‹ La question du gaz à ParisChapitre 38 sur 79 · EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX · texte numérisé non relu

EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du Comité du jeudi 23 septembre 1880

PRÉsroENCE DE M. L. VUILLET

Sont présents : MM. Barbaroux, Bienaihk, Fleck AÎwé,

IjACOur, Laisné, Laplacette, Laplagne, Leclêre fils.

Sebf.

Le Comité après en avoir délibéré, Considérant :

Que la campagne entreprise pour obtenir la diminution du prix du gaz nécessite des dépenses considérables ;

Que malgré les souscriptions des Chambres syndicales et des consommateurs il a été impossible de réunir les sommes suffisantes pour faire face aux dépenses indispensables ;

Qu'il ne peut cependant être question, un seul instant, de renoncer à défendre les intérêts de toute une popuialion, mais qu'il y a lieu de s'arrêter à une combinaison permettant d'atteindre le but proposé ;

Que l'engagement pris par les consommateurs, d'abandonner la moitié de l'économie que leur procurera, pendant la première année, la réduction à obtenir sur le prix du gaz, donnerait la possibilité de réunir les fonds nécessaires ;

Que cet engagement conditionnel, consenti en cas de réussite^ ne peut être qu'avantageux aux consommateurs, puisqu'il permettra de poursuivre vigoureusement, sans risques pour eux, la défense de leurs droits et de leurs intérêts ;

Que la constitution du Comité s'oppose à ce qu'il fasse partie d'une combinaison financière qui sort de ses attributions, maïs à laquelle il entend donner tout son appui moral.

Par ces motifs décide :

1° M. A. Serf, ingénieur civil attaché au Comité depuis sa formation et auquel sont dus tous les rapports et les documents parus à ce jour, est autorisé à solliciter des consommateurs de gaz. sous sa responsabilité personnelle, rengagement dont il vient d'être parlé. Il fournira au Comité les subsides nécessaires à la campagne entreprise,

i!* A ïunaminité, les Membres du Comité s'engagent individuellement, dès ce jour, à verser à M. A . Serf une somme égale à la moitié de P économie que leur pro^ curera, durant la première année, la réduction du prix du gaz dont le Comité poursuit F obtention.

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Le versement de cette somme sera effectué à dater du jour de la réduction du prix par deuxièmes payables an de chaque mois. Les quotités de ces versements seront établies par le rele^'é de la consommation au moyen des quittances de la Compagnie du gaz.

A leur tour les Chambres syndicales furent saisies de la question et voici ce que leurs présidents décidèrent le vendredi 3 décembre 1880.

Assemblée des Présidents du vendredi 3 décembre 1880

Présidence de M. L. VUILLET

Assesseurs: MM. Blouet et Mazaroz. — Secrétaire: M. Serp.

Sont présents :

MM. Barbaroux, Barluet, Blouet, Bouassb-lbbbl , Brunet, Gaporand-Mothes, Crinon, Coutelier, H. Del- MART, Delmart, Dervieux, Domay, Dumbsnil, Ernogin, FiLLiEUx, Fleck aîné, Gangloff, Gorjat, Gouverneur, Kkés, Laloy, Laplagne. Lardeau, Laurendet, Larrieu, LeclèrE; Lefèvre aîné, Lejolliot, Legris, Leprincb, Mahieu, Marga, Mazaroz, Moulin, Peuillier, Pinbt. RoYBR, Serf, Wagner, Vuillet, Waaser.

Se sont excusés :

MM, Bienaimé, Brémant, Garpentier, Larcher, Pasquier, Vose-Laurent.

Représentants des Chambres de :

Tissus (détail), épicerie, meubles sculptés, céramique, arls et industries appliqués au culte, propriétaires d'hôtels, fabricants de produits pharmarceutiques, pharmaciens, propriétés immobilières, plumes, fleurs et modes, charcuterie, mécaniciens, brasseurs, négociants en bières, poids et mesures, maroquinerie, tabletterie, boulangerie, débitants de vins, doreurs ornemanistes, bijoutiers-joailliers, bijouterie-imitation, chapellerie, corsets, marbrerie.

industrie en cheveux, chaussures en gros, bronzes, ligue du bien public, découpeurs sur métaux, syndicat des grandes carrières et de Glignancourt, hôtclUers-logeurs, chapeaux de paille, confections, pour dames et enfants, toiles et fils de lin.

L'assemblée, à l'unanimité :

Approuve les opérations du Comité et décide de s'associer à la résolution qu'il a prise le 23 septembre écoulé.

