TRIBUNAUX
Cow d'assises du Korcl.
« Encore un drame conjugal qui vient d'avoir son dénouement devant la cour d'assises du Nord.
)) Le sieur Desmet, cordonnier à Lille, avait épousé en 1876 sa maîtresse, une fille Yirginie Donet. Loin de lui savoir gré de sa bonne action, Virginie le trompa bientôt avec un jeune homme de vingt ans, nommé Maas, portant le séduisant prénom d'Alphonse.
» Les deux époux se séparèrent et allèrent habiter chacun de leur côté. Alphonse Maas aida même la femme Desmet à faire son déménagement.
» Cependant Desmet, qui était infirme et qui avait la plus grande peine à vivre seul, jura de se venger, et voulut faire saisir sa femme en flagrant délit d'adultère.
» Ayant à cet effet recherché son adresse, il alla requérir deux sergents de ville. On lui répondit qu'il y avait des formalités à remplir. Ne voulant pas les attendre, il alla seul chez sa femme, et menaça d'enfoncer la porte, si on ne lui ouvrait pas. La femme Desmet vint ouvrir. Aussitôt Desmet lui sauta à la gorge, cherchant à l'étrangler; en même temps, il lui porta audessous du sein gauche deux coups de tranchet, dont l'un pénétra profondément dans le cœur ■et amena la mort de la malheureuse. Alphonse Maas se jeta sur Desmet ; mais celui-ci le frappa de son tranchet. Desmet dit alors : « Je crois » les avoir tués tous les deux. » Puis il alla se constituer prisonnier.
» Maas a survécu à ses blessures, xiprès avoir •entendu son défenseur maître Boitelle, le jury du Nord a acquitté le sieur Desmet.
» Le Tue-la de Dumas fils devient donc de plus en plus légal. »
334 T,A QUESTION D L' DIVOItCE.
Hélas! c'est moi qui ai raison, monsieiir l'abbé, le mot sinistre et logique a force de loi. Tant que la Chambre française n'aura }Das voté le divorce elle sera forcée de reconnaître à des époux trompés et enchaînés par la loi le droit de recourir au meurtre, et à des jurés, honnêtes époux et pères de famille moraux, le devoir d'absoudre des meurtriers.
Voilà une des mille objections que demande te père Didon, Le convaincra-t-elle plus que les autres? Les autres le convaincront-elles plus que celle-là ? Non ; et je vais vous dire pourquoi : c'est que ni vous, monsieur l'abbé, ni lui, ni aucun des ministres de votre culte ne voulez, ne devez, ne pouvez être convaincus. Il y a à cela trois sortes de raisons : raisons d'idéal, raisons de discipline, raisons de politique.
Les raisons d'idéal, le père Didon vient de nous les dire autrement que vous ne nous les avez dites, mais ce sont les mêmes. Les vrais croyants, parmi vous, les fanatiques, dans le sens élevé du mot, ont donné, donnent et donneront toujours ces mêmes raisons. Ils se sont, par un grand effort, placés au-dessus de l'hu-
manilé; ils se (roiivent si bien sur ces hauteurs, ils y respirent un air si pur, que non seulement ils ne veulent plus redescendre à notre niveau, mais que leur seule idée, leur seule espérance, leur seul but, est d'élever rimnianilé Jusqu'à eux. Malheureusement,, c'est le plus lourd que l'air des aéronautes utopistes ; l'humanité redescend toujours. N'importe, c'est par là que votre mission est auguste, sainte et respectable. Si vous n'aviez pas cette grande foi et ce grand idéal, personne ne se donnerait la peine, ne vous ferait l'honneur de discuter avec vous. Mais, à vos raisons d'idéal vos chefs ont cru devoir ajouter, sinon pour vous rendre plus sûrs des premières, du moins pour être plus sûrs de vous, vos chefs ont cru devoir ajouter des raisons de discipline.
Quelle que soit votre opinion personnelle, une fois enrôlés, une fois le serment prêté et l'uniforme revêtu, vous ne pouvez plus dire, vous ne pouvez plus penser que ce qui a été décidé. 11 en est de vous comme des soldats sous les drapeaux : la patrie avant tout, et la patrie céleste souffre encore moins que la patrie terresire la discussion de la
part (le ses défenseurs. Or la question du mariage a été réglée définitivement pour vous comme toutes les autres au concile de Trente, et voici les canons qui vous régissent. Si j'écrivais pour vous seul, je ne les transcrirais pas ; mais j'écris pour beaucoup d'autres personnes qui ne les connaissent pas aussi bien que nous, et à qui la teneur de ces différents articles fera déjà comprendre bien des choses. Nous tâcherons ensuite d'exphquer à nos lecteurs ce qu'ils n'auraient pas compris.
Voici la décision du concile :
DU SACREiMENT DV MAPxIAGE