‹ La question du canal de Beauharnois [microforme]Chapitre 2 sur 21 · OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

cette cause désespérée. Aussi, comme il le dit dans une lettre publiée dans la Minerve du 2% mars dernier, son premier acte politique a été ‘ d'engager l'Exécutif à réparer l'erreur de 1842.”

M. Lanthier a mis tout en œuvre pour atteindre son but.

Grâce à l'appui qu’il trouva dans les articles'de la Minerve, écrits par M. Oscar Dunn, nätif du comté de Soulanges, y ayant-des intérêts rombreux et faisant mème partie de la députation du comté, qui tout récemment faisait valoir les avantages de la rive nord auprès du Gouvernement, la question du canal des Cèdres est devenue à l'ordre du jour.

Bien entendu, l'exemple d’un organe du Gouvernement aussi influent à trouvé des imitateurs, qui ne savaient pas ce qui se passait derrière le rideau.

Des requêtes recommandant ‘entreprise furent en même temps imprimées et répandues dans tout le pays. Quelquesunes couvertes de noms intéressés à la navigation des vapeurs,—chose assez facile à abtenir—sont revenues à Ottawa, et de suite le député de Soulanges cria très haut que le commerce demandait le canal des Cèdres au lieu de l'élargisse. ment du canal de Beauharnois.

En face de soutes ces intrigues, de ces influences et de ces efforts, les habitants du comté de Beauharnois comprirent que leurs droits acquis étaient menacés, et ils résolurent de les faire valoir devant le pays. A une assemblée publique tenue à Valleyfield, dont l'initiative leur appartient, je fus chargé de soutenir leurs intérèts.

Enfant du Comté de Beauharnois, Je ne pouvais refuser la tâche honorable qui m'était donnée, toute importante qu'elle fût, J'ai donc pris sa cause et je commençai à la défendre, comme je la défends encore aujourd’hui, gratuitement et de toutes mes forces. Une vive discussion a été engagée avec MM. Lanthier, Harwood, M. P. pour Vaudreuil, L. H. Masson, ci-devant député pour Soulanges, le Dr. Fortier de St. Clet, dans le journal même qui avait ouvert la campagne en faveur d'un canal sur la rive nord. C’est la substance de cette discussion que je désire résumer dans cette brochure.

Mes adversaires ont différemment jugé mes motifs d action. Les uns me supposent des intérêts de propriété. Mais je dé elare ici que je n’en ai aucun, ayant depuis longtemps disposé des terres que je possédais dans le district. D’autres m'ont soupéonné de viser à la représentation du comté de de Beauharnoiïis aux Communes, à la place du député actuel, M. Robillard. A ceux-ci je dis de voir M. Robillard lui-même ; et je n’en ai aucun doute,il leur donnera une réponse satisfaisante. D'ailleurs, ia majorité de mon adversaire dans le comté de Jacques-Cartier n’a pas élé assez forte pour me faire désespérer d’y avoir succès à l'avenir.

Je n'ai d'autre intérêt particulier dans cette affaire que celui d’être utile à mon comté natal qui, d’une manière spéciale, a requis mes services dans cette circonstance. Et même, si cet intérêt particulier était contraire à l’intérèt général du pays, je me ferais un devoir au moins de garder le silence. C’est donc avec la ferme conviction que la cause du comté de Beauharnois est ceile du pays tout entier, que je soumets au public quelques observations sur le sujet, observations qui sont puisées non pas dans le témoignage ou les affidavits de personnes de la localité, mais à des sources offcielles et authentiques ; et j'ai confiance quelle lecteur désintéressé verra facilement que tout le tapage que l’on fait autour de nous n’a pas d'autre but que celui de servir des intérèts privés,

10. L'honorable M. Killaly disait en 1842, que la première exploration des lieux fut faite environ 20 ans auparavant, c'est à-dire vers 1822, par un ingénieur ffrançais qui, après avoir examiné les deux rives, traça le canal sur le côté sud. Je n'ai pu,” ajoutait le Président des Travaux Publics, “me “ procurer le rapport de ce monsieur, maisfje tiens de bonne “source que la conclusion à laquelle il est arrivé est celle que “j'ai indiquée. ”

L'honorable M. Harwood a plus tard affirmé que M. Killaly était dans l'erreur, “ car, ” disait-il* suivant les infor- ‘“ mations que j'ai pu obtenir, cette première exploration fut ( faite par un arpenteur canadien, aux frais du Seigneur de ‘ Beauharnois, et fut restreinte à la rive sud.”

