant ? pieds et demi d'eau sur les seuils, furent construites dans le but de permettre aux bateaux de remorquer 30 à 40 quarts de fleur. Cet ouvrage a dû être fait vers la fin du règne français ; car, en 1721, Charlevoix n'en fait pas mention dans la narration du voyage qu'il fit alors en canot d’écorce de Montréal à Kingston, en remontant le fleuve et plus particulièrement les rapides des Cèdres, qui, dit-il, ont été ainsi nommés à cause des nombreux cèdres que l’on y trouva sur la côte, mais qui avaient presque complètement disparu. Pendant longtemps, sous le régime britannique, ces écluses furent connues sous le nom de Old French Lock:.
En 1804, des améliorations considérables furent faites par le gouvernement impérial aux écluses du Côteau et des Cascades. Un canal d’un demi-mille, avec trois écluses, au lieu des anciennes écluses françaises, fut creusé aux Cascades.
En 1817, toutes ces écluses furent élargies par le Royal Staff Corps de manière à permettre le passage de bateaux capables de porter 80 à 100 quarts de fleur, et depuis cette époque, elles furent désignées sous le nom de Canauæ Milidaires.
Vers 1832, une somme de $40.405.83 fut dépensée pour faire un nouveau canal d'un quart de mille au village des Cèdres et en commencer un autre un peu plus haut que l'Eeluse et le Fort du Côteau du Lac. Ce n'est qu'en 1841 que ce canal fut terminé par M. McBain. La distance étais de # de mille, avec une écluse en bois de 120 x 15, et 4 pieds
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c LA QUESTION DU CANAL DE BEAUHARNOIS.
d’eau sur les seuils, construite sur la terre d’un nommé French.
A cette époque, les vastes prairies de l'Ouest commençaient à être colonisées. L'on jetait les premières fondations de cette ville merveilleuse que l’on appelle aujourd'hui Chicago ; et l'on ne tarda pas à reconnaître que le St. Laurent était natu rellement destiné à devenir le grand débouché des vastes produits de l'Ouest: Cependant l'esprit le plus clairvoyant aurait pu à peine prévoir que trente ans plus tard, il s'agirait d'ouvrir des canaux capables ‘de recevoir des navires tirant 12 pieds d’eau.
De 1830 à 1844, l'attention publique se dirigea de temps à autre vers l'amélioration de la navigation du St. Laurent. Les autorités administratives comprirent que l'aveniret la prospérité du pays dépendaientde la construction des canaux. Des explorations furent faites et le résultat fut le chainon des canaux actuels.
Alors comme aujourd’hui, la difficulté du choix entre la rive nord et la rive sud, pour éviter les rapides des Cascades, des Cèdres et du Côteau, se fit sentir. Les sentiments furent partagés ; mais Je crois rester dans les bornes de la stricte vérité en affirmant que toutes les explorations, qui furent faites, furent favorables à la rive sud, tant au point de vue de la navigation et du commerce que de l’économie.
Cette route fut choisie en 1842; les travaux furent commencés dans le printemps de la même année, etle 11 octobre 1845, le canal de Beauharnois fut ouvert au trafic.
Depuis lors, la construction d’un canal aux Cèdres a rencontré peu de partisans. M. Masson, ex M. P. pour Soulanges, est à peu près la seule personne qui se soit jamais donné Ja peine de la demander de temps à autre dans l'intérêt des habitants de la localité.
JI fallait toute l’activité et l'esprit d'entreprise du député actuel de Soulanges, pour faire revivre cette vieille question d'un canal sur la rive nord.
M. Lanthier a été le candidat des partisans de ce canal ; il a été élu comme devant être le champion quand même de