Ainsi M. Serf était autorisé à créer une eomhinainaison financière — à laquelle le Comité de Pétitionnement entendait donner tout son appui moral — et il s'engageait en retour à fournir au Comité tous les subsides nécessaires à la campagne entreprise.

Cette combinaison financière avait pour base des engagements que M. Serf devait solliciter des consommateurs de gaz.

En conséquence, M . Serf organisa une troupe d'agents qu'il chargea d'aller recueillir les dits engagements dont voici le fac-similé.

Je soussigné.^ ™

demeurant à Paris , „

après avoir pris connaissance de F exposé des motifs j ci-dessus, déclare adhérer à la résolution prise^ et 1 m'engage envers M. A. Serf, à lui verser une somme égale à la moitié de l'économie qui me procurera^ durant la première année seulement, la réduction du prix du gaz dont le Comité de pétitionnement poursuit l'obstention.

xTeffectuerai le paiement de cette somme, k dater du jour de la réduction du prix du gaz, par douzièmes payables fin de chaque mois. — Les quotités de ces versements seront établies par le relevé de la con-

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sommation au moyen de mes quittances de la Compa^ g nie du Gaz,

Cet engagement est valable pour six ans.

Il sera réalisé sur timbre valable à la première réquisition de M. Serf et à ses frais.

Fait double à Paris, le^

Paris. — Imp. Kupelmann, 12, rue Grange-Batelière.

Nota. — MM. les sousriiiteurs sont priés de ne recevoir que les seuls agents acc!'é(ii(és aupWs deux par une lettre spéciale et munis de pouvoirs lfVali>f s.

Ils n'ont wncime sonune c lan' payer.

Les recouvrements seront faits, après a\is préalable, par des receveurs accrédités.

Mais nous venons de voir que l'assemblée des Présidents ne s'était tenue que le 3 décembre 1880. D'un autre côté l'organisation des agents, l'impression des ]3rocès-verbaux et des engagements demanda une quinzaine de jours, de telle façon qu'à la convocation du Conseil municipal (27 décembre 1880) pour la discussion du nouveau projet de convention, M. Serf, ne devait avoir recueilli que très-ï»eu d'engagements.

D'autre part M. Serf estimait que la réduction du prix du gaz serait de 10 à 15 centimes et qu'elle aurait lieu en une seule fois. Il en avait développé les raisons dans ses conférences et dans les; brochures que nous avons analysées.

Par conséquent, l'adoption du nouveau projet de convention qui n'accordait qu'une réduction immédiate de 0.03 cent, et qui allait être discufé le 3 jan-

vier 1881, c'est-à-dire, juste un mois après la délibération des Présidents de Chambre, aurait ruiné les espérances de M, Serf:

1® Parce qu*à cette date, ses agents n'avaient pas encore eu le temps de recueillir un nombre considérable d'engagements.

2** Parce que la réduction immédiate étant de 3 centimes au lieu d'être de 15 ou de 10, les bénéfices de M. Serf tombaient de Ofr. 075 ou Ofr. 05 par mètre cube à Ofr, 015.

Ceci explique, dans une certaine mesure, l'énergie déployée par M. Serf pour poursuivre la campagne de l'abaissement.

Mais ce qui va suivre nous donnera des éclaircissements plus complets :

Le Conseil municipal repoussa les conclusions de la Commission le 3 décembre (on lira le compte de cette séance au chapitre suivant) et ajourna, à une époque ultérieure, la discussion du nouveau projet de convention.

Du temps gagné c'était un premier succès pour M. Serf qui avait six ans devant lui. Néanmoins il se mit immédiatement en campagne et bientôt lui et ses agents eurent réuni un très grand nombre d'engagements .

D'après des renseignements donnés par M Serf lui-même, les adhérences recueillies vers la fin du premier trimestre 1881 portaient sur près de 50 millions de mètres cubes.

C'est vrai que presque tou» les signataires des

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engagements étaient de gros consommateurs, tels que les Magasins du Louvre, le Bon Marché, la Ville de Paris, les Magasins réunis, le Tapis rouge, le Paradis des Dames, plusieurs théâtres, quelques grande cafés et restaurants, etc. . .

C'est alors que M. Serf exécuta Topération financière la plus habile que nous connaissions.

A Taide de ces engagements pris par les consommateurs d'abandonner la moitié des bénéfices que leur procurerait pendant la première année rabaissement du prix du gaz, M. Serf constitua une Société financière en commandite j par actions, au capital de 200,000 fr." divisé en 2,000 actions de 100 francs.

Cette Société prit le titre suivant :

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