20. Trois explorations de la rive nord furent faites en 1833 par M. J. B. Mills, accompagné de M. David Thompson et de M. Samuel Keefer, (plus tard le célèbre ingénieur en chef du Département,) sous la direction des Commissaires des Travaux Publics, au nombre desquels étaient MM. Harwood et de Beaujeu, les propriétaires des seigneuries deVaudreuilet de Soulanges, favorables, bien entendu, au projet d’un canal au nord. M. Mills examina trois routes différentes, et malgré qu'il crut qu'un canal au sud était très faisable, il adopta, pour des raisons militaires, celle qui partant de la pointe à McDonald, près de la maison de M. Simpson, membre du parlement du comté, aujourd'hui occupée par M. Quiquerant de Beaujeu et aboutissant aux Cascades, était formée de 6. 78 milles de canal artüficiel et 7. 64780 milles de rivière navigable.

Ce tracé fut approuvé par M. Wright, le fameux ingénieur de l’Erié, qui de concert avec M. Mills avait recommandé et surveillé la construction du canal de Cornwall ; et chose remarquable, elle fut choisie, bien que M. Mills fut d'avis que la rive sud était, géographiquement parlant, la route la plus naturelle et la plus directe, ‘the most natural and direct route for a canal.”’—* Ce choix fut fait ” disait en 1842, M. David Thompson, devant le Comité Spécial de l’Assemblée Législative ‘ parce que, dans la pensée de ces ingénieurs, les ‘ bateaux à vapeur, tant pour le frêt que pour les passagers, devaient remplacer entièrement tous les autres vaisseaux. “ Le temps et l'expérience ont démontré le contraire ; et “ c’est ce qui est cause que leurs calculs bâsés sur une na- ‘ vigation par des vapeurs dans 6% milles de canal artificiel ‘Cet 7, 6480 milles de rivière sont illusoires. Ilest main- ‘“ tenant admis qu'un canal continu du lac St, François au

lac St. Louis est indispensable à des vaisseaux tirant 9 ‘ pieds d'eau.”

M. Mills observe dans son rapport qu'il existe contre la construction d'un canal sur la rive sud une objection politique si grave qu'il n’ose pas la qualifier. ‘* L'entreprise ” dit-il ‘ doit être considérée nationale dans son caractère, ‘etpar conséquent doit être fixée à l'endroit où elle offre “le moins de danger en cas d’invasion de la part de l’ennemi” The work in contemplation must be considered nationalin ts character, therefore oughtto be so located as to be less in danger of foreign invasion.

C'est en se plaçant à ce point de vue que M. Wright se rangea de l'avis de M. Mills.

M. Casey raisonne de la même manière : ‘ Toute la ques- ‘“ tion doit-être ainsi posée : les avantages commerciaux des ‘ deux rives sont égaux. Au point de vue militaire, un ca- ‘ nal au nord est national, tandis que s’il est fait sur le côté ‘“ sud, il sera inutile et même nuisible. Pour cette raison, ‘* une petite différence dans le coût ne devrait pas être prise ‘en considération.” *

Le 10 février 1834, le Comité de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada adopta le rapport de M. Mills ; mais ilne parait pas qu'aucune mesure ait été adoptée pour le mettre à exécution.

C'est la ligne de M. Mills que les partisans actuels de la rive nord, et entr'autres, M. Harwood, M. P. pour Vaudreuil, voudraient voir acceptée par le parlement de la Puissance. Et cependant elle a été tirée sous la direction de deux personnes hautement intéressées, MM. Harwood et de Beaujeu ; elle a été choisie sans visite de la côte sud du fleuve et seulement au point de vue militaire, qui dominait alors toutes les autres considérations. De quelle autorité peut être un semblable rapport, aujourd'hui que l'intérêt commercial est seul consulté dans l'examen d’une entreprise de cette nature ?

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